Atelier national de réflexion et d’échange sur la migration des jeunes et la nutrition : Motiver les jeunes à rester et travailler chez eux

Albade Jeunes Exodes NigerLe Centre de formation en agro-écologie de Winditan accueille, du 14 au 18 juillet 2018, un atelier national de réflexions et d’échanges sur l‘immigration des jeunes. Cette rencontre qui regroupe une centaine de personnes, venant de toutes les régions du Niger est organisée par la Plateforme Paysanne du Niger (PFPN). Plusieurs membres du gouvernement dont, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, celui de l’Entreprenariat de jeunes, celui des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique et la ministre de la Promotion de la femme et de la Protection de l’enfant ont rehaussé de leur présence l’ouverture de ces assises. C’est le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage M. Albadé Abouba qui a donné le coup d’envoi de ces assises.

Parmi les invités se trouvent aussi des députés nationaux, dont le Président de la Commission du Développent rural de l’assemblée nationale, le ministre Haut-Commissaire à l’Initiative 3 N, des cadres du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, des élus locaux ainsi que des représentants des ONGs (COPE, PPAAO, ROPPA et IPAR), ayant appuyé la PFPN, pour la tenue dudit atelier. Elaborer une stratégie paysanne d’insertion et d’installation des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique pour lutter contre la migration et définir une vision paysanne sur l’état nutritionnel des femmes et des enfants, tels sont les principaux objectifs de cette rencontre.

C’est le maire de Tagazar, M. Moctar Seyni, qui a pris la parole le premier pour souhaiter la chaleureuse bienvenue à tous les invités et participants à la rencontre de Winditan. Ce fut au tour du président de la PFPN, M. Djibo Bagna de prendre la parole pour, lui aussi, dire son mot de bienvenue tant aux autorités, qui ont fait le déplacement, qu’aux nombreux participantes et participants qui ont bien voulu répondre à l’appel de la PFPN. Le Préfet de Baleyara, M. Aouly Brah Bouro, a abondé dans le même sens et s’est réjoui du choix de sa localité pour organiser cet atelier. « Cet Atelier que Winditan accueille aujourd’hui est certes organisé par la Plateforme, mais les questions qu’il va traiter interpellent tout le monde. Que çà soit la migration, la question des activités agro-sylvo-pastorales et halieutiques, celle de la nutrition, qui seront largement évoquée ici, ne laissent personne indifférent. Et surtout pas les autorités de notre pays, qui à travers le programme de la renaissance en général et l’Initiative 3N en particulier, ont, très tôt, fait l’état des lieux de toutes ces questions et ont proposées des mesures, souvent chiffrées, pour éradiquer les maux qu’engendre ces secteurs », a indiqué M. Bagna.

Avant de présenter les activités menées par le centre de Winditan, le président de la PFPN a fait un plaidoyer auprès des autorités pour aider sa structure, qui gère ledit centre, à le valoriser et à le promouvoir pour qu’il devienne un centre de formation régional et accueillir aussi des grandes rencontres, tant nationales, régionales qu’internationales. M. Bagna a, par la suite, indiqué que la PFPN a entrepris plusieurs initiatives avec l’appui de ses partenaires (COSPE, PPAAO, ROPPA/Afrique Nourricière, etc.) en matière de promotion des jeunes ruraux, notamment la mise en place du collège des jeunes, la création de l'incubateur des fermes familiales ainsi que de l'installation des jeunes de Tabalak dans le secteur agro-sylvo-pastoral. « Toutefois, les initiatives des organisations paysannes et des partenaires au développement sont très souvent à petites échelles alors que la demande est forte et massive. Au regard de ces constats, la PFPN a donc décidé de renforcer et structurer davantage son action sur la question en définissant une stratégie Nationale de lutte contre l’immigration par l’installation des jeunes en milieu rural. Pour la Plateforme Paysanne du Niger, la jeunesse constitue une potentialité et un levier pour l'atteinte de l'objectif faim Zéro du Président de la République d'ici 2021 », a-t-il fait constater.

Diverses actions ont été initiées et exécutées par la PFPN. Toutefois, estime-t-il, ces interventions ont été soit mises en œuvre à échelle trop réduite, soit de manière isolée, ce qui ne permet pas de produire des résultats significatifs ayant une influence sur les indicateurs nationaux. La malnutrition chronique touche environ un enfant sur deux au Niger et affecte dangereusement le capital humain national. «C’est pour ce faire que la PFPN, à travers son collège des femmes, compte échanger davantage avec le Haut-Commissariat à l’initiative 3N et les ministères chargés de la maîtrise d’ouvrage des différents programmes afin d’apporter son expertise paysanne pour l’amélioration de la sécurité nutritionnelle au Niger. En effet, le collège des femmes membres de la Plateforme paysanne développe depuis 2004, plusieurs actions dans le domaine de la promotion et de la valorisation des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques dans le cadre de la campagne ‘’Afrique Nourricière’’ initiée et mise en œuvre par le ROPPA et ses plateformes nationales (Capitalisation des expériences sur les mets locaux, organisation de journées de dégustation, formation des restauratrices sur la cuisine traditionnelle, etc) », a déclaré M. Djibo Bagna.

Le ministre d’Etat Albadé Abouba qualifie l’initiative de la PFPN d’unique

Procédant à l’ouverture dudit atelier, le Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, M. Albadé Abouba, a déclaré que cette initiative de la Plateforme Paysanne du Niger est une première ; elle est unique, aussi bien au Niger que dans la sous-région. ‘‘Que la Plateforme Paysanne du Niger en soit remerciée !’’, a-t-il lancé. Pour illustrer cette importance et démontrer les enjeux et défis sur la migration des jeunes au Niger, le ministre d’Etat a décliné quelques données. ‘‘Situé au cœur du Sahara, le Niger est un carrefour et apparait de ce fait comme étant une zone de transit importante dans un système complexe. On estime que chaque année plus de 100.000 migrants originaires de divers pays africains traversent le territoire nigérien à destination principalement des côtes d’Europe via la Libye. Par ailleurs, des milliers de Nigériens quittent chaque année le territoire national de manière plus ou moins définitive en vue d’une migration économique principalement vers les pays d’Afrique du Nord ou du Golfe de Guinée’’, a estimé le ministre d’Etat.

Il a rappelé que la population du Niger est estimée à 19.865.066 habitants dont 50,2% de femmes et 59,7% des jeunes âgés de moins de 18 ans, avec une population majoritairement rurale (83,7%), ou les 15 à 64 ans (47,1%) constituent la frange de la population active (INS 2016). La jeunesse nigérienne constitue une ressource humaine dynamique, et apte pour la production et l’intégration efficiente du pays à l’économie régionale et internationale. Cependant, « tous les acteurs s’accordent à reconnaitre que le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique offre un potentiel de création d’emplois qui constitue aujourd’hui la clé probante de la problématique du chômage des jeunes en milieu rural et de la lutte contre l'immigration. Jadis, perçus comme ‘’relève’’ et "patrimoine social", les jeunes n’ont pas bénéficié d’accompagnement nécessaire et leur situation est aujourd’hui de plus en plus considérée comme un problème à résoudre», a-t-il regretté.

Selon le ministre d’Etat Albadé, de nombreux efforts ont été fournis par les Autorités de la 7ème République, sous la conduite du Président de la République, Chef de l’Etat SEM Issoufou Mahamadou et du Premier Ministre, Chef du Gouvernement SE Brigi Rafini, pour réduire sinon éradiquer le phénomène de la migration clandestine des Nigériens, tout comme celle des étrangers, qui transitent par notre pays. « Ainsi, cette rencontre de Winditan sonne-t-elle comme un accompagnement des actions des plus hautes Autorités nationales. Cet atelier national de réflexion et d’échange sur la migration des jeunes et la malnutrition, qui durera une semaine, a pour but d'échanger avec les autorités et les partenaires sur les enjeux et défis en lien avec la migration des jeunes et la nutrition en milieu rural ; d’identifier les principaux axes de la stratégie paysanne d’accompagnement de l’insertion et de l’installation des jeunes ruraux dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique ; de définir la vision paysanne sur l’amélioration de la sécurité nutritionnelle au Niger ; mais aussi d’engager des activités pilotes en matière de sécurité nutritionnelle et de création d’emploi des jeunes » a préciser le ministre d’Etat.

Pour lui, les travaux permettront aux nombreux participants d'élaborer une stratégie paysanne d’insertion des jeunes dans les secteurs Agro-sylvo-pastoral et halieutique et de définir une vision paysanne sur la nutrition des femmes et jeunes ruraux. le ministre d’Etat Albadé Abouba a souligné que cette question de nutrition doit être une préoccupation, surtout au vu des taux de croissance démographique et de la malnutrition, élevés dans notre pays. D’où la nécessité de traiter cette question de nutrition avec lucidité et persévérance, afin de lui trouver une réponse adéquate, qui pourra aider à atteindre l’objectif de l’Initiative 3N (Les Nigériens Nourrissent les Nigériens), chère au Président de la République SEM Issoufou Mahamadou. « Les conclusions de cet important atelier qui regroupe plus de quatre-vingt (80) participants, de diverses localités et fonctions, permettront au Niger, je n’en doute point, d’améliorer son combat contre la migration clandestines de ses enfants et leurs permettront de mieux s’insérer et s’installer dans la communauté », a souhaité le ministre d’Etat en charge de l’Agriculture et de l’Elevage.

Notons que devant les membres du gouvernement et les participants, plusieurs jeunes leaders entrepreneurs, dont certains ont bénéficié de l’encadrement et de l’accompagnement de la PFPN et de ses partenaires, ont décliné leurs parcours et les différentes expériences vécues, les risques liés à la migration et ont relevés les réussites enregistrées dans le cadre de la mise en place et de la gestion de leurs entreprises. Ils se sont tous dits fiers de revenir au pays pour y travailler et partager leurs expériences.

Mahamadou Diallo

16 juillet 2018
Source : http://lesahel.org/

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