Au Centre National d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS) : Remise officielle d’une Etude approfondie sur les facteurs de radicalisation des jeunes en milieu rural, urbain, universitaire et carcéral au Niger

Le Ministre directeur de cabinet du Président de la République, président du Conseil d’Orientation du CNESS, M. Ouhoumoudou Mahamadou, a reçu officiellement, des mains du directeur sortant du CNESS, le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, Chef d’Etat-major Adjoint des Armées, le Rapport d’Etude approfondie sur les facteurs de radicalisation des jeunes en milieu rural, urbain, universitaire et carcéral au Niger. Cette cérémonie s’est déroulée hier dans l’enceinte dudit Centre en présence du directeur entrant du CNESS, le Colonel Mahamadou Seidou Magagi, du Directeur Pays de NDI, des professeurs membres du Conseil Scientifique du CNESS et de plusieurs invités.

Cette étude fait partie de quatre activités majeures qui ont fait l’objet d’un mémorandum d’accord de partenariat signé en mars dernier entre le CNESS et le NDI et rentre dans le cadre de la mise en œuvre du programme de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Niger et dans la sous-région de manière générale. Elle fait également partie des études complémentaires importantes qui conduiront à l’élaboration de la future stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent au Niger et a concerné soixante-dix (70) villages, cinq (5) Chefs-lieux de région à savoir Diffa, Niamey, Tahoua, Tillabéry et Zinder, cinq (5) Universités publiques d’enseignement classique, deux universités privées d’enseignement arabe de Niamey, l’Université Islamique de Say et cinq (5) centres pénitentiaires dont la prison de haute sécurité de Koutoukalé.

Selon les explications données par le directeur sortant du CNESS, le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, 2.376 jeunes âgés de 18 à 40 ans ont été interviewés à travers des fiches individuelles et 250 personnes composées de leaders religieux, des Chefs coutumiers et des personnes ressources interviewées lors de 25 focus groupes et entretiens informels. En effet souligne-t-il, l’étude a relevé quatre (4) principaux facteurs de vulnérabilité qui favoriseraient la radicalisation des jeunes en milieu rural et urbain qui sont : la méconnaissance des Lois de la République avec un taux de 95% en milieu rural et 76% en milieu urbain ; la méconnaissance des préceptes du Coran de manière approfondie parmi ceux qui l’ont étudié, et selon les régions dont le taux allant de 93 à 96% en milieu rural et de 80 à 97% en milieu urbain ; le chômage et le manque de perspectives d’emploi qui sont aussi le facteur de vulnérabilité pour les jeunes et selon les régions avec un taux de 48 à 72% en milieu rural et de 12 à 45% en milieu urbain. A cela s’ajoute l’analphabétisme et le faible niveau scolaire des jeunes, selon les régions dont le taux varie entre 58 et 63% en milieu rural et 25 à 46% en milieu urbain. Soumis aux mêmes facteurs, les jeunes en milieu rural sont plus vulnérables que leurs frères vivant en ville. S’agissant des facteurs de radicalisation en milieu universitaire, le directeur du CNESS a noté que dans les universités d’enseignement en Français, les résultats ont montré que les facteurs de vulnérabilité des jeunes étudiants sont essentiellement dus à leur dépendance vis-à-vis des allocations de l’Etat (plus de 80% des étudiants en dépendent) ; les étudiants qui cumulent de la connaissance approfondie du savoir coranique et du savoir moderne varient de 2 à 8% selon les universités. Dans les Universités d’enseignement Arabe, les étudiants se sentent discriminés par le système francophone ou anglophone selon leurs pays d’origine avant même de faire face à la réalité de l’emploi, a-t-il indiqué. Aussi, ajoute-t-il, le manque de perspective et le sentiment de discrimination vis-à-vis de leurs diplômes peuvent les pousser à emprunter la voie de l’extrémisme pour valoriser ce qu’ils ont étudié.

En ce qui concerne les centres carcéraux, les erreurs judiciaires et le retard dans les jugements crée, a dit le Général de Brigade Ibra Boulama Issa, un sentiment de frustration et d’injustice au niveau des détenus. De surcroit, précise-t-il, la cohabitation entre les détenus de droits communs et les détenus djihadistes ou présumés djihadistes reste un facteur non moins important de basculement et de radicalisation.

«Ce rapport servira également de base pour l’élaboration du document de projet de l’Observatoire National sur les risques sécuritaires et continuera d’être exploité dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme. De plus, au-delà de l’exploitation interne, le document sera vulgarisé auprès des différentes institutions de l’Etat, des Organisations non gouvernementales et des organisations de la société civile œuvrant dans la prévention de l’extrémisme violent au Niger », a affirmé le directeur sortant du CNESS.

Aïchatou Hamma Wakasso(onep)

27 juillet 2018
Source : https://nigerdiaspora.net/

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