Le Président de la République prend part au Sommet conjoint CEDEAO-CEEAC à Lomé, au Togo Les questions sécuritaires au centre de la rencontre

Issoufou CEDEAO CEEACLe Président de la République, chef de l'Etat, S.E.M. Issoufou Mahamadou, a pris part, hier lundi dans la matinée, au Sommet conjoint de la CEDEAO et de la CEEAC qui s'est tenu sous une grande tente climatisée plantée à l'hôtel 2 février de Lomé au Togo. L'entrée des Chefs d'Etat et de gouvernement sous la tente a été saluée par une «stand ovation». La cérémonie d'ouverture du Sommet conjoint a été marquée par quatre importantes allocutions. Les chefs d'Etat et de gouvernement présents à Lomé ont tour à tour écouté le discours de bienvenue de S.E.M. Faure Essozimna Gnassingbé du Togo, Président de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, l'adresse du Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l'Afrique de l'ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, l'allocution du président de la Commission de l'Union Africaine, M. Moussa Faki Mahamat, et enfin le discours d'ouverture du Sommet conjoint CEDEAO/CEEAC prononcé par S.E.M. Ali Bongo Ondimba du Gabon, Président de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC.
Dans son discours d'ouverture de ce Sommet conjoint, le Président Ali Bongo Ondimba a d'abord rappelé que « l'initiative de la tenue du présent Sommet conjoint trouve son origine dans la décision prise par la Conférence des chefs d'Etat  du Conseil de Paix et de Sécurité de l'Afrique centrale (COPAX), au cours du sommet extraordinaire tenu à Yaoundé le 16 février 2015, consacré à la lutte contre le groupe terroriste connu sous l'appellation de ''Boko Haram. Ainsi, au cours de ce Sommet, nous avions convenu que la question terroriste, singulièrement la lutte contre Boko Haram, pourrait être un levier du raffermissement de la coopération entre nos deux régions».

«C'est à ce titre que je souhaite que les travaux de ce Sommet conjoint examinent avec rigueur les questions liées à la paix, à la sécurité, à la stabilité et à la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent dans notre espace commun », a précisé le Président Bongo Ondimba qui estime que « les menaces sécuritaires transversales dans notre espace nous commandent d'agir de manière concertée et collective, à l'instar de ce que nous avons initié depuis 2013 dans le domaine de la sûreté et de la sécurité maritimes dans le golfe de Guinée ».

« S'agissant de la lutte que nous menons contre le terrorisme et toutes les autres formes de violence qui sont infligées à nos peuples, je me félicité des succès enregistrés par la Force Multinationale Mixte (FMM). Ils prouvent à suffisance que toute approche collective visant à faire face aux défis sécuritaires auxquels nos deux régions sont confrontées est opportune. Mise en œuvre dans le cadre de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) en vue de lutter contre Boko Haram, la Force Multinationale Mixte, qui regroupe aussi bien des Etats membres de la CEEAC que de la CEDEAO, permet de combattre efficacement des groupes terroristes», a-t-il indiqué. Pour le Président Ali Bongo Ondimba, « au-delà de la question du terrorisme et de l'extrémisme violent dans l'espace CEEAC-CEDEAO examinée par ce Sommet, nous devrions élargir notre champ de coopération inter-régionale aux autres questions sécuritaires». Le Président Ali Bongo Ondimba «formule également le vœu que ce Sommet conjoint soutienne l'idée de la mise en place d'un Mécanisme mixte CEEAC-CEDEAO, sous la conduite conjointe de nos ministres en charge des Affaires étrangères et de ceux en charge de la Sécurité ».

Pour sa part, le président de la Commission de l'Union Africaine a mis l'accent sur « la doctrine africaine contre les menaces asymétriques » avant de prévenir que le financement par nos pays de notre propre sécurité est consubstantiel à notre indépendance.


Quant au Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies,M. Mohamed Ibn Chambas, il a estimé que « le Sommet d'aujourd'hui est l'occasion de renforcer et d'élargir la coopération existante entre les deux sous-régions. Il s'agit en effet d'un pas important dans la bonne direction, que l'ONU est déterminée à soutenir, faciliter et encourager ». C'est, en s'attaquant «aux causes profondes de l'instabilité, ce qui permettrait de contribuer à miner la capacité des groupes terroristes et des syndicats du crime organisé à recruter de nouveaux membres parmi les populations locales». Et à M. Ibn Chambas de citer en exemple le Plan de Soutien pour le Sahel que l'ONU vient d'élaborer...

Auparavant, le Président Faure Eyadema avait, dans son discours de bienvenue aux participants au Sommet conjoint CEDEAO-CEEAC, tenu à exprimer sa « gratitude» à tous. D'abord aux chefs d'Etat et de gouvernement « pour les efforts consentis » ; ensuite, « plus particulièrement, au Président Ali Bongo Ondimba pour son engagement et sa détermination en tant que Président en exercice de la CEEAC» ; et, enfin, au président de la Commission de la CEDEAO et au Secrétaire général de la CEEAC «pour l'important travail préparatoire effectué». Le Président Faure a assuré que, «aujourd'hui, nous écrivons une nouvelle page de notre coopération qui, j'en suis certain, marquera l'histoire de nos deux communautés » avant « d'en appeler aux Etats membres, à l'Union Africaine, aux Nations Unies et à nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à accompagner la mise en œuvre effective des décisions qui seront issues de ce Sommet ».
La cérémonie d'ouverture du Sommet conjoint a pris fin avec une photo de famille des chefs d'Etat et de gouvernement qui, après le déjeuner, ont entamé leurs travaux à huis clos.

De notre envoyé, spécialSani Soulé Manzo

31 juillet 2018
Source : http://lesahel.org

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