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Menace sur la liberté de presse : Massoudou use du fisc pour régler des comptes

Menace sur la liberté de presse : Massoudou use du fisc pour régler des comptes Depuis l’avènement de la démocratie, les hommes politiques ne font que décevoir : leurs discours sont complètement en déphasage avec leurs comportements ; ainsi les trouve-t-on à l’épreuve du pouvoir complètement différents, à l’antipode de l’image qu’ils ont soigneusement entretenue. Ils étaient bons tant qu’ils étaient à l’opposition, cherchant à séduire un peuple crédule, défendant la bonne gestion et la démocratie. Tant qu’ils étaient misérables, leur discours les rapprochait du peuple, se montrant soucieux du mieuxêtre commun. Puis quand, la chance sourit, et qu’ils finissent par se retrouver de l’autre côté par un cruel hasard au pouvoir, ils oublient le peuple, ils oublient leurs promesses alléchantes faites, même quand, entrant en fonction, on pouvait ne plus rien craindre, se plaçant majestueusement en face d’Ulémas, du peuple et de Dieu, à poser la main droite sur le Coran, jurant qu’on agira pour « le bonheur du peuple », pour sa cohésion, pour assurer sa souveraineté et d’autres choses encore… Patati patata.

On en a tellement connu que pour le commun des Nigériens, le politicien ne pouvait avoir de synonyme que cet autre mot si haïssable : « menteur ». Alors qu’ils prêchaient la bonne gouvernance, dénonçant toute la malgouvernance, toutes les tares qui sont incompatibles avec les règles de bonne gestion qu’ils proscrivaient naguère, on les découvre pires. C’est ainsi que, à l’instar du cas nigérien que l’on vit actuellement, des opposants «emblématiques» – ça fait sourire avec le recul du temps – arrivés au pouvoir, ont déçu montrant que le discours politique des hommes faits de mensonge et de démagogie, ne peut plus être crédible au point où certains africains regrettent la démocratie parce qu’elle n’aura servi qu’à légitimer, sous le couvert de la légalité qu’offre une majorité, des abus dont l’injustice, la brutalité, le concussion, le népotisme, la culture du régionalisme que l’on croyait à jamais conjuré. La démocratie a déçu.

Comme le dit un adage, c’est au pied du mur que l’on reconnait le maçon. Celui dont nous parlons ici, si bien connu des Nigériens, est arrivé au chantier de la démocratie, sans même une truelle, n’ayant, comme un colon recyclé envoyé des Cieux pour réhabiliter les travaux forcés d’une époque révolue, que d’un gourdin pour « casser la gueule » aux ouvriers de la démocratie que sont les acteurs de la société, sentinelle de l’État de droit, les journalistes librepensants, les opposants critiques qui veillent au grain pour que la gouvernance se fasse dans le respect des normes, un travail que le sieur Hassoumi Massaoudou et ses camarades avaient pourtant joué avec zèle et délectation pendant plusieurs années dans le pays, sans que, jamais, dans la jouissance ostentatoire de ce droit constitutionnel, ils ne soient inquiétés. C’est dire à quel point la démocratie au Niger connait aujourd’hui un grand recul.

Les emplois stratégiques d’un homme qui ne croit pas à la démocratie

Depuis leur arrivée au pouvoir, les socialistes, dans la mise en œuvre d’un plan machiavélique secret, pour ne pas avoir à partager le pouvoir, conquis pourtant en alliance, avaient pensé que Hassoumi Massaoudou, pour ses rigidité, ses cynismes de colon, pouvait être une bonne carte à utiliser dans le jeu politique pour écraser toute opposition à leur système afin d’avoir à gouverner en toute impunité, pillant un pays qu’ils conçoivent comme une mine dont il faut se servir pour le confort des seuls « vainqueurs ». C’est ainsi qu’on le propulsa ministre de l’Intérieur, après son passage dans le cabinet du président où il avait eu à commettre le scandale du siècle par lequel, se servant d’une société qu’il ne représente en rien, il est allé conduire une transaction louche par laquelle, acculé par une opinion nationale profondément sidérée et choquée par son « Karambani », il finit par s’embrouiller, se défendant dans des propos contradictoires, et comme pour se faire excuser la faute, il apprenait que le Niger, dans ce business conduit en catimini, en ne faisant et en ne perdant rien, si ce n’est à l’entendre, de prêter les nom de ses institutions, avait gracieusement gagné, dans la minute du trafic quelques 800 millions en bonus gratis, rassurant d’ailleurs que de tels « tradings » sont courants et normaux. Mais les Nigériens n’ont cru un mot de sa dissertation et réclament toujours leurs 200 milliards. Au ministère de l’Intérieur, les Nigériens, avaient l’occasion de découvrir l’homme et de comprendre qu’il pouvait être tout, sauf un démocrate. Il ne croit qu’à la force et à la brutalité. Il en donné les preuves, du reste. Il avait alors essayé, usant et abusant de la force publique alors sous ses ordres, en vrai tortionnaire, à mater férocement toutes les manifestations , tant des partis politiques que des acteurs de la société civile, n’épargnant même pas les journalistes, qui pour informer l’opinion, s’étaient retrouvé sur le théâtre des manifestations. Tirant le bilan de sa gestion brutale des manifestations, il ne peut manquer d’arrogance, pour saluer l’acte héroïque de forces de maintien de l’ordre – les étudiants diront du désordre – qui auraient agi avec « professionnalisme » pour blesser, et souvent, quand c’est avec les scolaires et la vague charliste, à tuer. Même lorsque le pire arrivait et que la gestion chaotique des manifestations finissait tragiquement dans le bain de sang, l’homme avait le sadisme d’annoncer officiellement qu’il en assumait la responsabilité, qualifiant au passage, la manifestation de ses compatriotes lorsque, faisant face à l’agressivité de la police, devenue une nouvelle gestapo que certains considèrent au nom peut-être de sa sélection et de sa constitution sectaires comme une milice à la solde du régime, de manifestation « sauvage », montrant ainsi qu’il n’a aucun respect, pour l’autre nigérien qui n’est pas avec son régime. Sous Massaoudou au ministère de l’Intérieur, jamais, le Niger n’a connu autant de brutalités, autant de violences, autant de marginalisation, si bien que certains Nigériens, traqués jusque dans leur dernier retranchement, en étaient arrivés à croire qu’ils ne peuvent plus se revendiquer de la nationalité nigérienne tant ils paraissaient des parias de la nation, en exil dans leur propre pays, renforçant par une telle marginalisé le sentiment de malaise dans un pays fragile fragilisé par des hommes qui n’ont aucun sens de la mesure, et, peut-on dire aussi, de l’État et de la nation. Alors qu’ils ne pouvaient pas conquérir le pouvoir par la force, ils veulent, se servant d’abord de la démocratie pour l’avoir, tenter de le gérer et de le conserver par la violence. Il faut rappeler que ministre de l’Intérieur, au faîte de ses gloires, l’homme ne pouvait s’empêcher, lorsque rencontrant dans le ministère un acteur de la société civile – le même Ali Idrissa qui vient de sortir de prison avec deux de ses compagnons d’infortune – à l’apostropher, pour lui demander ce qu’il pouvait venir chercher dans son ministère comme si ministre, les locaux sont devenus sa propriété privée, oubliant qu’un ministère n’est qu’un lieu public ouvert à tous les usagers. L’incident montre alors que ces gens avaient plus de raisons qui leur sont propres à détester le patron du ROTAB que d’être seulement un activiste de la société civile. Rapporté par les médias, on devait entendre la prise de bec avec le visiteur indésirable que son adversaire « luxueux », pouvait inviter là, dans l’espace public, à se mesurer aux muscles, pour un pugilat croustillant offert à la curiosité de spectateurs alertés à l’improviste. Du reste, c’est avec le même état d’esprit qu’il pouvait gérer l’armée quand, il avait eu de la part du chef suprême des armées la promotion qui fit de lui le ministre de la défense. Peut-être a-t-on très vite compris les risques qu’une telle nomination osée pouvait causer au régime pour vite, lui changer de portefeuille et faire de lui, ministre des Finances, une charge pour laquelle, l’Ingénieur n’a aucune compétence technique à prévaloir, pour faire du miracle, quand, après un mandat de saccage, l’économie du pays devrait se retrouver à terre avec un pays que l’on déclarait en faillite depuis plus de trois ans aujourd’hui et qu’il fallait une expertise avérée du domaine pour sauver les meubles. Faut-il croire que le PNDS est en mal de compétences, de cadres valables pour lui tenir un aussi stratégique, sinon vital portefeuille, mettant à nu « l’illimisme » longtemps rabâché et vanté ?

Après avoir gravement joué par ses excès contre l’image du président Issoufou et de son régime que bien de Nigériens et d’observateurs assimilent à un pouvoir autoritaire, « L’Enfant chouchou » de la Renaissance, atterrit aux Finances, et comme ailleurs, se prévalant d’une rigueur que ses griots lui fabriquent, il tente par les mêmes méthodes staliniennes et fascistes de gérer cet autre ministère, avant que les syndicats du secteur, ne se dressent contre lui, le mettant au défi de leur prouver ses résultats pour vouloir bousculer tout le monde dans la maison, sans avoir d’égard pour des techniciens qui ne peuvent pas être ses adversaires mais ses collaborateurs. C’est à croire que l’homme a une compréhension esclavagiste de la relation humaine, estimant que parce qu’ils ont le pouvoir, tous les autres Nigériens devraient se mettre à leurs pieds. Mais au lieu de se mettre à redresse la situation économique du pays devenue exsangue qui se dégrade de jour en jour, dans un pays où le contractuel pour être payé doit désormais attendre au-delà du 20 du mois suivant et où, l’État se trouve incapable de payer de petits millions couvrant les frais de correction d’un examen jusqu’à ce qu’une nouvelle session vienne et finisse, il y a de quoi célébrer l’échec de celui qu’in autre appelle le « King-Kong » appelé à la rescousse pour sauver le régime de sa diète financière. C’est pourtant ce pays visiblement incapable de faire face à ses charges régaliennes, lorsque la mobilisation des recettes internes, malgré le satisfecit contestable affiché reste encore problématique, qu’on veut présenter comme un pays qui va bien économiquement, se targuant d’avoir des notes encourageantes de la Banque Mondiale, peut-être trompé avec de fausses statistiques. Mais, même aux Finances, Massaoudou reste lui-même, ne pouvant abandonner ses vieilles amours. Fertile en idées pour traquer un adversaire, il a cru, que lorsqu’avec les matraques et les gaz lacrymogènes, il ne lui avait pas été possible d’agenouiller les Nigériens mal-pensants, qu’il pouvait, en asphyxiant économiquement tous ceux qu’il considère comme leurs « ennemis », mieux les étrangler, mieux les écraser, mieux les enterrer. Les étudiants et les scolaires sont affamés, et peut-être qu’en les contentant avec des miettes, il va être possible de les tenir en respect.

Se servir de redressements fiscaux pour étouffer les entreprises de presse

Voilà trois et bientôt quatre ans que le gouvernement de Brigi Rafini, misère économique oblige, ne peut plus octroyer le fonds d’aide à la presse que des textes de la République lui font obligation de libérer pour appuyer les organes de presse dans leur effort d’animation de la démocratie et de l’État de droit. Mais cette presse savait que l’homme qui est désormais aux commandes des finances publiques, est un homme avec lequel elle avait déjà eu ses premières confrontations, notamment depuis qu’il était ministre de l’Intérieur, où, pour apprécier les médias, il fit la révélation ahurissante lors d’un point de presse que les journalistes et leurs médias qui les emploient sont catégorisés en deux groupes, disant à qui veut l’entendre que dès qu’un média n’est pas avec eux, il est forcément contre eux et que pour ce, eux ne peuvent les considérer que comme des médias-ennemis – le mot est son choix avec toute la charge qu’il peut avoir. Si ces entreprises génèrent des milliards à leurs promoteurs pour leur demander des millions comme impôts, sans doute qu’il n’y aurait pas de journaux dits de la « SORAZ ». Et d’ailleurs, qui ne sait pas, la précarité dans laquelle, ces entreprises évoluent au point de faire de certains hommes de médias des « quémandeurs » qui se servent ignominieusement de leur caméra, de leur plume ou de leur micro, louant et chantant des hommes et un système ou même insultant pour le plaisir d’un autre un adversaire, pour s’emparer de quelques subsides dans cette pratique réductrice et avilissante d’un métier aussi noble.

Alors que c’est à l’État qu’il revient de soutenir les médias à pouvoir émerger dans un environnement difficile pour des entreprises de presse, lorsqu’il ne peut même pas assurer ses devoirs vis-à-vis des organes conformément aux textes du pays, c’est ce même État qui se rabaisse pour lui extorquer de l’argent ? Où est la décence ? Il ne s’agit pas de dire que la presse ne doit pas payer l’impôt, mais que connaissant ses défaillances vis-à-vis d’une presse qu’il doit soutenir même lorsqu’elle peut ne pas lui plaire, le gouvernement devrait traiter avec plus de civilité le 4ème Pouvoir. Sans doute que ce gouvernement aurait pu avoir un peu de pudeur, pour s’éviter cette vilénie surtout qu’en le faisant, il ne peut même pas le faire dans l’impartialité et l’équité, en étant exigeant de la même manière à l’égard de tous les médias. Comment, ne pas voir, derrière cette main qui harcèle les médias, la même main, qui ne pouvait s’accommoder d’une presse libre pour vouloir casser dans le pays tout ce qui fait vivre la contradiction et donc la démocratie ?Comment comprendre et accepter, alors que le même gouvernement peut avoir la gentillesse avec des multinationales pour abandonner avec elles des milliards qu’il cherche laborieusement à recouvrèrent exigeant des millions hypothétiques au niveau de petites entreprises nationales peu solvables qui ne vivent souvent qu’avec un ordinateur, souvent même très « âgé » ? Comment peut-on être soucieux des investissements que pourraient faire des entreprises étrangères pour les exonérer de certaines taxes et ne pas avoir le même souci pour des entreprises nationales ? N’est-ce pas qu’il y a visiblement une volonté délibérée de nuire à la presse et surtout à celle qui gêne ? Ainsi aura-t-on compris que d’une part, les socialistes, ne sont pas là pour le développement de la presse et donc de la démocratie, et d’autre part, en faisant le choix d’accorder des cadeaux fiscaux à des entreprises étrangères au détriment d’initiatives nationales aujourd’hui traquées qu’ils veulent à tout prix étrangler, qu’ils n’ont aucune fibre patriotiques pour défendre les Nigériens et leurs intérêts. Du reste, ils ne sont pas à leur premier coup, car, peut-on encore se souvenir que c’était sous les yeux impuissants et gravement abasourdis des Nigériens qu’on avait assisté à la démolition cynique de leurs commerces sous le regard bienveillant de celui qui conduisait l’opération avec bonheur mais qui avait, pour une passation suite à son limogeage, après son crime et son sale boulot, pleurer comme un petit enfant. Faut-il ainsi croire que les socialistes ne sont que de petites gens aux petits cœurs, incapables de gouverner dans l’élévation ?

C’est avec eux, en tout cas, qu’on aura tout vu…  

 08 août 2018
Source : La Canard en Furie

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