43ème édition de la Fête de l’arbre, Maradi 2018 : Tirer la quintescence du « Débat de Maradi sur la Désertification », 34 ans après pour un environnement durable et une population plus résiliente

43ème édition de la Fête de l’arbre, Maradi 2018 : Tirer la quintescence du « Débat de Maradi sur la Désertification », 34 ans     après pour un environnement durable et une population plus résilienteMaradi, la capitale économique de notre pays a abrité cette année la 43ème édition de la « fête de « l’arbre » commémorant l’anniversaire de l’indépendance célébré le 3 août de chaque année depuis son institution en 1975. Après Dosso l’année dernière, la célébration de la fête de l’arbre, devenue désormais tournante à l’instar de celle de la République, matérialise la volonté du Président de la République de donner un cachet particulier à chaque fête nationale. Et pour cause, les populations de Maradi ont eu le plaisir et la joie immenses de recevoir comme hôtes de marque le Président de la République, SE Issoufou Mahamadou, le président de l’Assemblée Nationale, SE. Ousseini Tinni, entouré de députés nationaux, le Haut Représentant du Président de la République, M. Seyni Oumarou, le ministre d’Etat Mohamed Bazoum, les membres du gouvernement et du corps diplomatique, le maitre d’œuvre M. Almoustapha Garba, ministre de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable, ainsi que de nombreuses personnalités politiques et coutumières.

Malgré une pluie battante qui déferlait sur la localité en cette matinée du 3 août, toutes ces personnalités ont tenu à être présentes au rendez-vous pris avec les populations du Katsina et du Gobir. Et c’est le tout nouvel hôpital de référence de Maradi dont les travaux de construction sont entièrement finis, un hôpital en plein travaux d’installation d’équipements médicaux de dernière génération qui a été choisi pour servir de cadre à la traditionnelle cérémonie de plantation d’arbres.

Une cérémonie nationale ouverte par l’hymne national exécuté par la fanfare de la Garde Nationale concomitamment avec la montée du drapeau. S’ensuit un chant des jeunes filles de Maradi soulignant l’importance de l’arbre pour la vie humaine toute entière et exhortant les citoyens à le planter partout pour disent-elles « faire du Niger un tapis vert», conformément à la vision des premiers dirigeants initiateurs de la fête de l’arbre.Le ministre de l’environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable a mis l’accent sur le symbole que représente la cérémonie de plantation d’arbres à Maradi. C’est d’abord, dit-il, à Maradi sen 1984 que s’est tenu le « grand débat national sur la lutte contre la désertification » ayant abouti à ce qu’on a appelé « l’engagement de Maradi ». Toute chose montrant que le Niger était à l’avant-garde du combat en faveur de l’environnement bien avant RIO 1992.

Le ministre Almoustapha Garba de justifier aussi cette symbolique par le fait   que Maradi a répondu aux attentes en enregistrant des résultats appréciables dans la bataille contre le désert en adoptant fort bien et à une échelle grandissante la technique de la régénération naturelle assistée. « Nous avons donc voulu faire du succès de cette région en la matière, une source d’inspiration pour les autres parties de notre pays et au-delà ».

Pour le ministre, la troisième raison est le fait que Maradi a bénéficié du programme de modernisation des villes lancé par le Président de la République à savoir Maradi Kolliya et le projet de construction de l’hôpital de référence choisi pour accueillir la cérémonie de plantation d’arbres. Un choix guidé par la volonté du ministère de l’environnement d’établir le lien étroit entre l’environnement et la santé et de relever le caractère intégré du programme de Renaissance du Président de la République.

Parlant de l’objectif de la fête nationale de l’arbre, M. Almoustapha Garba a expliqué qu’elle vise à sensibiliser et mobiliser l’opinion nationale et les partenaires sur la thématique centrale d’intérêt majeur. Cette année, le thème retenu étant « la restauration de nos terres, forêts et paysages : un devoir pour tous » avec pour raison fondamentale de susciter de la part de tout Nigérien un engagement plus résolu et des investissements conséquents pour bien soutenir les efforts du Niger en faveur d’une gestion durable des ressources naturelles. Bref, il s’agit selon le ministre d’un appel au sursaut citoyen pour « préserver, aménager et exploiter durablement nos terres dont le niveau de dégradation met sérieusement en péril la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que le cadre de vie nos vaillantes populations ».

Poursuivant la justification du choix de ce thème, le ministre qui a indiqué le niveau et le rythme de dégradation des terres au Niger appelle à une mobilisation générale tout en précisant qu’en s’inspirant des orientations du programme de Renaissance du Niger et puisant dans les recommandations du « débat de Maradi », le ministère veut appeler les Nigériens à prendre davantage conscience des conséquences du changement climatique et à s’investir plus contre la désertification donc pour une plus grande résilience.

Se basant sur les acquis de ces dernières années, le ministre de l’environnement a affirmé que la préservation de l’environnement sous l’impulsion du Président Issoufou a connu un essor significatif conférant au président et au Niger une grande notoriété au plan international comme l’atteste l’attribution du prix de la meilleure politique d’avenir à l’initiative 3N dans la catégorie Restauration des terres dégradées. Il est aussi à mettre à l’actif de cette notoriété du Niger, l’organisation cette année de la journée africaine de l’environnement et la conférence internationale sur la désertification et l’économie verte ou encore la confiance placée au Président Issoufou de présider la commission Climat pour la région du Sahel créée à la COP 22 au Maroc.

Comme à l’accoutumée en pareille circonstance, la fête de l’arbre est l’occasion que les autorités saisissent pour récompenser les Nigériens qui se sont fait distinguer pour leurs actions en faveur de l’environnement. Quatre prix sont attribués à savoir le prix du Président de la République doté d’une enveloppe de 3 millions F CFA, le Prix du Président de l’Assemblée Nationale de 2,5 millions F CFA, celui du Premier ministre avec une enveloppe de 2 millions et le Prix du haut représentant du Président de la République crédité de 1,5 million F CFA.

La région de Maradi a raflé le Premier prix du Président de la République à travers M Ousseini Oumarou, un producteur du village de Dandaji-Makou de la commune urbaine de Guidan Roumdji. Il s’agit d’un site de la RNA couvrant 12,45 ha dans lequel le récipiendaire a produit diverses variétés d’arbres locaux. Il a reçu son prix du Président de la République. Quant au récipiendaire du Prix du Président de l’assemblée nationale, il s’appelle Saidou Bawa, un producteur de Kawra N’Deybé de la Commune de Yelou pour son site de 4,41ha de rôniers et de doumiers. Deux espèces à multiples usages pour les populations.

Son prix lui a été remis par le Président de l’Assemblée Nationale. Le prix du Premier ministre est attribué au promoteur privé répondant au nom de Klamadji Nanyanguem de Niamey I. Pour son site de cultures intégrées de 10ha, il a reçu son chèque des mains du ministre d’Etat Mohamed Bazoum. M Agaler Awakass de Sabon Gari Azel de la commune urbaine de Tchirozérine a remporté le prix du Haut-représentant du Président de la République grâce à son site de 5 ha où il fait régénérer naturellement des espèces ligneuses et herbacées pouvant lui fournir le bois de chauffe, le fourrage et le bois de service tout en fertilisant le sol. Il a pris son prix des mains du haut-représentant.

Aussitôt après la remise des différents prix, le Président de la République s’empara d’une pelle et d’un arrosoir pour procéder à la plantation de son arbre, au milieu du rond-point central, juste à l’entrée principale du bâtiment de l’hôpital de référence de Maradi. Les mêmes gestes furent exécutés par le président de l’Assemblée Nationale, le ministre d’Etat au nom du Premier ministre, le Haut-représentant, le ministre de l’Environnement, le Doyen du corps diplomatique ainsi que Son Altesse le Sultan du Damagaram en personne et les sultans du Katsina et du Gobir, à travers leurs représentants respectifs.

Auparavant, l’hôte de la fête nationale de l’arbre édition 2018, le Gouverneur de la région de Maradi, M. Zakari Oumarou, a indiqué que cette cérémonie est un évènement historique que ses administrés attendent avec fébrilité, ferveur, voire impatience, en vue d’accueillir avec enthousiasme le Président de la République. Et cela, explique-il, pour lui témoigner encore et de vive voix leur reconnaissance objective pour les multiples réalisations dont ils sont bénéficiaires. L’Hôpital de référence de Maradi en constitue l’apothéose, a affirmé M. Zakari Oumarou, soulignant que les populations de la région « s’engagent volontiers » à entretenir l’arbre qu’il a planté et ceux que toutes les autres personnalités ont planté dans l’enceinte de ce joyau qu’est l’Hôpital de référence de Maradi.

Evoquant la question spécifique de l’environnement, le Gouverneur a souligné que l’Etat n’a ménagé aucun effort ni moyen pour accompagner les populations à travers des programmes et projets pour faire face aux aléas naturels qui menacent les sols fertiles de cette région. Pour lui, le thème de l’édition 2018, est évocateur à plus d’un titre car, il appelle à la prise de conscience de tout citoyen sur son apport dans la préservation, la protection de l’environnement, de l’écosystème et à la nécessité pour chacun de s’engager et agir résolument pour enrayer la dégradation des terres.

Maradi est une région riche de nombreuses forêts et espaces protégés qui sont hélas soumis aux aléas et aux effets des actions anthropiques a rappelé le gouverneur Zakari Oumarou non sans se réjouir de constater que la population prend de plus en plus conscience et s’investit beaucoup dans les actions de restauration des terres, de ces forêts et autres espaces menacés. Pour illustrer ses propos, le gouverneur a indiqué que plus de 6000 emplois ont été créés pour des actions en faveur de l’environnement dans la région. Il a invité l’ensemble des Maradaouas à reproduire le geste du Président de la République, c’est-à-dire à planter des arbres, chez eux, dans leurs champs, écoles, centres de santé et partout où cela est possible car, comme dit une sagesse africaine « celui qui a planté un arbre n’a pas vécu inutilement ».

Zabeirou Moussa, envoyé spécial(onep)

06 août 2018
Source : http://lesahel.org/

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