Agadez : Les acteurs de la société civile confinés à l’hôtel

Agadez : Les acteurs de la société civile confinés à l’hôtelLes trois acteurs de la société civile, Ali Idrissa, Nouhou Arzika et Moussa Tchangari se sont vus interdits d’accès à la ville d’Agadez, hier en début de matinée à leur descente d’avion à l’aéroport Mano Dayak. Ce désagrément est intervenu alors qu’ils se rendaient dans la Capitale de l’Aïr suite à l’invitation des organisations de la société civile de la région pour y animer une série de conférences publiques sur des thèmes d’intérêt national. Une invitation qui participe également de la poursuite d’une série de rencontres avec les citoyens que ces acteurs ont entamés par les villes de Dosso et Tillabéry.

Cet accueil est sans surprise, car la veille c’est à dire le 28 Aout 2018, le Maire de la Commune Urbaine d’Agadez, président du Conseil de Ville a pris un arrêté interdisant à la société civile d’organiser deux conférences publiques sur le territoire de la commune. Raisons avancées par les autorités de la ville d’Agadez : «le non-respect de la loi N° 2004- 45 du 8 juin 2004 en ses articles 2, 3 et 4 régissant la manifestation sur la voie publique ainsi que de la menace avérée de trouble à l’ordre public par les organisateurs». «Selon le directeur régional de la police et le Maire adjoint de la ville, les autorités régionales ont décidé, à l'issue d'une réunion du conseil régional de sécurité, de nous empêcher d'entrer dans la cité de l'Aïr. Cette décision viserait à assurer la sécurité des acteurs de la société civile face aux menaces proférées par certaines personnes qui estiment que Nouhou Arzika en particulier n'a pas le droit de fouler le sol de leur ville, a fortiori y animer une conférence, à cause des propos qu'il aurait tenus en 2008, au plus fort de la rébellion du MNJ», a expliqué Moussa Tchangari, un des acteurs du Cadre de concertation des organisations de la société civile indépendante (CCAC). Interrogé sur les ondes de la radio Anfani, Ali Idrissa a, pour sa part, estimé que l’argument invoqué par le Maire de la Commune Urbaine d’Agadez est ‘’fallacieux en ce sens que tenir une conférence n’entrave en rien les mouvements des populations au point de déboucher sur des troubles. «Ils sont allés à l’extrême», disait-il avant d’ajouter que « Nous n’avons par un autre agenda que d’animer des conférences ».

Ali Idrissa a exprimé leur intention d’introduire une action en justice contre la décision des autorités municipales d’Agadez d’interdire l’organisation des conférences publiques du 29 et 30 août 2018. Plusieurs heures durant, Ali Idrissa, Nouhou Arzika et Moussa Tchangari étaient confinés dans le salon de l’aéroport Mano Dayak d’Agadez où un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place. Cela parce que, apprend-on, des jeunes de la ville d’Agadez seraient déterminés à régler ses comptes à Nouhou Arzika pour des propos qu'il aurait tenus en 2008, au plus fort de la rébellion du MNJ. L’un dans l’autre, les acteurs de la société civile ont finalement été transférés dans un hôtel de la ville sous escorte sécuritaire et où ils sont interdits de visite. Les lieux sont gardés par les éléments de la police nationale. En rappel, Ali Idrissa, Nouhou Arzika et Moussa Tchangari sont en tête d’arche du mouvement de contestation populaire autour de certaines mesures de la loi de finances 2018 et ce depuis le dernier trimestre de l’année 2017. Depuis lors, la logique de confrontation avec le régime en place a été la règle dans leurs rapports. Ces acteurs ont du reste été mis aux arrêts puis relâchés après y avoir passé quatre (4) mois.

Mahamadou Mourtala
30 août 2018
Source : https://nigerdiaspora.net

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