Présidentielle 2021- Comité de réflexion sur le code électoral et le règlement intérieur du CNDP : L’article 8 du code électoral, le combat de toute la classe politique

CNDP ReunionRéunion du CNDP sur la révision de la loi électorale 2021 est loin, très loin. Un parti politique est un regroupement de citoyens sur la base d’un projet de société. Il vise à conquérir le pouvoir d’Etat pour l’exercer en vue de mettre en œuvre son projet de société, qui s’inscrit en principe dans le cadre de l’intérêt général. Le respect de ces formations politiques s’impose à tous, car ce respect est inscrit dans la Constitution. Qu’un parti politique s’intéresse au code électoral, au fonctionnement de cet outil de prévention et de règlement des conflits politiques qu’est le Conseil national de dialogue politique, pensé et institué par Hama Amadou, est tout à fait normal et ne surprend guère. Par contre la subite création d’un comité chargé de réfléchir sur le code électoral et le règlement intérieur a surpris plus d’un. On se demande quel feu le pouvoir a derrière lui pour mettre en place en catimini ce fameux comité. Un pouvoir qui, à travers ces grandes gueules et ses thuriféraires, narguait les nigériens en général pour lesquels ils n’ont que du mépris, et l’opposition en particulier. Certains pensent à un enfumage de la part d’un pouvoir vomi par le peuple et dont le principal parti qui est le PNDS Tarayya est en putréfaction avancée. Une pure diversion pour détourner les esprits des citoyens ailleurs en attendant que les camarades se règlent les comptes et se concassent. Tout comme chaque fois qu’il y a un évènement de portée nationale dont la responsabilité du gouvernement est engagée, le régime trouve le moyen de créer un faux évènement pour distraire les nigériens. Qu’à cela ne tienne. L’opposition, elle doit savoir ce qu’elle veut. La lutte qu’elle mène est une lutte républicaine. Et relativement aux élections, toute son énergie doit être déployée sur la composition de la CENI, la composition des bureaux de vote, ainsi que les conditions d’éligibilité. Si un parti ou regroupement de partis politiques n’est pas représenté dans des structures comme la CENI et les bureaux de vote, à la manière dont certains partis et hommes politiques sont portés sur le holdup, la fraude électoral et les faux procès-verbaux, autant dire que ce parti renonce à ses ambitions. Or, l’actuelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) ressemble fort bien à une structure de base du PNDS Tarayya. Quant aux bureaux de vote, par une décision prise on sait sur quelle base, le président de la CENI a la latitude de nommer qui il veut dans les bureaux de vote. A votre avis, qui il va nommer ? La réponse est claire. Sur les conditions d’éligibilité, que personne ne se fasse d’illusion. L’article 8 qui a été revu, et taillé sur la personne de Hama Amadou en vue de le rendre inéligible, concerne tous ceux qui peuvent prétendre à un quelconque mandat électif.

Et Dieu sait qu’avec les régimes antidémocratiques que nous avons, tout homme politique peut être pris pour n’importe quelle raison, jeté en prison, jugé et condamné juste un an pour le disqualifier. Donc le combat est citoyen, d’intérêt général, comme chaque fois que le droit est bafoué et méprisé. « Le combat autour de l’article 8, nous ne le faisons pas pour quelqu’un mais pour nous tous. 2021 est loin. Si nous laissons passer cette disposition scélérate, chacun d’entre nous peut être pris et condamné pour un an seulement. C’est un combat de tout homme politique qui a des ambitions pour ce pays. C’est trop facile de penser éliminer ses adversaires politiques de cette manière. Ceux qui sont en haut aujourd’hui descendront demain, tout comme ceux qui sont en bas aujourd’hui, monteront », nous a dit un homme politique de la place. Pour le pouvoir, l’annonce de la participation de l’opposition aux assises du comité est déjà en soi une victoire. Il a sûrement des points de vue à défendre. Mais le pouvoir, lui qui semble l’oublier, doit savoir que le fondement du CNDP est le consensus, et non un vote mécanique. Une seule personne peut avoir raison sur tous. Le PNDS et son minuscule allié ne pesaient rien, et pourtant leurs points de vue étaient pris en compte. En dehors du consensus, point de CNDP. Autrement l’opposition n’y a pas sa place. Elle ne doit pas servir de simple faire-valoir pour le régime des camarades à l’intention de la communauté internationale ou bien pour un probable report, au demeurant anticonstitutionnel des élections pour permettre à quelqu’un de s’incruster au pouvoir. Si ses positions, somme toute défendables, ne sont pas prises en compte, l’opposition claque tout simplement et immédiatement la porte et le fait savoir à la communauté nationale et internationale, à haute et intelligible voie. Elle doit alors ne pas se laisser divertir.

Bisso

20 octobre 2018
Source : Le Courrier

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