Bety’s home : Un terrain miné pour le tout nouveau directeur général

Bety’s home : Un terrain miné pour le tout nouveau directeur général Selon des informations dignes de foi, Le Courrier a appris dans les couloirs du Cabinet du Premier ministre que le tout nouveau directeur général de l’ARCEP, ancêtre de l’ARTP, prêtera serment ce  28 octobre 2018. Une cérémonie qui mettra fin au règne sans partage de madame Bety née Aïchatou Habibou Oumani qui a cumulé, durant une année entière, les fonctions de présidente du Conseil (CNRTP) et de directeur général de l’ARTP. Autant dire juge et partie, une posture délicate qui prête à confusion, exposant éventuellement son bénéficiaire à des répercussions judiciaires graves. C’est le 12 juillet 2018, avec la loi 2018-47, que l’Etat a créé, sur les cendres de l’ARTP, l’ARCEP [Ndlr : Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste]. Une occasion que dame Bety a mise à profit, portant encore les deux casquettes, pour faire les textes selon sa convenance personnelle. Selon une source qui a bien suivi le bras de fer qui a opposé la bonne dame au Premier ministre Brigi Rafini, et qu’elle a fini par remporter, en s’octroyant la mission d’approuver le programme d’audit de l’ARCEP, le CNRCEP, soit dame Bety, tient sous sa coupe le directeur général qui se rendra rapidement compte qu’il a atterri sur un terrain totalement miné. Il a les mains et les pieds liés. Pour agir, il lui faut, sur toute la ligne, la caution de dame Bety. Il ne peut, par exemple, procéder à des achats, passer et signer des marchés, des contrats et des conventions liés au fonctionnement de l’ARCEP qu’après approbation du CNRCEP. Lui, ce qu’on lui demande, c’est d’exécuter. Un bon commis de marché à qui la moindre marge de manœuvre est refusée. Même l’auditeur interne est placé sous l’autorité, non pas du CNRCEP, mais du président du Conseil.

La subtilité est d’importance. n’a pas non plus la possibilité de mettre en place une organisation adéquate de travail suivant les missions qui lui sont dédiées qu’après l’accord du CNRCEP. De même, il lui faut l’approbation préalable du CNRCEP pour pouvoir, éventuellement, exécuter des projets de plans stratégiques, des plans d’action et des programmes budgétaires qu’il aura élaborés. Le panier est loin d’être plein mais il faut souligner qu’il est condamné à soumettre, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, c’est-à-dire pour approbation du CNRCEP et de sa présidente, les projets d’acquisition et d’aliénation d’éléments de patrimoine ainsi que les contrats et les conventions liés au fonctionnement de l’ARCEP. Dame Bety est comblée, car on ne peut trouver loi plus personnalisée et machiavélique. Y at-il, au Niger, un seul directeur général qui n’a pas l’autonomie de gestion et de pilotage ? Selon l’éclairage de notre source, les conseils d’administration tracent les voies et les priorités, mais pas à s’ingérer dans la gestion au point de réduire un directeur général au rang de garçon de course ou tout au mieux de bête de somme.

À quelques jours de la prestation du tout nouveau directeur général, dame Betya non seulement fait adopter un nouvel organigramme à l’ARCEP, mais elle a également procédé à de nouvelles nominations

Le tout nouveau directeur général de l’ARCEP est nommé le 18 septembre 2018. Et alors que les observateurs se sont attendus à voir dame Bety de l’eau dans son vin et abandonner son projet machiavélique de faire de l’ARTP, puis de l’ARCEP, sa maison à elle, la bonne dame a curieusement appuyé sur la pédale de l’accélérateur. Son objectif : créer les conditions optimales pour empêcher à Hachimou Hassane de faire quoi que ce soit sans son aval. Elle a réussi la première étape, avec l’adoption de la loi portant création, organisation et fonctionnement de l’ARCEP. La seconde et dernière étape, elle l’a presque bouclée, pour ne pas dire qu’elle a également gagnée. Pour ferrer davantage le directeur général et le tenir comme on dit, dame Bety a élaboré et fait adopter par le Conseil un nouvel organigramme pour l’ARCEP. Le CNRCEP l’a adopté le 27 septembre 2018, soit moins de dix jours après la nomination de Hachimou Hassane. Selon notre source, il s’agit là d’une violation des attributions, soient-elles laminées et réduites au minimum, du directeur général. Mais dame Bety voit plus loin que ça et n’entend, visiblement, pas laisser la moindre chance au directeur général de prétendre à quoi que ce soit. Le 11 octobre 2018, elle signe une décision portant nomination et affectation des agents de l’ARCEP. Où est l’urgence du moment où un directeur général est nommé et qu’il doit prêter serment le 28 octobre à venir ? Dame Bety cherche manifestement à marquer son territoire comme le font les lionnes. Mais elle cherche surtout à arroser ses fidèles en les imposant au nouveau directeur général. Seul poste laissé pour le moment vacant, selon notre source, celui des moyens généraux serait destiné à un proche parmi les proches. Ces nominations, qui interviennent à quelques jours de la prestation de Hachimou Hassane, constituent une signature. Un message plutôt à l’attention de Hachimou Hassane qui doit immédiatement comprendre ses limites objectives. Il s’agit, face à dame Bety, de se soumettre ou d’être démis de ses fonctions. En attendant la publication officielle dans le bulletin de l’ARCEP des nouvelles recrues suivant le test organisé par le cabinet COSEF qui tarde sortir, des indiscrétions se demandent si ce poste, stratégique à l’ARCEP, ne serait pas dédié à un certain Mahamadou Habibou, cousin de dame Bety et agent du ministère de l’Enseignement secondaire où il a obtenu son intégration à la Fonction publique du temps d’une certaine dame Bety.

Laboukoye  

27 octobre 2018
Source : Le Courrier

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