Crise au sein du MNSD : Les jeux troubles de Seïni Oumarou

mages/Seini-0umarou-Turbulence-2018.jpgLa crise qui secoue actuellement le Mnsd Nassara met de plus en plus en surface le comportement obscur de Seïni Oumarou qui remue ciel et terre pour trouver les voies et moyens d'anéantir toute voix discordante au profil qu'il a adopté après les élections générales de 2016. Ayant décidé d'abattre, par ses propres moyens et démarches qui jurent d'avec les textes du parti, tous ceux qui se mettraient en cause ce qu'il a décidé de faire du parti, Seïni Oumarou a entrepris des manœuvres tendant à mettre en place des structures placées, nous dit-on, sous bonne garde par des lieutenants soigneusement choisis parmi ceux dont le souci essentiel est de rester le plus proche possible de la gamelle. Selon un cadre du parti qui a requis l'anonymat, Seïni Oumarou ne tolè- re pas surtout que l'on veuille critiquer l'option de soutenir Mahamadou Issoufou, décision qu'il a imposée par le fait accompli à la majorité des membres du bureau politique national. Une posture qui, dit-il, ne les surprend guère, le bonhomme étant en réalité allié à Mahamadou Issoufou depuis 2013, année où il se serait rendu, en compagnie de quelques proches choisis, à Ouagadougou, à la rencontre de feu Salif Diallo qui officiait à l'époque comme conseiller du Président Issoufou. Ce serait au cours de ce séjour secret dans la capitale burkinabè qu'un accord d'alliance aurait été signé entre le président du Mnsd et Salif Diallo, représentant Mahamadou Issoufou. Mais, une fois l'accord scellé, le Président Issoufou aurait préféré qu'il reste toujours à l'opposition, arguant qu'il lui serait probablement plus utile là-bas qu'à ses côtés. L'histoire, elle, va se charger, de donner de plus amples détails de ces accords probables. Seïni Oumarou va se trahir. Par deux fois. Une première fois, pendant que le fichier électoral était en cours d'élaboration ; une seconde fois, après la proclamation définitive des résultats électoraux contestés par l'opposition dont il était, jusqu'alors, le chef de file. Pour le premier cas, le président du Mnsd a surpris plus d'un en se déplaçant de plein gré pour aller, dit-il, constater le travail tel qu'il est fait par le Comité du fichier électoral biométrique (CFEB).

Et là, le bonhomme déclare devant les médias que le CEFEB est en train de réaliser un travail de la plus haute qualité. Ce pavé dans la mare, Seïni Oumarou l'a fait alors qu'officiellement, l'opposition rejette le fichier électoral tel qu'il est en train d'être fait. Pour le compte de qui a-t-il fait cette déclaration qui, en même temps qu'elle décrédibilise la position officielle de l'opposition qu'il incarne en tant que chef de file, attribue au CEFEB la plus belle reconnaissance dont il peut rêver. Des doutes ont été émis quant aux véritables desseins servis par Seïni Oumarou, mais ça n'est jamais allé plus loin, l'unité de l'opposition étant une priorité absolue dans les rangs des partis membres de la COPA 2016. Le second cas qui a trahi Seïni Oumarou est dans l'acte, spontané qu'il a posé aussitôt que la Cour constitutionnelle a déclaré les résultats officiels, sans avoir jamais statué sur les recours en annulation introduits par l'opposition. Alors que l'opposition a décidé de ne pas reconnaître les résultats des élections et de boycotter les institutions qui en sont issues, Seïni Oumarou envoie à la Cour constitutionnelle, sans concertation avec les autres leaders de l'opposition, la liste des élus qui doivent siéger au nom de son parti. Effarant, n'est-ce pas ?

A.S 

09 décembre 2018
Source : Le Courrier

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