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Limogeage du Secrétaire général du Pnds du gouvernement : Les vraies raisons de l’éviction de Hassoumi Massoudou

Limogeage du Secrétaire général du Pnds du gouvernement :  Les vraies raisons de l’éviction de Hassoumi MassoudougBeaucoup de choses ont été avancées pour expliquer, voire justifier, le renvoi inattendu de Hassoumi Massoudou du gouvernement. Pour ne pas laisser libre cours à la rumeur et certainement pour orienter l’opinion publique nationale, le gouvernement a été prompt pour laisser fuiter la raison qui l’arrange. Ainsi, dès le lendemain du limogeage de Hassoumi Massoudou, c’est d’abord le correspondant de Rfi au Niger, Moussa Kaka, qui fait un reportage sur l’affaire et explique que l’ancien ministre des Finances a été renvoyé du gouvernement pour cause d’indiscipline au sein de son parti. Et pour faire bonne mesure, l’acte d’indiscipline supposé du Secrétaire général du Pnds est adossé à la déclaration d’intention d’un proche de Hassoumi informant que celui-ci est candidat à l’investiture du Pnds ; ce qui serait une faute inadmissible puisque cela est fait en dehors de toute désignation du Comité exécutif national (Cen), instance suprême qui a jusqu’ici choisi le candidat du parti à l’élection présidentielle.

Or, les observateurs notent que Hassoumi Massoudou n’a pas été curieusement sanctionné par le parti qui s’est pourtant réuni le vendredi 1er février 2019, mais plutôt par le Président Issoufou. Un amalgame ? Ce qui est certain, c’est que Hassoumi Massoudou n’a pas été sanctionné pour une quelconque faute d’indiscipline au sein du parti. Selon une source crédible au sein du Pnds, l’ancien argentier du Niger a été écarté pour des raisons liées à un marché à grands enjeux financiers et partisans. Il y a quelques semaines déjà, une information a circulé dans certains milieux feutrés de Niamey. L’ancien ministre des Finances aurait une mésentente sérieuse avec le Président Issoufou. Selon les confidences de la source, le désaccord qui est né et qui a visiblement pris des proportions inattendues, est lié à la signature, le 29 janvier 2019, d’un contrat avec le groupement du Bureau de Veritas GSIT et SICPA SA pour le marquage des hydrocarbures. Un accord qui, rapportet-on, viserait à contrôler la production de la SORAZ et à sécuriser les recettes issues du secteur pétrolier.

Hassoumi a confié à des proches que son renvoi du gouvernement n’a rien à voir avec son ambition présidentielle

De l’avis d’une autre source, tout autant crédible, Hassoumi Massoudou a confié à des proches que son renvoi du gouvernement n’a rien à voir avec sa candidature à l’investiture du Pnds pour la présidentielle de 2021. Le Président Issoufou, qui entend tout contrôler et régenter à sa manière, n’a pas digéré la propension de son homme de main à se croire patron avant l’heure. S’il a la plus grande estime pour Hassoumi Massoudou, Mahamadou Issoufou ne peut toutefois admettre que ce dernier s’oppose à ses diktats, particulièrement sur des questions auxquelles il est très sensible.Or, l’ancien ministre des Finances a, semble-t-il, agi en solitaire, sans la bénédiction du chef. Qu’y a-t-il derrière ? On l’imagine, ce n’est pas tant le fait d’avoir conduit les négociations et d’avoir porté son choix sur le groupe en question qui est à l’origine de l’infortune de Hassoumi Massoudou. Connaissant les amours entre le Président Issoufou et les milieux d’affaires français, le choix du groupement du Bureau de Veritas GSIT et SICPA SA ne peut susciter le courroux du Président Issoufou au point de décider, par un laconique décret, de se débarrasser de son ministre des Finances et homme de confiance. Hassoumi, qui aurait démenti la raison avancée par certains médias internationaux, n’est pas pourtant en terrain inconnu pour avoir piloté auparavant les sulfureux dossiers de l’uraniumgate et de l’achat de l’avion présidentiel.

Outre le contrat avec le groupement du Bureau de Veritas GSIT et SICPA SA, il y a également sa volonté d’assainir le secteur du pétrole,un peu trouble à son goût.

S’il est limogé du gouvernement, Hassoumi Massoudou n’est pas exclu du Pnds. Et ses soutiens, multiples et puissants, aussi bien politiquement que financièrement, savent autant que l’intéressé, que la raison de son limogeage n’a rien à voir que son ambition présidentielle. Selon les informations dont dispose Le Courier, il a d’ailleurs confié à des soutiens qu’il irait jusqu’au bout de son affaire.

L’affaire Hassoumi a donc des relents malodorants et ne manquera pas d’avoir des répercussions, demain. Un de ses proches, qui a requis l’anonymat, a d’ailleurs précisé au Courrier que, outre le contrat avec le groupement du Bureau de Veritas GSIT et SICPA SA, il y a également sa volonté d’assainir le secteur du pétrole, un peu trouble à son goût. Une affaire sur laquelle règne, sans discontinuer, depuis huit ans, Pierre Foumakoye Gado. Par procuration, souligne-t-on. Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de la signature du contrat, Hassoumi Massoudou a indiqué que « l’industrie pétrolière et gazière mondiale est confrontée à des fraudes de plus en plus sophistiquées, entraînant des pertes de recettes importantes pour les États producteurs du pétrole, en raison de la contrebande, de l’adultération des produits, du vol de pipelines et des abus de subventions ». Des accusations qui pèsent forcément sur ceux qui contrôlent la gestion du pétrole nigérien et Pierre Foumakoye Gado, comme son mentor, ne peut que trop comprendre les allusions de Hassoumi. Venant du ministre des Finances, ces allusions sont très fortes. Hassoumi Massoudou a par ailleurs précisé que « ces activités de commerce illicite, de fraude et d’évasion fiscale constituent une menace importante pour nos économies ». Et pour couronner le tout, l’ancien ministre des Finances, qui, dit-on, est soumis à une obligation de résultats par le Président Issoufou, n’a pas mâché ses mots pour marteler que « le Niger est continuellement soumis à l’adultération et au reversement des produits destinés à l’exportation » et que « ces actions néfastes posent un défi majeur à nos efforts pour une croissance économique durable ». Le mot est lâché et on ne peut être plus direct, plus clair.

Les mesures de contrôle envisagées par Hassoumi Massoudou pour faire gagner davantage d’argent à l’Etat sont inadmissibles et intolérables pour certains lobbys très puissants

Si les coupables, selon les allusions du ministre Hassoumi, sont tout désignés, la mesure qu’il envisage est encore plus redoutable pour ceux qui s’estiment être visés. La technologie de marquage de carburant, qui constitue de manière précise une des voies légales de contrôle de tout le carburant (essence, diesel, kérosène) destiné à la consommation, ne peut que faire grincer des dents au sein des lobbys qui règnent sur le pétrole nigérien. La menace est réelle et il faut agir au plus vite pour arrêter le ministre des Finances dans ses prétentions à faire gagner davantage d’argent à l’État. Selon les explications fournies par l’intéressé dans son discours du 29 janvier, la technologie en question permettra au Niger d’assurer la sécurisation et l’augmentation des recettes fiscales, la protection des consommateurs, la création d’emplois et le renforcement des capacités, le contrôle de la chaîne de valeur avec des statistiques fiables, la protection de l’environnement, le développement de la qualité des carburants et des équipements. Toutes choses que les lobbys ne peuvent admettre de la part du camarade Hassoumi Massoudou. Le Courrier a d’ailleurs appris auprès de ses sources que le marché en question pourrait être annulé dans les tout prochains jours. Tout puissant qu’il est au sein du régime et du Pnds, Hassoumi Massoudou s’est donc attaqué à plus fort que lui et aux intérêts de groupes de pression qui ont l’oreille du Président Issoufou.

Laboukoye

09 février 2019
Source : Le Courrier

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