Cadre de Concertation et d’actions citoyennes : Déclaration de presse

Nouhou Arzika Ali Idrissa Moussa Tchangari 02 03 2019Les organisations de la société civile nigérienne membres du Cadre de concertation et d’action citoyenne, réunies à l’effet d’examiner la situation sociopolitique et économique du pays en ce début de l’année 2019, font la déclaration suivante :

Depuis le 6 Octobre 2018, les organisations membres du Cadre de concertation et d’action citoyenne ont marqué une pause dans l’organisation des journées nationales d’actions citoyennes ; mais, elles sont restées mobilisées et actives sur divers fronts, de Tillabery à Diffa, d’Agadez à Zinder, continuant à dénoncer les dérives du régime en place.

Au cours de ces cinq (5) mois de pause, les Nigériens et les Nigériennes ont certainement pu mesurer combien il est nécessaire de poursuivre les journées d’actions citoyennes partout dans le pays ; car, au cours de ces cinq (5) mois, le régime en place n’a laissé aucun répit à personne, poursuivant inlassablement sa politique répressive et de pillage des ressources du pays.

En novembre 2018, l’assemblée nationale a adopté, les yeux fermés et sans aucun changement, le projet de loi de finances 2019 soumis par le gouvernement. Pour la première fois, aucune organisation de la société civile, pas même la Chambre de commerce, qui est habituée, n’a été entendue par la Commission des finances sur le projet de loi de finances 2019 ; et ce, malgré les demandes et sollicitations introduites par divers acteurs auprès du Président de ladite Commission, le sieur Adamou Namata, qui n’a même pas jugé utile de requérir l’avis de ses collègues parlementaires.

Aujourd’hui, constatant que la situation sociopolitique et économique du pays ne fait que se dégrader au fil des mois, nous, représentants des organisations de la société civile nigérienne regroupées au sein du Cadre de concertation et d’actions citoyennes :

- Attachés, conformément à notre Constitution, aux principes de la démocratie pluraliste et aux droits humains tels que définis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 et la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples de 1981 ;

- Résolus à contribuer à l’édification d’un État de droit garantissant l’exercice des droits collectifs et individuels, la liberté, la justice, la dignité, l’égalité, la sureté et le bien-être comme valeurs fondamentales de notre société ;

- Opposés à tout régime politique fondé sur la dictature, l’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le népotisme, le pouvoir personnel et le culte de la personnalité ;

- Choqués par le maintien en détention de nos camarades Sadat Illia Dan Mallam et de Me Lirwana Abdouramane, et la persécution que subissent nos camarades de Zinder et ailleurs dans le pays ;

- Conscients que seule une mobilisation citoyenne forte sur l’ensemble du territoire national peut arrêter la dérive autocratique et l’arrogance des ténors du régime en place ;

Avons pris la ferme résolution de relancer, à partir du vendredi 15 mars 2019, les journées d’actions citoyennes pour dénoncer vigoureusement :

- L’arbitraire, l’impunité, l’injustice, la corruption, la concussion et le népotisme, qui ont pris une ampleur jamais égalée dans le pays, et sont même en passe d’être érigées en « normes » dans la gestion des affaires publiques à tous les niveaux ;

- Les atteintes aux droits économiques et sociaux des citoyens à travers notamment des mesures de déplacement forcé de populations, l’interdiction et la criminalisation d’activités économiques légales, la confiscation et la destruction sans indemnisation des biens privés, la destruction sans indemnisation des installations commerciales dans les centres urbains, les obstacles et restrictions à la libre circulation des personnes, l’expropriation sans indemnisation préalable, etc. ;

- La dégradation des conditions de vie des populations nigériennes, tant dans les villes que dans les campagnes, en raison de l’extrême vulnérabilité des systèmes de production aux chocs climatiques, de la persistance du chômage de masse, en particulier chez les jeunes et les femmes, de la cherté des denrées de base, de la déliquescence et de la marchandisation des services essentiels ;
-La déliquescence progressive des systèmes d’éducation et de santé, la faible qualité et la marchandisation des prestations, et l’aggravation des difficultés d’accès pour les plus pauvres, qui résultent du faible niveau de financement public ;

- La dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, qui entraine une véritable catastrophe humanitaire, d’énormes pertes en vies humaines dans les rangs des forces de défense et de sécurité, des violations graves des droits humains, une augmentation sans précédent des dépenses militaires et de sécurité, ainsi qu’une présence militaire étrangère accrue portant atteinte à la souveraineté de notre pays.

Par conséquent, nous lançons un appel à la mobilisation générale, partout dans le pays, pour une mémorable journée d’actions citoyennes le vendredi 15 mars prochain, pour exiger la libération immédiate de nos camarades encore détenus et dire Non aux mesures antisociales contenues dans les lois de finances 2018 et 2019, Non à la mal-gouvernance, Non à l’occupation militaire de notre pays.

Tous unis nous vaincrons !

Niamey, 2 mars 2019

 

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