Commission électorale de Me Sounna Issaka : Commission électorale nationale indépendante ou commission électorale administrative ?

hCommission électorale de Me Sounna Issaka : Commission électorale nationale indépendante ou commission électorale administrative ? Selon des sources dignes de foi, la commission électorale de Me Sounna Issaka ne pourrait pas respecter le chronogramme des élections à venir dont les toute premières, les locales, sont prévues pour le 20 janvier 2020. De fait, à dix mois de l’échéance, les choses semblent piétiner. La signature du contrat avec l’opérateur chargé de réaliser le fichier électoral biométrique n’est intervenue que le 21 février 2019, alors que l’objectif attendu dans le cadre des audiences foraines est loin d’être atteint et que la remise des pièces d’état-civil aux citoyens qui en sont dépourvus est loin d’être envisagée.

Un autre marché de production d’actes d’état-civil supplémentaires (registres d’actes de naissance, de mariage et de décès) a d’ailleurs été octroyé à une autre imprimerie de la place. S’agit-il de produire des documents supplémentaires en vue de terminer les audiences foraines ou bien pour faire du doublon ? L’affaire sent le roussi. Ce qui est certain, c’est que Me Sounna et ses collègues n’ont pas pipé un mot de cette affaire. Sont-ils dépassés par ce qu’ils vivent ou sont-ils les maîtres d’ouvrage souverains d’une mise en scène ?

Donnant l’impression d’être empêtrée dans des problèmes financiers de grande ampleur, la commission électorale de Me Sounna a plus que du plomb dans l’aile. Si elle distribue les marchés convenus dans le cadre de la mission dont elle est investie, sous bonne garde d’ailleurs, elle n’avance pas pour autant dans la réalisation de son agenda. Pour preuve, le choix de Gemalto pour la réalisation du fichier électoral biométrique a surpris plus d’un. Selon une source très imprégnée de l’affaire, la proposition financière faite par Gemalto est nettement en deçà du minimum requis pour faire un fichier électoral biométrique digne du nom. Que va alors faire Gemalto ? Ministre de l’Intérieur, président du Pnds Tarayya et candidat à la présidentielle à venir au titre du Pnds, Mohamed Bazoum semble être rassuré par le choix de l’opérateur. Pour l’opposition, c’est un coup de force de plus contre le processus électoral dont le pouvoir en place contrôle désormais l’ensemble des structures et des opérations.

Les sources du Courrier sont formelles : il n’y aura pas d’élections aux dates convenues. Pire, l’équipe de Me Sounna fait pratiquement du pilotage à vue, incapable d’exécuter avec rigueur et professionnalisme, la programmation rigoureuse que requiert la mission. Payés pratiquement à subir un calendrier électoral dont ils ne sont pas maîtres, Me Sounna et ses collègues ne seraient en fin de compte que des faire-valoir. À ce jour, ni la commission électorale de Me Sounna, ni Gemalto, l’opérateur technique, n’a donné aucun délai pour la livraison du fichier électoral biométrique. Ce qui met de l’eau au moulin de ceux qui affirment que Gemalto s’est construit, dans ce domaine, une triste réputation. La question que nombre d’observateurs se posent, au regard des structures de pilotage du processus électoral, est de savoir si la commission électorale de Me Sounna est une commission électorale nationale indépendante (CENI) ou une commission électorale nationale administrative (CENA) sous la coupe du Pnds ?

Laboukoye  

09 mars 2019
Source : Le Courrier

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