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Election présidentielle de 2021 : Pourquoi la candidature de Mohamed Bazoum soulève tant de passions ?

Election présidentielle de 2021 Pourquoi la candidature de Mohamed Bazoum soulève tant de passions ?Bien que Mohamed Bazoum, l’intéressé, le laisse penser et que Mahamadou Issoufou qui l’a imposé le fait croire, les choses ne sont pas encore au beau fixe au sein du Pnds Tarayya. Le congrès extraordinaire du 31 mars 2019, qui a consacré Mohamed Bazoum comme candidat à l’élection présidentielle n’a pas permis, loin s’en faut, d’aplanir les divergences, enore moins de mettre un terme aux soubresauts qui se sont emparés du parti à propos du candidat du parti rose à l’élection présidentielle. La crise est d’autant plus exacerbée que dans l’esprit des militants du Pnds, et même de nombreux Nigériens, le candidat désigné est presque déjà élu. En imposant Mohamed Bazoum comme candidat à la présidentielle prochaine Mahamadou Issoufou est loin d’avoir agi à régler le problème. Il l’a exacerbé, lui donnant désormais des contours insoupçonnés. Si personne, ni aucune instance, au sein du Pnds, n’a encore manifesté son opposition à cette décision, il reste que de fortes rumeurs font état d’actions d’envergure à venir. Hassoumi Massoudou, qui bénéficiait pourtant de la sympathie du plus grand nombre de membres du Comité exécutif national (CEN) et des grands électeurs, c’est-à-dire ceux qui mobilisent, est toujours en proie à des ressentiments. Il vivrait très mal cette situation qui le disgracie à la fois au niveau du gouvernement et du parti. Il sait parfaitement qui est Mohamed Bazoum pour se fier à cette réconciliation de façade qui ne l’a d’ailleurs jamais mis en face du président du parti. Selon des confidences d’une personnalité proche du pouvoir, il est clair que Hassoumi n’a pas dit son dernier mot d’autant qu’il se sait désormais sans aucun avenir au Pnds. Avec certains, il mûrirait un projet qui n’est pas de nature à plaire à Mohamed Bazoum et à son protecteur.

Au sein des alliés politiques, les choses bougent
Mohamed Bazoum est en réalité un choix difficile, très difficile. Il paraît si compliqué que pour la plupart des militants du Pnds, s’ils ne dénient pas à l’intéressé un engagement politique certain, il reste qu’il n’a que le désert derrière lui. La conviction est presque acquise qu’il représente un très mauvais challenge pour le parti. « Avec Bazoum, c’est l’échec assuré », entend-on dire dan les rangs des militants désabusés. Ont-ils accepté tout de même de faire contre mauvaise fortune, bon coeur ? Ce n’est pas sûr. L’état d’esprit dominant au sein du Pnds est que la défaite est d’ores et déjà annoncée. Si les communicants habituels font du boucan pour faire admettre que c’est dans l’unité que le Pnds abordera les prochaines élections, dans les salons et lors des causeries privées, le doute est là, en permanence. Mohamed Bazoum, lui-même, sait que les choses seront très difficiles pour lui. Au sein de la Mrn, le regroupement des partis alliés au Pnds, les choses bougent. Certains se préparent au cataclysme. Le problème est que si Mahamadou Issoufou a réussi à l’imposer aux instances du Pnds sur lesquelles il règne en maître absolu comme il l’a récemment laissé entendre, il ne peut faire autant au Mpr Jamhuriya et au Mnsd Nassara, notamment.

À quoi renvoie le concept de « nationalité d’origine » ?
Au sein de ces partis politiques comme dans les fadas et salons feutrés de Niamey, l’on évoque beaucoup les dispositions de l’article 47 qui pourraient frapper Mohamed Bazoum. D’où, d’ailleurs l’insistance avec laquelle Fogué Aboubacar a demandé à Mahamadou Issoufou si le choix de Bazoum est irrévocable. L’alinéa 3 de cet article dispose que « sont éligibles à la présidence de la République, les Nigériens des deux sexes, de nationalité d’origine, âgés de 35 ans au moins au jour du dépôt du dossier, jouissant de leurs droits civils et politiques ». À quoi renvoie le concept de « nationalité d’origine » ? C’est ça qui fait jaser et le débat mérite d’être posé assez tôt. Nombreuses violations des libertés collectives et individuelles, la seule occasion qui reste au président Issoufou Mahamadou pour redorer son blason de démocrate sali, est l’organisation des élections propres en 2021, sans se soucier de qui va les gagner. S’il fait preuve d’une telle élégance, peut-être que même si c’est un de ses deux plus farouches adversaires (Hama Amadou et Mahamane Ousmane) qui les remporte, rien de mauvaise ne peut lui arriver et la République lui sera reconnaissante.

A.DOUDOU

16 avril 2019
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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