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Après huit ans de gestion kamé-kamé, l’heure des bilans catastrophiques

Après huit ans de gestion kame-kame, l’heure des bilans catastrophiquesVoici trois (3) ans que le président Issoufou Mahamadou mène son deuxième mandat, percevant déjà le bout du tunnel avec sans doute le sentiment que le temps a passé si vite, au point de ne pas s’en rendre compte. Ah, les bonnes chances ! Et l’on ne peut sourire, dans le souvenir des couacs de sa réélection, qu’ «En 2016, le même peuple nigérien [lui ait] renouvelé sa confiance ». Enfin, passons. Depuis qu’ils ont accédé au pouvoir, les socialistes ont habitué les Nigériens aux bilans fastueux, ne pouvant laisser le peuple juger, apprécier, tellement ils aimaient se glorifier d’avoir tout fait et comme hercule, d’avoir déplacé tant de montagnes dans le pays. Le Niger, on aurait cru, serait devenu un eldorado, un paradis terrestre qui ne saurait rien envier au Jardin d’Adam et Eve. Du reste, lors de sa dernière campagne en 2016, le présidant sortant, promettait de faire du pays, un paradis, si les Nigériens lui renouvelaient leur confiance. Et les camarades arboraient les gros chiffres et dans un élan comparatiste, comme historiens, pour se singulariser, ils aimaient aussi confronter les dates et pour ce ils avaient beaucoup surpris : tranchant avec les habitudes, le journaliste contre toute attente, avait eu la hardiesse de poser des questions qu’en d’autres temps, un média d’Etat ne peut oser aborder. Et les Nigériens étaient nombreux à relever le courage de certaines questions qui avaient été posées, même si, le courage des réponses n’y est pas dans bien de cas. Comment peut-on objectivement oser cette comparaison avec des dirigeants qui avaient la charge d’inventer un Etat et de construire une nation sur des espaces où il n’y avait aucune fondation pour leur rendre facile la tâche ? Il n’est alors qu’osé de dire : «Quand on fait le bilan des infrastructures réalisées entre 2011 et 2018, on se rend compte qu’on a réalisé autant que ce qui a été fait dans ce pays en 50 ans, soit de 1960 à 2010». Ce sont les historiens qui écrivent l’Histoire, non les hommes politiques qui la font ! A chacun son rôle donc !

Entre manipulations et esquives…
Le vendredi soir dernier, à deux ans de distance de la fin de son deuxième et dernier mandat, Issoufou Mahamadou, a donné une interview exclusive à la télévision d’Etat pour dresser le bilan de son action à la tête du Niger, depuis huit ans aujourd’hui. Avant d’aller dans ce qui a été dit, il faut d’abord relever la pugnacité de l’interview par laquelle, le journaliste, mettrait en danger sa carrière, car pouvant pour certains audaces, faire face à quelques représailles. Comment ne pas le croire avec des questions comme «Votre 8e année à la tête de l’Etat est marquée par une ébullition sur le plan social, avec notamment ce qu’on appelle les Journées d’actions citoyennes (JAC) et autres contestations de la loi des Finances. Plus récemment les enseignants chercheurs s’insurgent contre la nomination des recteurs et vicerecteurs des universités qui étaient jusqu’ici élus par leurs collègues. Qu’est-ce qui empêche le gouvernement de ramener la sérénité sur le plan social ?», et d’autres encore… Mais, l’on peut comprendre qu’il s’agit d’une interview bien cadrée, puis que le média avait la possibilité de la censure (ou de l’autocensure) étant donné qu’elle ne se passait pas en direct pour se donner le loisir de supprimer des passages qui gêneraient. Dans son intervention, le président a abordé toutes les questions, mais d’abord, comme presque toujours orgueilleusement, son bilan.

Bilan…
Les Nigériens étaient abasourdis d’avoir appris que la Renaissance avait «mobilisé et dépensé 10.000 milliards de francs CFA», dans ce pays qui reste malgré tant d’efforts invisibles, le dernier de la planète. Il est difficile de convaincre les Nigériens de la vérité de cet effort lorsque pendant tout le règne, ils ne connurent que souffrance et deuil, violence et paupérisation. Pendant qu’il se réjouit de sa loi de finances que les Nigériens décrient parce qu’elle ne serait pas élaborée dans le respect de la justice sociale, lui estime que «Ces lois ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie des Nigériens». Comment le croire lorsque par les nouvelles mesures antisociales et impopulaires qui réduisent drastiquement le pouvoir d’achat du Nigérien par le rehaussement des tarifs de l’électricité, de l’eau, de la scolarité, du loyer, du transport et de certains biens de consommation courante, le niveau de vie des populations s’est considérablement rabaissé ? Confond- il le niveau de vie de certains de ses compagnons sortis de leur galère à celui de l’ensemble des autres Nigériens qui tirent encre le diable par la queue ?

L’on ne peut que rester sceptique lorsqu’il affirme alors qu’ils ont « […] dépensé ces ressources pour assurer notre sécurité, consolider les institutions démocratiques et républicaines et réaliser des infrastructures routières, énergétiques, hydrauliques, de communication, etc. ; Ces ressources ont été aussi dépensées pour réussir l’initiative 3N ; promouvoir l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable pour les populations, et créer des emplois pour les jeunes. Voilà les bienfaits des lois des Finances et c’est ça la réalité que certains ne voient pas».Faut-il comprendre que le concassage des partis politiques par le débauchage des acteurs politiques à coup de fric et de nomination, d’impunité et de corruption, avait été un aspect des investissements qui auraient permis de «consolider les institutions démocratiques et républicaines» ? Certes, l’on peut reconnaitre les efforts, mais souvent de manière inéquitable entre les régions, dans la construction de certaines infrastructures, notamment de communication. Il est vrai que les investissements, dans le cadre des fêtes tournantes, mais tout en déplorant des surfacturations dans les programmes d’embellissement des villes, avec souvent des aspects de certains choix qui ne sont pas porteurs, sont à saluer, même si l’ingénieuse idée revenait à la 5ème République. De quoi peut se flatter le régime, lorsque les fonds consentis pour la promotion de l’énergie, avec la construction controversée de la centrale de Gorou Banda, ne peut pas rendre l’électricité accessible pour tous les Nigériens, autant par les tarifs que par les raccordements, l’extension du réseau ? On ne peut non plus pas croire à l’efficacité du programme des 3N lorsqu’après huit ans de mise en oeuvre, le Niger ne peut arrêter d’importer du riz, du maïs, des légumes, de la pomme de terre et que la faim continue à éprouver les populations des campagnes et des villes. Par la perception administrative, l’Initiative est un vaste projet ambitieux, mais dans les faits, elle reste un machin qui n’aura de mérite que de permettre à une camarilla de vivre dans le luxe des véhicules et des bureaux. Et on ne peut pas croire que ‘’Sécheresse ne sera plus synonyme de famine’’ quand on voit tant de mendiants affluer dans les rues, agressant la ville et tant de ruraux désespérés et désoeuvrés prendre d’assaut les villes. Et l’objectif ambitieux de ‘’la faim zéro en 2021'’ ne peut être atteint à un tel horizon ! Comment le croire quand, actuellement les agents de santé – médecins et infirmiers – sont en grève pour demander de meilleures conditions de travail ? Lorsque les médicaments manquent, lorsque la gratuité n’est plus d’actualité notamment pour les enfants d’une certaine tranche d’âge quand même on la chante sur tous les toits, lorsque les patients arrivent et sortent souvent désespérés des centres de santé, comment peut-on croire que «tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles» ?

Il en est de même pour l’école avec un système complètement à la déroute, et une université du sort duquel le régime semble jouer, peut-être par stratégie, lorsque les moyens pour la faire vivre, lui manquent cruellement aujourd’hui. L’on sait par exemple que l’école n’a jamais eu, depuis huit ans, le quart du budget national ainsi que cela avait été promis et l’on ne peut que douter lorsqu’il s’enorgueillit, déplorant la situation de notre école aujourd’hui, « [des] ressources [qu’ils] y investiss [ent]».

C’est pourquoi, alors qu’il crie que «les promesses ont été tenues», un vieux slogan qui laisse tous les Nigériens dubitatifs, pantois et sceptiques par rapport à ce bilan que le régime n’a jamais cessé de ressasser. Dans ce bilan, quelle place laisse-t-il finalement à la cohésion des Nigériens, à l’unité de l’armée, à la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance ? Le bilan est muet sur ces questions. La tactique du silence sur des sujets on ne peut importants, ne cache pourtant pas un pan des échecs du système. L’on peut alors se rassurer que pour autant, il ne faut pas croire que le président ne peut faire montre d’humilité, en tout cas pour une fois lorsqu’il dit : «Mais, ceci étant dit, je n’ai guère la prétention d’avoir réglé tous les problèmes du Niger». Aussi, peut-on croire qu’il a la conscience de la permanence de nombreux autres défis. Mieux, il peut aujourd’hui, presque par un certain mûrissement, reconnaitre que «Du reste, on n’a jamais promis de régler tous les problèmes du Niger. Le processus de construction d’une nation est long. Nous avons posé notre pierre, comme d’autres l’ont fait avant nous, et comme d’autres le feront après nous. A la postérité d’en juger !». Si l’on peut faire un tel jugement, peut-on reconnaitre et décider, par sa seule appréciation, qu’on est le meilleur pour prétendre que ce qu’on a fait, aucun autre ne l’aura fait depuis soixante ans ? Les socialistes humbles !

Il est donc difficile, comme on le voit, de croire à cette croissance de 6% et à la promesse de 7% envisagée pour la prochaine année. Dans les assiettes, cette croissance, ces progrès, ne sont pas perceptibles, comme, du reste, dans la qualité de l’éducation et des soins médicaux ces mutations ne se perçoivent pas.Aussi, quand il dit péremptoirement qu’«Aujourd’hui, l’économie nigérienne fait partie des 10 premières économies les plus dynamiques de l’Afrique au sud du Sahara grâce à ces réformes», comment pouvait-il être possible de le croire quand on mange mal et peu, quand on se soigne mal, quand nos enfants sont mal enseignés. Et pourtant, le Niger reste 187ème sur 187 pays du monde classés par le PNUD ! Et on continue à présenter le pays sous ses meilleurs jours : «La richesse par habitant, nous dit-on, a augmenté et la pauvreté a reculé».

Sans doute chez certains cadres du parti dont on connait les misères qu’ils trainaient avant d’arriver au pouvoir, vivant régulièrement l’humiliation de leurs pannes sèches ?

Veut-il faire croire en disant «que pour le salaire que paie le gouvernement, la masse salariale annuelle est passée de 103 milliards en 2010 à plus de 273 milliards en 2018», comme pour signifier que les salaires ont doublé ? Ce n’est pas vrai et cela n’est que de la manipulation. Les Nigériens, restent lucides. On se rappelle que pour la table-ronde des bailleurs de fonds dans le cadre de la promotion du PDES à Paris, le gouvernement de Brigi étaient si heureux des promesses de milliards annoncés, toutes choses par lesquelles ’ils voyaient tout en rose pour l’avenir du pays, ne pouvant comprendre que la concrétisation de ces promesses dépend autant de la rigueur dans la gestion que la santé de la démocratie, de la vérité de justice dans le pays. Ainsi, n’estce pas l’occasion, à deux ans seulement de la fin de son mandat, pour dire concrètement, ce qui a été encaissé dans le cadre du «Plan de Développement Economique et Social (PDES), qui a d’ailleurs fait l’objet de la Table-ronde de Paris, il y a quelques mois de cela.On reste toujours là, avec les mêmes espoirs, car dit-il, «nous prévoyions de mobiliser 10 milliards de dollars en provenance du secteur privé sur les 23 milliards de dollars espérés». Devons-nous rester plusieurs années après, à appréhender les choses toujours au futur «impossible», ne vivant que de promesses ?

Des crises sociales et politiques…
Comment croire « […] que le gouvernement a toujours privilégié les négociations et le dialogue dans ses relations avec les partenaires sociaux». Peut-on aller le dire aux syndicats enseignants, aux syndicats de la santé, notamment des médecins spécialistes ? Et depuis des semaines au syndicat des enseignants chercheurs ? Non, les Renaissants croient qu’ils sont forts, et jamais, ils n’ont fait preuve de souplesse, croyant qu’en ayant une majorité, ils doivent et peuvent tout imposer aux Nigériens. Dire qu’«il n’y a pas de mesures d’austérité !» à travers la loi de finances, n’est qu’une autre manipulation. Lorsqu’on réduit insidieusement les salaires qui stagnent en jouant sur le pouvoir d’achat qui s’amenuise par de nouvelles charges, n’est-ce pas une manière de réduire les salaires, dont une partie retourne sous forme de taxes diverses à l’Etat ? Quels sont d’ailleurs les « [49 pays que] nous dépassons», alors même qu’on nous dit derniers ! Dernier a dû changer de sens…

Questions politiques…
En écoutant cette vaste et audacieuse question : «Pour aborder maintenant les questions d’ordre politique, vous avez promis, M. Le Président, d’organiser des élections propres et de remettre le flambeau à un président démocratiquement élu. A ce sujet, la CENI a déjà entamé les consultations pour l’enrôlement des Nigériens et la confection du fichier électoral biométrique. Malheureusement, cette institution est en train de travailler en l’absence de l’opposition. Est-ce que dans ces conditions la crédibilité des élections sans l’implication totale de tous les acteurs, de l’opposition notamment, n’entacherait-elle pas la crédibilité du processus électoral?», l’on était en droit d’entendre chez le président qui se prépare à partir, des mesures hardies, pour apaiser un climat politique et social qui ne fait que se dégrader lorsque les acteurs ne peuvent plus se mettre à table pour dialoguer et dissiper les malentendus. La réponse bien pauvre et sèche : «J’encourage la CENI à poursuivre sa mission et j’invite l’opposition à s’impliquer dans le processus électoral» n’est plus qu’une fuite en avant pour simplifier une question pourtant très grave. C’est bien banal pour une question courageuse qui pose un réel problème. Peut-il ignorer que cette CENI divise la classe politique ? Peut-il croire qu’en l’absence de toute garantie, sa seule invitation suffit, pour pousser l’opposition à intégrer le processus ?

Ayant tenu les mêmes promesses en 2016, les acteurs politiques ne peuvent pas s’attendre à mieux, dans les conditions actuelles, même avec cette promesse renouvelée qu’ «Incha Allah, des élections libres, transparentes et inclusives seront organisées en 2021 dans notre pays». De quelle expertise peut disposer la Renaissance en matière électorale, si ce n’est de trafiquer des scrutins ? Il ne faut donc pas rêver par ces seules intentions à tout le moins démagogiques, car de quelle «expertise avérée en matière électorale» dispose la Renaissance si ce n’est la fraude à grande échelle dont elle maîtrise la science.

Questions sécuritaires…
Depuis que les socialistes gouvernent, le pays n’a pas été en paix, faisant continuellement face à des défis sécuritaires jamais connus. Deuil, déplacement des populations civiles du fait de l’insécurité, les attaques meurtrières, les enlèvements de jeunes et de femmes, ont été le lot de ce que des populations qui vivent le sentiment de l’abandon, avaient connus depuis quelques années et on continue à leur dire que le pays est en paix ! Quand on nous dit que « […] la sécurité du pays, durant toute cette période a été assurée, dans un environnement où des organisations terroristes et criminelles font peser des menaces très fortes sur les Etats», l’on ne peut que douter. Lorsqu’on enterre presque chaque semaine, des enfants du pays, et des écoles sont fermées du fait de l’insécurité, peut-on croire sensément que la paix est dans le pays ?

Prétention, démagogie, vanité…
Lorsque, de bout en bout de sa gouvernance, le Guri n’a promu que des contre-valeurs dans le pays dont entre autres, l’injustice sociale et économique, les identitarismes surannés, la concussion, l’impunité, la promotion de la médiocrité, l’affairisme, la persécution, l’on ne peut croire qu’il croit à une valeur qui fonde la nation et la République. Comment est-il d’ailleurs arrivé à se rendre impopulaire si ce n’est pas son inconduite qui frise la turpitude ? Pour le beau discours seulement, peut-on entendre qu’il y a des « […] valeurs qu’il faut promouvoir sur le chemin de la Renaissance culturelle, ainsi que les contre-valeurs qu’il faut combattre ».En vérité, on n’a ni promu des valeurs, ni combattu des contre-valeurs. Où en eston avec la cohésion sociale, avec la rigueur économique, avec la lutte contre la corruption et contre l’impunité ? Peut-il avoir oublié que certains sont en prison, depuis des années, parce qu’opposant, sans qu’ils n’aient droit, même à un procès inéquitable ? Que peut-il faire de «la protection de […] l’unité nationale» si mal en point, depuis que certaines opinions peu combattues d’un côté, ne permettent de renforcer la cohésion sociale ? Même la gestion des partis politiques, dans la logique du concassage, ne peut aider à souder la nation. Il n’y a donc aucune volonté politique de pousser «l’Etat à rendre justice, à lutter contre la corruption, […]». Qu’a-t-on fait de ces affaires de drogues, de détournements qui ont émaillé la gestion des Renaissants, et de tant d’autres scandales ? Ceux-là ont l’immunité du pouvoir.

Pnds, Elections, alternance…
On aura cru que le président n’a que peu de souci pour la crise politique. Il ne montre aucune prédisposition à prendre la mesure de la crise et de tenter de la résorber. Faut-il croire qu’au nom des délais qu’il invoque, il peut se permettre de bâcler et de hâter le processus, ne pouvant avoir de souci pour les risques que de telles imprudences peuvent faire prendre à la cohésion et la stabilité d’un pays ? Pour toute réponse aux inquiétudes légitimes du journaliste qui sont aussi celles de la grande majorité des Nigériens, il n’a que celle-ci : «C’est pour cela que je vous dis que nous avons des contraintes constitutionnelles. Ces contraintes sont là, je dois partir le 2 Avril 2021. Tous les acteurs doivent comprendre cela». Cette précipitation, n’est-elle pas à dessein voulue, pour imposer aux acteurs, le rythme de la montre ? Pourtant, c’est connu : il ne sert à rien de courir, il faut partir à point ! Quand il dit alors : «En tout cas, de mon côté je ferai tout pour qu’il n’ait pas de retard dans l’organisation des élections», faut-il comprendre que même s’il faille bâcler le processus, il ne renoncera pas à la conduite solitaire du processus ?

Et les Nigériens étaient surpris de voir avec quel enthousiasme le président de tous les Nigériens pouvait parler de son parti, le Pnds, comme pour témoigner qu’il ne peut être au-dessus de la mêlée, toujours habité par son Tarayya. Est-ce une question-piège dans laquelle il s’est fait prendre ? Un tact l’aurait poussé à esquiver cette question, pour ne parler que du Niger et de sa démocratie. On aura compris qu’il est au coeur des chamailleries au sein du parti. Personne ne peut croire qu’ « […] il n’y a pas eu de crise au sein du Pnds» et qu’il n’y a pas et il qu’il n’y aura pas « [d’]’unanimité, mieux, [de] 100% [de] structures du parti [qui auraient tranché le débat au sein du parti] sans aucune crise». On ne le dira pas à Hassoumi Massaoudou et à d’autres qui peuvent encore se taire.

Et le journaliste a bien raison, de dire que «certains prédisent une volte-face de [la] part [du président et de demander si] M. Bazoum est définitivement et sincèrement l’unique dauphin du Président Issoufou Mahamadou. D’autres épisodes tout aussi rocambolesques nous attendent sur d’autres épisodes du feuilleton rose. Et personne ne peut croire que cela découle d’une volonté «de moderniser la vie politique au Niger, de détribaliser la politique et les pratiques politiques». Le mot détribaliser, n’est-il pas dangereux dans cet usage ? Il faut attention à la non fiabilité des mots. Hama Amadou : la tension ne baisse pas… En d’autres temps quand des journalistes lui parlent de son adversaire, il n’a même pas l’audace de répéter son nom, et ce dernier, devient chez lui, presque invariablement par la même périphrase, «celui dont vous parlez». La seule avancée finalement, c’est d’avoir accepté une question sur son «meilleur ami». Mais, il ne peut répondre à la question, l’esquivant pour renvoyer son interlocuteur à aller voir la justice, quand, on apprenait, par La Lettre du continent, il y a quelques jours, que c’était lui-même qui demandait à son gouvernement de saisir Interpol. Aucun Nigérien ne croit pas lorsqu’il dit à qui veut l’entendre : «Ecoutez, je crois que vous savez qu’il y a une séparation des pouvoirs au Niger qui est bien réelle». Mais pourquoi, l’immunité de ces députés n’est toujours pas levée ? Pourquoi, le gouvernement ne peut faire la lumière sur toutes ces affaires de drogue ? Pourquoi Kassoum Moctar, par une liberté provisoire, a quitté sa prison, pour être ministre dans son gouvernement ? Pourquoi, tant d’autres, après avoir prévariqué, ont trouvé refuse dans son cabinet, à la suite de nominations ?
Le président a donc parlé. Les Nigériens ont écouté.
Dans le ronronnement des mots proférés, ils sont restés eux-mêmes : capables de discernement. Une démagogie a passé…

Gobandy 
16 avril 2019
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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