Pnds Tarayya : Hassoumi Massoudou refuse de présider la cellule de réflexion pour la conservation du pouvoir pour les trois prochaines décennies

Pnds Tarayya  : Hassoumi Massoudou refuse de présider la cellule de réflexion pour la conservation du pouvoir pour les trois prochaines décennies La situation au sein du Pnds Tarayya ressemble à un long fleuve tranquille. Et pourtant, chaque jour qui passe y apporte son lot de démenti. C’est encore le cas, récemment, lors d’une réunion du Présidium du Pnds qui se serait tenue avec Mahamadou Issoufou. Au cours de cette réunion insolite qui, selon une source interne au Pnds, est l’expression d’une volonté de la part du Président Issoufou de reprendre en main le parti, Hassoumi Massoudou a de nouveau hanté les esprits. Présent à la rencontre, il n’a pipé le moindre mot, sauf pour dégager en touche lorsque, cherchant sans doute à l’impliquer dans la discussion, le Président Issoufou l’a proposé pour conduire une cellule de veille chargée de réfléchir aux voies et moyens à déployer pour que le Pnds règne sur le Niger, au moins, durant trois décennies. Trois décennies, ça fait six mandats consécutifs ! Mathématiquement, le rêve du Président Issoufou, si l’on fait abstraction de son mandat actuel, est que le Pnds conserve encore le pouvoir jusqu’en 2051. Proposé pour diriger ladite cellule, Hassoumi Massoudou a poliment décliné en demandant au Président Issoufou de l’en épargner. Une réponse qui a quelque peu glacé les membres du Présidium qui ont parfaitement compris l’explication d’une telle réponse. Tout autant que la motivation qui la sous-tend. En réalité, Hassoumi Massoudou serait bourré de ressentiments depuis son limogeage du gouvernement. Il se refuserait à tout au sein du parti, se contentant d’écouter et d’observer, sans jamais émettre le moindre avis. Il a particulièrement vécu le congrès d’investiture de Mohamed Bazoum comme une sorte de torture morale infligée à un homme qui est obligé d’assister au mariage de sa fiancée.

Entre Bazoum et Hassoumi, il y a sans doute quelqu’un de trop au Pnds

Physiquement présent, Hassoumi Massoudou est toutefois psychologiquement absent des grandes rencontres du Pnds. Selon un de ses proches, son renvoi du gouvernement, il l’a ressenti également comme disgrâce politique. Que vaut-il après une telle raclée ? Mohamed Bazoum, qui. le connaît indécrottable, sait que ce n’est que la première manche et que c’est désormais l’un ou l’autre. Il ne peut y avoir deux capitaines sur un même bateau. Et entre Bazoum et Hassoumi, il y a sans doute quelqu’un de trop. Le Président Issoufou en est pleinement conscient. Selon une des sources du Courrier, son implication dans le jeu politique au Pnds s’explique par cet enjeu. Pour lui, il s’agit, à cette croisée des chemins du Pnds, de le sauver d’un naufrage inévitable. Il fallait nécessairement neutraliser l’un des deux pour préserver le parti d’une partition inévitable et sacrifier Hassoumi lui a paru le moindre mal.

Des leaders roses de Tahoua étiquetés « Tout sauf Bazoum », exaspérés et déterminés à suivre leur voie, ont entrepris, il y a quelque temps, d’approcher le président du MPR Jamahuriya, Albadé Abouba,

Si l’intervention du Président Issoufou a eu l’avantage d’avoir le clash, elle n’a toutefois permis que d’en repousser l’échéance. Hassoumi Massoudou est toujours, plus gênant que jamais car pesant de sa lourde présence sur la vie du parti. Plus il se s’emmure dans le silence, plus il construit dans l’esprit des militants, particulièrement chez les grands électeurs du Pnds, l’image de l’homme qu’il faut pour représenter le parti rose à l’élection présidentielle prochaine. Le congrès d’investiture, perçu chez le Président Issoufou et de Mohamed Bazoum, comme le moyen d’arrêter la catastrophe n’a fait qu’exacerber les récriminations et la fronde contre un candidat dont ne veulent pas la plupart des militants. Hassoumi Massoudou sait mieux que quiconque qu’il n’a rien d’autre à faire qu’à attendre. Son combat, c’est de regarder faire et il y excelle d’autant que, selon un de ses proches, les choses sérieuses restent à venir. Les affaires pourrissent à vue d’oeil. Selon une source très crédible, des leaders roses de Tahoua étiquetés « Tout sauf Bazoum », exaspérés et déterminés à suivre leur voie, ont entrepris, il y a quelque temps, d’approcher le président du MPR Jamahuriya, Albadé Abouba, afin de le convaincre de se porter candidat à l’élection présidentielle en lui assurant leurs pleins soutiens. L’ont-ils fait dans la volonté d’aller contre le choix du Président Issoufou ? Beaucoup d’observateurs en doutent. D’autres sources dignes de foi indiquent par ailleurs que le président du Pnds et ministre de l’Intérieur lui-même demanderaient à ses proches de ne pas se montrer si enthousiastes, histoire de dire qu’il ne croirait si que ça au soutien sincère et résolu du Président Issoufou.

Le maintien de l’article 8 du code électoral et l’élimination de Hassoumi Massoudou de la course à la candidature du Pnds ont mis de l’eau à la bouche de Seïni Oumarou et d’Ibrahim Yacouba

Cette atmosphère de guerre de tranchées qui règne au Pnds et qui connaîtra nécessairement un épilogue douloureux pour certains, aiguise les appétits chez certains partis politiques, particulièrement leurs leaders qui se voient déjà au palais. Entre autres, l’élimination de Hassoumi Massoudou de la course à la candidature du Pnds a mis de l’eau à la bouche du président du Mnsd Nassara, Seïni Oumarou et de son parti. Ce parti, qui mise beaucoup sur le maintien de l’élimination de Hama Amadou de la course à l’élection présidentielle, se dit qu’il a un coup à jouer face à un Pnds en dégringolade dans les coeurs des Nigériens et un Mohamed Bazoum diminué par la contestation dont il fait l’objet dans les rangs du parti rose. C’est ce qui explique la précipitation avec laquelle le Mnsd Nassara a procédé à l’investiture de son président lors du 9e congrès statutaire tenu à Tahoua. Quoi, donc, de plus normal que le Mnsd revendique, d’une part un code électoral consensuel, d’autre part le respect scrupuleux du calendrier électoral. Outre le Mnsd et Seïni Oumarou, le Mpn Kishin Kassa et son président, Ibrahim Yacouba, se disent également que 2021, c’est pour eux. Ce jeune parti politique, dont le leader est malgré tout soupçonné d’avoir une entente secrète avec le Président Issoufou, se positionne de plus en plus sur l’échiquier politique. Pour Ibrahim Yacouba et son parti, le Pnds est à bout de souffle, éreinté par de très nombreux scandales financiers et une gouvernance des plus scabreuses. Quant au Mnsd et son leader, ils sont actuellement au plus bas dans les coeurs des Nigériens, particulièrement depuis que ce parti s’est associé à une gouvernance qu’il a dénoncé et contesté avec violence, et que Seïni Oumarou a accepté un poste de Haut représentant du chef de l’Etat. Une sorte d’émissaire protocolaire !

Le Pnds Tarayya à la croisée des chemins

Dans ces calculs mesquins, note un observateur, seul le Pnds est perdant. Hassoumi Massoudou est out mais espère une réhabilitation à venir, Mohamed Bazoum reste en selle, mais esseulé, face à des adversaires internes qui guettent chez lui le moindre faux pas sans s’interdire de le provoquer, Mahamadou Issoufou qui semble danser sur une musique incomprise, le parti rose est plus que jamais à la croisée des chemins.

Laboukoye 

28  avril 2019
Source : Le Courrier

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