Atmosphère délétère au sommet du Pnds : Le silence et le désintéressement de Hassoumi Massoudou dérange au plus haut point

Atmosphère délétère au sommet du Pnds : Le silence et le désintéressement de Hassoumi Massoudou dérange au plus haut pointDepuis qu’il a été limogé de son poste de ministre des Finances, Hassoumi Massoudou, le secrétaire général du Pnds Tarayya, semble avoir également pris congé du parti rose. Présent lors des rendez-vous, Hassoumi se fait toutefois absent par son attitude, se complaisant dans un silence assourdissant qui gêne considérablement ses camarades et compagnons du chemin de croix. Et lorsqu’il parle, c’est uniquement, souligne-t-on, pour répondre à une interpellation précise ou réagir à une remarque. S’il a avoué que le linge sale se lave en famille et qu’il a été lavé en famille, c’est certainement pour contenter d’abord tous ceux qui se sont investis à étouffer le feu qui couvait au lendemain de son renvoi du gouvernement. C’est ensuite, sans aucun doute, pour apaiser l’irritation de Mahamadou Issoufou qui ne décolérait pas vis-à-vis de lui. « Il s’agit, confie un de ses proches, de faire le mort en attendant que la tempête passe ». Si telle est la stratégie, Hassoumi le fait assez bien. Il le fait même si bien, sauf que, selon une source crédible, son attitude de désintéressé permanent, d’observateur engagé au sein du Comité exécutif national (CEN) et du Présidium agace de plus en plus le Président Iissoufou et indispose ses camarades, y compris ceux qui étaient prêts à le soutenir pour être le candidat du Pnds à l’élection présidentielle prochaine. À chaque fois qu’ils se rencontrent, l’ancien ministre des Finances, qui était l’alpha et l’oméga des discussions portant sur les stratégies, se confine dans une posture des plus gênantes pour tout le monde. Une attitude que certaines personnes, se fondant sans doute sur l’arrogance presque naturelle de Hassoumi Massoudou, assimilent à du mépris. Cette attitude désobligeante, il l’aurait encore affichée de façon ostentatoire lors d’une récente réunion du présidium au cours de laquelle il aurait carrément décliné, avec la manière, la proposition de Mahamadou Issoufou de piloter une structure de veille devant réfélchir sur les stratégies à mettre en oeuvre pour faire en sorte que le Pnds conserve le pouvoir politique durant les trois prochaines décennies.

L’ancien ministre des Finances, un "fantôme" qui dérange au sein du Pnds

Le cas Hassoumi Massoudou inquiète et angoisse au plus haut point au sein du Pnds. C’est particulièrement le cas dans le cercle restreint de Mohamed Bazoum om l’on continue à voir en l’ancien ministre des Finances un "fantôme" qui dérange…par son silence, mais aussi par son air de « je t’attends au tournant ». De fortes rumeurs prêtent d’ailleurs au camp Hassoumi des velléités de partition, de nombreux ténors étant toujours contre la candidature de Mohamed Bazoum. Le débat sur l’article 47 de la Constitution, qui est évoqué de plus en plus dans de nombreux cercles politiques liés au Pnds, fait le lit de cette conjoncture favorable à l’ancien ministre des Finances qui attendrait fermement son heure. Il n’est pas exclu, renseignet- on, que le débat sur l’article 47 prenne de l’ampleur dans les jours à venir. À tous points de vue, Mohamed Bazoum semble avoir remporté une bataille, mais pas la guerre. Il lui reste à passer les épreuves les plus difficiles, sur un chemin escarpé où attendent pour l’abattre ceux qu’il a pensés avoir anéantis, loin derrière.

Mahamadou Issoufou a-t-il réellement un parti pris pour l’un ou se joue-t-il des deux ?

L’immixtion du Président Issoufou dans le bras de fer Hassoumi-Bazoum est toutefois une sérieuse inconnue. S’il a vraisemblablement rassuré Bazoum en éjectant Hassoumi du gouvernement et en portant son choix, ouvertement, sur le ministre de l’Intérieur pour représenter le Pnds à la prochaine élection présidentielle, il a tout autant rassuré Hassoumi qui a ravalé sa rage et rengainé ses armes. A-t-il réellement un parti pris pour l’un ou se joue-t-il des deux ? Pour le moment, malgré le doute qui les ronge depuis quelque temps, tous les deux semblent pourtant condamnés à attendre. Pendant ce temps, l’angoisse s’accroît, le stress augmente, au grand bonheur de Mahamadou Issoufou qui n’espère pas plus.

Doudou Amadou  

04 mai 2019
Publié le 25 avril 2019
Source : Le Monde d’Aujourd’hui

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