Amères vérités Si « l’ennemi de Hama Amadou, c’est Hama Amadou », l’ennemi du Niger et de son peuple, ce sont ceux qui entretiennent des relations avec des narcotrafiquants, les bailleurs de fonds du terrorisme et du banditisme transfrontalier

Amères vérités Si « l’ennemi de Hama Amadou, c’est Hama Amadou », l’ennemi du Niger et de son peuple, ce sont ceux qui entretiennent des relations avec des narcotrafiquants, les bailleurs de fonds du terrorisme et du banditisme transfrontalierNous sommes dans un Niger surprenant et plein de contradictions où ceux qui volent, détournent, flirtent avec des trafiquants de drogue, violent délibérément les lois lorsqu’ils ne les modifient pas pour réaliser leurs desseins malveillants, croient trouver le mal ailleurs que chez eux. Un Niger où, pour peu que l’on soit étranger à ce qui se passe sous Mahamadou Issoufou et ce que notre pays est devenu, sous le poids considérable des antivaleurs qu’il a suscitées et entretenues, l’on peut commettre la grossière erreur de penser que ceux qui gouvernent actuellement le Niger sont porteurs de vertus. Que le Niger ne pouvait être mieux gouverné alors que ses citoyens plongent de plus en plus dans la misère, sans eau et sans électricité, avec une école qui a perdu son âme et une marchandisation galopante de la santé. Un Niger où ceux qui gouvernent cherchent désespérément les raisons de leurs échecs ailleurs que dans les trafics divers, les dérives autoritaires, les détournements massifs des deniers et biens publics, bref la gouvernance scabreuse pour laquelle ils ont opté dès le départ et qu’ils ont délibérément entretenue par l’impunité offerte à leurs obligés.
C’est dans cet élan de désespoir, de peindre en noir ce qui est plutôt blanc, qu’une campagne de dénigrement de la personne de Hama Amadou, chef de file de l’opposition nigérienne, est entreprise par ceux qui entretiennent des amitiés solides avec des narcotrafiquants dont les activités criminelles constituent la principale source de financement du terrorisme et du banditisme transfrontalier. Un terrorisme qui fauche tant de vies dans notre pays et que les «anges» qui nous gouvernent prétendent combattre. Mon œil !
Cette sordide entreprise de ces chevaliers somme toute bizarres de la lutte contre le terrorisme et le banditisme transfrontalier, est vouée à l’échec, tant les Nigériens ont eu l’opportunité de comprendre que l’on ne peut être ami des narcotrafiquants et être vertueux.
Que l’on ne peut être ami et allié des narcotrafiquants et convaincre de sa bonne foi dans le combat contre le terrorisme.
Que l’on ne peut être ami et allié des narcotrafiquants et prétendre que sa priorité, c’est la sécurité du Niger et de son peuple.
Que l’on ne peut être ami et allié des narcotrafiquants et faire croire que l’on n’a pas de responsabilité dans le massacre des Nigériens par des terroristes.
Si l’ennemi de Hama Amadou, c’est Hama Amadou, l’ennemi du Niger et de son peuple, ce sont ceux qui entretiennent des relations avec des narcotrafiquants, les bailleurs de fonds du terrorisme et du banditisme transfrontalier. Entre les deux, si les Nigériens doivent choisir, il n’y a pas match.


Ce n’est pas Hama Amadou qui entretient des amitiés avec des narcotrafiquants au point de les utiliser comme conseillers, leur offrant le passeport diplomatique et la couverture de l’État pour se livrer à un trafic de drogue qui finance le terrorisme et le banditisme transfrontalier. Or, tout le monde sait le lourd tribut que le peuple nigérien continue de payer à cause de ce lien diabolique entre le trafic de drogue et le terrorisme qu’entretiennent ceux qui gouvernent aujourd’hui le Niger. Des conseillers au Cabinet du Premier, de la présidence de la République et de l’Assemblée nationale épinglés dans des affaires de drogue et/ou entretenant des relations «incestueuses» avec des terroristes, c’est de notoriété publique. Sous quel autre président ou chef d’Etat, à l’exception de Mahamadou Issoufou, le Niger a-t-il connu un tel phénomène ?
Est-ce Hama Amadou, le parrain de la drogue au Niger ?
Est-ce Hama Amadou qui a protégé et couvert ceux qui ont stocké des tonnes de drogue à Niamey ?
Pourquoi les Nigériens sont devenus si hypocrites au point de refuser de voir ce qui est plus que visible ?
L’hypocrisie des Nigériens est telle que ce sont ceux qui ont trahi la mémoire de Mouammar Kadhafi, l’ami généreux, en remettant son fils (qui a trouvé refuge au Niger) à ses bourreaux alors qu’ils ont, pendant quelque temps,
argué qu’ils ne pourraient le faire pour la simple raison que la Libye n’est pas encore un pays de droit, qu’on veut présenter comme porteurs de vertus. Quelles vertus ?
Ce sont ceux qui ont violé toutes les lois du pays, à commencer par la constitution dont le premier à la fouler aux pieds est Mahamadou Issoufou, qui a pourtant juré sur le Saint Coran de la respecter et de la faire respecter, ce sont ceux-là qu’on veut présenter comme des individus attachés à la vertu, au droit et à la République.
Ce sont ceux qui ont détourné des milliards à n’en plus finir et qui ont fait main basse sur des tonnes de riz destinées à des Nigériens en proie à l’insécurité alimentaire, que l’on ose présenter comme des gouvernants justes, bons et crédibles.
Ce sont ceux qui, dans toute l’histoire du Niger, ont emprisonné un nombre inégalé d’opposants, d’acteurs de la société civile et de journalistes, utilisant des juges de service pour régler des comptes politiques, que l’on prétend être soucieux de justice et de libertés.
Ce sont ceux qui ont perpétré un hold-up électoral, qui ont a sans cesse ajourné des élections locales, convaincus que leur pouvoir n’est assis sur aucune légitimité populaire, que l’on ose présenter comme étant des démocrates et que, les prédateurs de la démocratie, il faut les chercher ailleurs.
Ce sont ceux qui sont trempés dans des scandales financiers d’envergure internationale, assimilant, par leurs actes, notre pays à un Etat-voyou, qui se gargarisent d’être sérieux et porteurs d’idéal pour le Niger.
Si Hama Amadou est loin d’être un ange qui est exempt de reproches, il reste que ceux qui le brocardent ainsi sont les pires gouvernants que le Niger ait connus. À tous points de vue.
Le Niger sous Mahamadou Issoufou a ceci de répugnant que l’hypocrisie et la malhonnêteté ont tellement rongé les cœurs de beaucoup de nos compatriotes qu’ils ne trouvent aucune gêne à prétendre que ceux qui servent de parapluies à des trafiquants de drogue, alliés objectifs et confirmés des terroristes, qui détournent des aides alimentaires à leurs profits, sont meilleurs que les autres.
Aller à la Mecque, offrir, sur le dos du contribuable, des iftars collectifs, ne rendent pas un homme bon. La bonté est dans le cœur, ce n’est pas du maquillage que l’on fait dans des circonstances précises pour paraître ce que l’on est loin d’être. Dieu, lui, reconnait les siens et il nous a donné des indications précises sur ceux-là. Ce sont ceux qui autorisent le convenable, interdisent le blâmable et concourent aux bonnes œuvres.
Dire que le Niger actuel est truffé d’hypocrites, c’est peu dire. Remarquez que c’est bien cette gouvernance que prient et louent des exégètes musulmans, payés par mois sur le dos du contribuable nigérien dont ils ont pourtant connaissance des misères vécues, autant dans les conditions de vie qui se dégradent, qu’en matière de droits humains et politiques. Mais comme l’on ne sent pas les odeurs de ses propres aisselles, ils font des prêches sur les principes de la vie qu’ils sont les premiers à transgresser. Ils acceptent de conduire des prières pour que vive et survive cette gouvernance qui tend pourtant à tout enlever aux citoyens mais qui leur fournit, eux, les moyens de se payer cette eau qui devient de plus en plus rare et chère, cette électricité devenue un luxe.
Manger et bien manger, s’offrir la voiture que l’on veut, construire une maison qui se distingue des autres, y compris avec de l’argent s ale, semble être le leitmotiv chez des juges et policiers qui ont pourtant fait le serment de ne jamais s’écarter de la voie du juste. Pour gagner de l’argent à tout prix et amasser la fortune pour laquelle ils ont dédié leur vie, ils sont prêts à jouer aux partisans zélés, en violant les lois qui font leur pouvoir. Lorsque le policier se détourne du trafiquant de drogue pour se défausser sur l’honnête citoyen à cause de ses opinions et que le juge feint de faire son boulot en le jetant en prison, il n’y a pas de doute, nous sommes dans une société pourrie, en pleine décadence. Mais, de grâce, que ceux qui l’ont pourrie arrêtent de nous empester davantage l’atmosphère.

BONKANO

09 juin 2019
Source : Le Canard en Furie

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