Élection du Niger au Conseil de sécurité de l’ONU : De quelle offensive diplomatique parle les Guristes ?

 Le vendredi 07 juin dernier, le Niger a été élu comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Depuis lors, les tenants du pouvoir sont entrés dans une campagne tendant à montrer qu’ils viennent de réaliser un exploit diplomatique.

C’est en compagnie de quatre autres pays que le Niger a été élu au Conseil de sécurité de l’Onu, en tant que membre non permanent. Il s’agit de la Tunisie, du Vietnam, de l’Estonie et de Saint-Vincent-les-Grenadines. Ces cinq nouveaux membres du Conseil commenceront à siéger à partir du 1er janvier 2020. On constate donc que même du côté de l’Afrique, le Niger n’est pas le seul à être élu au Conseil de sécurité. Il y a aussi la Tunisie. Selon ceux des personnes averties des questions onusiennes, l’entrée d’un pays au Conseil de sécurité, en tant que membre non permanent, ne nécessite pas d’efforts particuliers en matière de diplomatie. C’est une question qui se règle au niveau des organisations continentales, dont l’Union africaine (UA) pour l’Afrique, où les choix des pays se font presque de manière rotative. Ces personnes rappellent d’ailleurs que le Niger a déjà été membre non permanent du même Conseil de sécurité de l’ONU en début des années 1980 et que depuis cette période, d’autres pays du continent lui ont succédé de manière rotative. Mieux, selon toujours les personnes averties des questions onusiennes, le fait d’être membre non permanent du Conseil de sécurité ne donne aucun avantage particulier à un pays, dans la mesure ce sont les cinq membres permanents qui ont toujours le dernier mot dans la prise de décision, grâce à leur droit de véto. C’est pourquoi, précisent les mêmes personnes, chaque fois qu’il y a vote d’une résolution au sein du Conseil, on ne parle que des membres permanents dont les votes ont toujours un impact. Il est vrai que c’est toujours important pour un pays d’entendre son nom dans des grands foras internationaux. Mais, la lecture que les Guristes au pouvoir veulent faire de l’élection du Niger au Conseil de sécurité de l’ONU semble quelque peu disproportionnée. On comprend que face aux mille et un défis auxquels ils font actuellement face, les tenants du pouvoir sautent sur la moindre occasion de ce genre pour tenter d’occuper les Nigériens, dans l’espoir de les faire oublier certains problèmes. Cependant, il faut aussi éviter de créer des faux espoirs dans une situation qu’on sait soi-même pas véritablement porteuse des dividendes substantiels pour le pays.

Quand le Président Issoufou Mahamadou avait été désigné président en exercice de la conférence des Chefs d’Etat des pays du G5 Sahel, les tenants du pouvoir avaient organisé une tonitruante campagne visant à démontrer aux Nigériens que leur pays venait d’obtenir une distinction des plus prestigieuses et qu’il allait s’en servir pour mobiliser d’importantes ressources pour la lutte contre le terrorisme. Finalement, le Président Issoufou Mahamadou a fini son mandat marqué beaucoup plus par ses déplacements à l’étranger que par des retombées importantes pour le Niger. On a assisté à un scénario similaire quand le même Président Issoufou Mahamadou a été désigné «champion » de l’Union africaine pour la Zone de libreéchange continentale (Zlec). Là encore et contrairement aux idées vendues aux citoyens, le Niger n’a pas grand ’chose à gagner, à part les glorioles que peut avoir tirées son président, surtout qu’il ne dispose pas d’assez de produits à échanger sur le marché continental.

Salifou Hamidou 

19 juin 2019
Source: Le Canard en Furie

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