La Renaissance : Un régime mafieux qui a ruiné le Niger

RImage d'illustrationAprès plus de huit ans à la tête du pays, ce que les Nigériens ont retenu de la gouvernance des camarades socialistes, au-delà de leur incompétence notoire avérée, c'est que le régime est simplement, et particulièrement, mafieux. Les discours officiels, au fond mensongers, faits de langue mielleuse, et d'apparence progressiste, ne sont que des pièges " à la con " pour faire mordre les Nigériens à l'hameçon de la bonne foi et du sérieux. Au fond, c'est la prévalence de l'intérêt clanique et personnel de ceux-là qui, hier encore, se faisaient passer pour des démocrates et républicains de pur-sang. Pendant que l'un rugissait sa haine et son mépris vis-à-vis des Nigériens, les seconds couteaux haranguaient les militants acquis à leur cause dans une rhétorique, au fond, oiseuse et stérile. Aucun discours de vérité, de sincérité, encore moins de conviction. Ces hommes qui se disaient jadis " à conviction " se sont montrés au grand jour en " hommes à argent ". À l'instar du système de Mobutu, le seul lien véritable entre ceux qui nous dirigent aujourd'hui est : l'argent, l'argent, encre l'argent. On se rend à l'évidence que la Renaissance, dans sa version la plus hideuse, qui est le Gurisme, est tout simplement un groupe d'intérêts privés dont les membres se sont accaparés du pouvoir d'Etat afin de l'utiliser uniquement dans le sens de leur réalisation personnelle. La Renaissance se révèle être en fait la marque de la réalisation de fantasmes longtemps refoulés. Le régime des camarades, uniquement mus par l'accumulation primitive du capital et tout ce qui peut le générer, hier dénonciateurs de scandales réels ou imaginés, s'est très vite empêtré dans les affaires et les scandales politico financiers dans lesquels, à chaque fois, de très proches du chef de l'Etat sont impliqués nommément. Et toutes ces affaires ont pour dénominateur commun l'argent et sa recherche effrénée. Il est apparu, même chemin, faisant des " Jérôme Kerviel " nigériens, aux doigts de fée, qui peuvent faire gagner (gratuitement ?) de l'argent à la soaciété Guri, sont vite apparus. C'est ainsi que, très vite conscients de leur incapacité à réaliser le programme sur la base de laquelle ils disent avoir été élus, et réaliser l'intérêt général des Nigériens, les camarades se sont rabattus, comme si c'était cela leur programme initial caché, à l'enrichissement personnel.

L'essentiel pour eux, ce n'est pas le Niger ; l'essentiel pour eux, c'est de s'enrichir à tout prix

L'essentiel est de palper, palper beaucoup. Mais comme un fantasme par définition ne se réalise pas, ils ne peuvent désormais s'arrêter, et en veulent chaque jour un peu plus. Des projets structurants furent imaginés, mais en plus d'être mal ficelés, ce qui intéresse ici ce sont les rétro commissions, et le bénéfice des surfacturations. Il est ainsi du rail de Bolloré, qui un véritable crime économique, et des routes comme l'échangeur du rond-point Kennedy et du Toboggan sur le boulevard Mali Béro. Ces routes dites échangeurs n'ont d'échangeur que le nom, car elles n'échangent rien. Tous les usagers de ces voies l'ont remarqué au demeurant. Les affaires ont également prospéré dans les prêts irréguliers et frauduleux, notamment d'Eximbank de Chine et du Congo du vieux camarade Dénis. Un prêt de 1000 milliards FCFA ramenés à 500 milliards FCFA et 50 milliards FCFA dont les 25 milliards (la moitié, dit le ministre Gilles Baillet) sont placés dans un compte bancaire alors même que ce prêt de camarade à camarade pour service rendu n'était pas inscrit au budget national. Les Nigériens se demandent encore aujourd'hui l'usage que les camarades ont fait du prêt Eximbank qu'ils vont payer au prix fort. Et pourtant, on leur demande de la boucler et d'aller voir ailleurs. Comment est-ce possible ? La question se pose quand on sait que ce ne sont pas Mahamadou Issoufou et ses petits camarades qui vont rembourser ce prêt vertigineux de leur poche, mais bien le peuple nigérien.

Des scandales à la pelle

Les multiples affaires ARTP, l'achat de l'avion du camarade président dont le seul hangar serait facturé à sept (7) milliards FCFA, la remise des devises saisies par les braves douaniers, sont autant d'exemples qui prouvent si besoin est que les marxistes léninistes, admirateurs de Staline, qui nous gouvernent ont un goût prononcé pour l'argent. La Renaissance est également citée, par de journaux internationaux et certains milieux dignes de la camorra, notamment les réseaux de trafiquants de drogue, d'armes et de devises. Ce n'est pas étonnant que par un claquement des doigts, " Jérôme Kerviel " fait gagner au Niger, selon ses dires, 800 millions FCFA cadeau.

Les milliards pour eux, le mépris pour le peuple

Toutes ces affaires qui font perdre au Niger sa souveraineté et ternissent son image sont guidées par des intérêts de clans. Car aujourd'hui, la Renaissance, ce n'est pas un clan, mais des clans qui se livrent à une guerre de tranchées, féroce et impitoyable, pour le contrôle des leviers économiques. L'affaire Africard, où encore une fois, les intérêts stratégiques ont été bafoués, est l'illustration parfaite de cette guerre de clans entre les guristes, sous le regard médusé des militants sérieux et convaincus, exclus du système. Pire, aux dépens de l'intérêt national. Et aux légitimes interpellations, interrogations et inquiétudes des Nigériens, les marxistes léninistes, devenus de véritables bourgeois compradores, achetant à tour de bras, des maisons à coût de centaines de millions, construisant autant, répondent par le mépris, la condescendance et une morgue, sans commune mesure.

Bisso  

23 juin 2019
Source : Le Courrier

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