Journée internationale de lutte contre l’abus des substances illicites et des drogues : Le trafic et l’usage illicite des drogues mettent en péril les droits Humains, selon le ministre de la Justice

En 1987, l’Assemblée générale des Nations Unies instituait la journée internationale de lutte contre l’abus des substances illicites et des drogues. L’institutionnalisation de cette journée trouve sa justification dans la préoccupation qu’avait la communauté internationale sur le phénomène grandissant de la consommation des substances psychotropes et leur commercialisation avec tous leurs corollaires de crimes. Ce 26 juin 2019, le Niger se joint à la communauté internationale pour observer cette journée dédiée à la lutte contre la drogue portant sur le thème « Ecoutez d’abord ». Occasion pour le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M Marou Amadou de livrer le traditionnel message dans lequel il a réitéré l’engagement du gouvernement à renforcer la lutte contre la consommation et le trafic des drogues.

Pour les Nations Unies qui ont institué la journée, l’abus des substances illicites et les drogues était un sujet de grande préoccupation au regard des dégâts causés par les drogues au sein des populations avec des répercutions sur la paix, la sécurité et même le développement. Justifiant la décision des Nations Unies, le ministre a indiqué que la journée s’inscrit dans le combat de l’humanité contre le fléau que constituent les substances illicites et les drogues, afin de les contrôler et de maitriser leur effet néfaste sur la santé physique et mentale du consommateur. Elle vise aussi à mobiliser les populations face à la drogue, à encourager les jeunes à penser d’abord à leur santé en vue d’abandonner sa consommation, étant donné que les adolescents et les jeunes adultes constituent la majeure partie des consommateurs.

Soulignant que les personnes qui se droguent sont souvent mal informées des risques auxquels elles s’exposent, le ministre Marou Amadou a indiqué que la journée participe également à la sensibilisation du public sur la protection des droits de l’Homme et offre l’occasion aux Etats et autres acteurs pour promouvoir des actions nationales et internationales en vue de susciter l’intérêt nécessaire en faveur du combat mené dans ce cadre. L’édition 2019, comme les précédentes, entend mettre l’accent sur la prévention de l’usage des drogues dont les graves répercussions sur le système nerveux, l’activité mentale du consommateur sont pourtant évitables et traitables. Le ministre de la Justice a relevé que les drogues illégales ont des effets physiques immédiats pouvant compromettre gravement la justice sociale chez les jeunes particulièrement. C’est cette conviction qui a amené les Nations Unies à retenir le thème « la justice pour la santé, la santé pour la justice » pour la campagne 2018-2019 et cela pour souligner que la Justice et la santé sont indissociables lorsqu’il est question des problèmes de drogues.

« Outre les effets sur les consommateurs, les drogues alimentent la criminalité et l’insécurité, entravant de facto le développement économique des pays », a dit le ministre de la Justice, Garde des Sceaux tout en soulignant que le trafic et l’usage   illicites des drogues « mettent en péril les droits humains et font courir des risques considérables à la santé publique ». En effet, l’usage illicite des drogues brise les familles, compromet la vie des milliers de personnes et est responsable de la mort de plus de 200 000 personnes chaque année en plus du fait qu’il contribue à la propagation du VIH et de l’insécurité. Le Niger est un pays non producteur mais il est devenu un grand espace de transit où d’importantes quantités de drogues sont régulièrement saisies par les Force de Défense et de Sécurité. Les saisies des drogues et autres substances psychotropes opérées par l’Office central de répression de trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) sont de plus en plus en nette hausse comparativement aux années précédentes. Les stupéfiants saisis en 2018 sont essentiellement la résine de cannabis avec 2.535.414,8 g contre 541.905 g en 2017 ; la cocaïne 5786g contre 4418 en 2017 ; le tramadol 16.764.956 comprimés contre 7.337.160 en 2017 et le diazépam avec une saisie de 4.701.807 comprimés contre 1.633.931 en 2017.

Toutes ces saisies, d’une valeur marchande de près de 13 milliards F CFA, démontrent clairement que le Niger est encore une voie de transit malgré le dispositif institutionnel et répressif mis en place. Le ministre de la Justice a déploré la forte tendance à la consommation locale des drogues comme le tramadol tout en soulignant la jeunesse est concernée par ce trafic. En effet, il a relevé que les jeunes de 18 à 39 ans représentent 70% des personnes interpellées. Le ministre Marou Amadou a salué le travail des forces de défense et de sécurité tout en indiquant que les dispositions prises par le gouvernement et l’engagement des tous les acteurs ont eu un impact considérable sur l’usage des drogues au Niger.

Zaberou Moussa(onep)

 

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