Le Mnsd dans la tourmente : Dans l’incertitude, des milliers de militants font défection

mnsdDepuis quelque temps, des informations persistantes et concordantes en provenance de l’intérieur du pays font état d’une forte saignée dans les rangs du Mnsd nassara où les militants, par vagues importantes, quittent pour rejoindre d’autres partis politiques. Dans la région de Tahoua, en particulier, véritable bastion du parti il y a quelques années, les défections sont nombreuses au profit, notamment du Moden Fa Lumana Africa de Hama Amadou et du Mpn Kshin Kassa d’Ibrahim Yacouba. Les militants s’éparpillent, déroutés par la situation inédite dans laquelle s’est retrouvé le parti de Seïni Oumarou au lendemain de son 9e congrès statutaire, tenu dans la capitale de l’Ader, le 23 mars 2019. Si ce congrès a bien enregistré les velléités des dirigeants du Mnsd de ne pas accepter un code électoral consensuel et le non-respect du calendrier électoral — velléités vite étouffées puisque le parti a bel et bien voté l’adoption de ce code à l’Assemblée nationale — le Mnsd nassara est toutefois sorti de ce conclave sans bureau politique. Aussi curieux que cela puisse paraître, il n’y a pas de renouvellement du bureau politique national à Tahoua. Même le poste de secrétaire général du parti n’a pas été pourvu, le congrès n’ayant pas voulu départager par le vote, à défaut d’un consensus, les deux prétendants au poste. Abdoulkadri Tidjani et Moussa Doutchi qui aspire à le remplacer, se sont vus renvoyer dos à dos. Le congrès leur a demandé de s’entendre sous trois mois ou de se faire départager par les structures départementales de Maradi.

Aujourd’hui, encore, le Mnsd nassara est secrétaire général et sans bureau politique. Seïni Oumarou, qui s’est visiblement accommodé de cette situation insolite qui détruit le parti à petit feu, ne semble guère pressé d’y remédier.

Il y a une dizaine de jours, Sur les réseaux sociaux, Brah Tanja, le jeune frère de l’ancien président et figure de proue du Mnsd, a publié un message qu’il dit adresser à tous les militants de ce parti. Dans ce message, Brah Tanja en appelle au sursaut de tous les militants pour sauver le parti qui, selon lui, serait pris en otage par un groupuscule de personnes. Seïni Oumarou et quelques uns de ses proches collaborateurs sont ainsi accusés d’avoir pris le parti en otage. La volte-face du parti par rapport à la position dégagée lors du 9e congrès à propos du code électoral et du calendrier électoral a davantage déboussolé les militants qui, dans l’incertitude du lendemain, vont voir ailleurs.

Laboukoye

20 juillet 2019
Source : Le Courrier

 

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