Présidentielle 2021 / Bazoum Mohamed : des épines dans les pieds ?

Présidentielle 2021/Bazoum Mohamed : des épines dans les pieds? N’est pas présidentiable qui veut. En démocratie, exercer la fonction suprême est un honneur qui n’est pas à la portée du premier venu. Au Niger, dans la perspective de la présidentielle de 2021, quelques noms de probables candidats sont déjà connus. Mais tous répondent- ils parfaitement aux critères définis par les textes en la matière ? Fort de l’appareil et des moyens de l’État, le candidat du parti au pouvoir dispose de ce fait d’une longueur d’avance sur les autres prétendants au trône. C’est connu de tous, Bazoum Mohamed a déjà amorcé sa précampagne dans une totale ambiguïté. En effet, on ne sait pas s’il s’agit du ministre de l’Intérieur ou du champion du PNDS-Tarayya qui a récemment sillonné la région de Zinder, tant les éléments de la Police et de la Garde nationales ont été exagérément mobilisés pour la circonstance. Mais, comme le dit l’adage : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Autrement dit, la précipitation n’est pas forcement gage de succès. Il reste encore du temps jusqu’à la présidentielle, et des évènements inattendus peuvent sérieusement handicaper les chances de quelques candidats. Justement, la loi fondamentale et le code électoral de notre pays ont pris le soin de définir les conditions à remplir pour espérer figurer parmi les candidats au fauteuil suprême. Ainsi, en son article 47, la Constitution du 25 novembre 2010 dit en substance : « Sont éligibles à la Présidence de la République, les Nigériens des deux (2) sexes, de nationalité d’origine, âgés de trente- cinq (35) ans au moins au jour du dépôt du dossier, jouissant de leurs droits civils et politiques. » À ce propos, l’on se souvient de la vive polémique suscitée par cette disposition constitutionnelle qui disqualifierait Bazoum Mohamed selon certains. Le débat s’est quelque peu calmé. Pour autant, les nuages demeurent sur la tête du candidat du PNDS-Tarayya. C’est sûr, au moment opportun, la controverse reviendra en force, ce qui pourrait grandement fragiliser le dauphin du président de la République. La notion de nationalité d’origine a mis fin aux ambitions de plus d’un homme politique à travers le continent et même le monde. Le champion désigné du PNDSTarayya saura-t-il vaincre ce signe indien ? D’autre part, en sa qualité de ministre de l’Intérieur, Bazoum Mohamed a eu à gérer pas mal de dossiers délicats, des affaires potentiellement explosives. Rappelezvous, au mois de juin 2018, quelque trois (3) tonnes de résine de cannabis ont été saisies par la police nigérienne au quartier Niamey 2000. Les sources officielles ont présenté cette opération comme étant le fruit de huit (8) semaines de surveillance. À en croire le ministre de l’intérieur, Bazoum Mohamed : «Cette prise de 3 tonnes peut s’évaluer à 3 milliards FCFA, à peu près 4 millions 750 000 d’euros », et de poursuivre : « C’était au mois d’avril que nous avons eu le renseignement. Ce sont au total douze personnes de nationalité nigérienne, malienne, algérienne et marocaine, qui ont été arrêtées.» Après quoi, une cérémonie de crémation de la marchandise prohibée a été organisée. Sauf que cette démarche et les explications officielles n’ont pas totalement convaincu les Nigériens. Pour nombre de citoyens, cette affaire garde toujours ses zones d’ombres, ses non-dits. Bref, la lumière est loin d’être faite sur toute la ligne.

D’aucuns soupçonnent des interconnexions probables entre les narcotrafiquants et des personnalités au sommet de la pyramide étatique. Du reste, maintes fois, la presse internationale établissait des liens directs entre des narcotrafiquants notoires et des pontes du régime en place. Pour l’instant, chacun y va de ses interrogations, de ses soupçons, de ses doutes. Et selon les observateurs, ce dossier risquerait de rejaillir à un moment ou à un autre. Si d’aventure, cette éventualité venait à se produire, ne serait-elle pas préjudiciable à la candidature de Bazoum Mohamed, voire à son cheminement politique de façon générale ? Ou bien la connaissance de ce dossier sulfureux serait-elle son atout majeur ?

Alpha 

06 octobre 2019
Source : Le Courrier

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