Conférences internationales sur la paix et dialogue politique au Niger : Le dialogue qu’il prêche ailleurs, Issoufou Mahamadou le refuse chez lui

Le président de la République, Issoufou Mahamadou, est un bien curieux chef d’Etat. Il se promène de conférence en conférence sur la paix et la stabilité, raflant même des trophées, paraît-il, même il ne s’attache nullement à désamorcer la crise, latente, dans son pays. Il se perd ainsi en discours, en interviews, sur des questions pratiques qui ne demandent pas tant de paroles, mais d’actes. Feu Félix Houphouët Boigny, l’ancien président ivoirien, a dit, rappellet- on assez souvent, que la paix, ce n’est pas un mot, c’est un comportement.

Or, Issoufou Mahamadou s’est constitué une belle image d’homme de paix et démocrate, image solidement préservée et promue par des médias qu’on penserait payés pour y veiller, alors que dans son pays, les perspectives politiques, sur fond de processus électoral contesté, exige de lui plus de temps, d’attention et de responsabilité. C’est en substance ce à quoi le Président Mahamane Ousmane, ancien président de la République et président du parti Rassemblement pour la démocratie et la République RDR-Tchandji, lui a demandé de se consacrer. À l’occasion du 3e anniversaire de son parti, commémoré à Dosso , le samedi 7 décembre 2019, Mahamane Ousmane l’a interpellé, à nouveau, sur sa responsabilité exclusive dans la prévalence de la situation politique délétère que connaît le Niger et l’aboutissement du dialogue annoncé, mais visiblement avorté. Le Président Ousmane, qui déclare l’interpeller « par devoir citoyen, par obligation et responsabilité politique et sociale, par leçons d’expériences vécues et devoir de partage, par conviction pour acquit de conscience », souligne qu’il est de « ceux qui pensent qu’il vaut mieux prévenir que guérir et le faire à temps ». Le Président Issoufou va-t-il écouter, entendre et comprendre ce message ? Hier, la radio nationale a annoncé qu’il se rendait à Assouan, en Egypte où il prendrait part à une conférence sur la paix durable. Chez lui, le dialogue politique peine à voir le jour, et nombre d’observateurs indiquent qu’il est déjà oublié du côté du pouvoir. Le Président Issoufou, il faut le rappeler, a refusé d’apporter sa caution à la tenue de ce dialogue, comme l’ont demandé les fronts de l’opposition.

Laboukoye

15 décembre 2019
Source : Le Courrier

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