Quand le ministre d’Etat à l’intérieur tient une réunion politique en plein deuil national

Quand le ministre d’Etat à l’intérieur tient une réunion politique en plein deuil national Pendant que les Nigériens pleurent leurs morts suite à l’attaque meurtrière de Chinagoder et au moment où le pays observe un deuil national de compassion pour honorer la mémoire des soldats tombés pour la défense de la patrie, le ministre de l’intérieur, lui, n’a trouvé, apparemment, mieux que de tenir une réunion avec les partis politiques non affiliés. Selon des sources dignes de foi, Bazoum Mohamed aurait rencontré dans l’après-midi du lundi 13 janvier 2020, des responsables des partis non affiliés dans la salle de banquet de la primature. L’objet de la rencontre était de discuter autour de la participation des partis non affiliés à la CENI par l’envoi de leurs représentants respectifs. Selon notre source, c’était l’unique point de discussion de la rencontre. Et, à cet effet, Bazoum Mohamed aurait donné un ‘’ultimatum’’ qui doit prendre fin, en principe, ce jeudi 16 janvier aux partis non affiliés, pour désigner leurs représentants à la commission électorale nationale indépendante (CENI). Une façon de chercher à donner, à tout prix, une certaine crédibilité à la CENI par la participation des non affiliés à ses travaux. Une CENI taillée sur la mesure du PNDS et décriée par tous les acteurs et observateurs sérieux. Ce qui est déplorable dans cette démarche, c’est le contexte. Car, comment un ministre d’Etat en charge de l’intérieur pourrait avoir un tel moral pour tenir une réunion politique le lendemain d’une attaque meurtrière contre son pays et qui fait 89 morts ? A supposer même qu’il soit la personne qualifiée pour le faire. Car ne l’oublions pas, Bazoum est candidat déclaré de son parti à la présidentielle prochaine. La démarche est tout simplement insensée, inique même, dans ce contexte de deuil national. Pour dire que, au lieu de se mettre à réfléchir sur les stratégies à mettre en oeuvre pour défendre le territoire national, il s’est permis de tenir une réunion avec des partis politiques dont la plupart n’existe que sur papier. C’est vraiment choquant qu’il puisse avoir ce courage dans un moment de deuil, où la compassion et la communion des coeurs de tous les fils de la nation doivent être de mise, et s’appliquer à tous. Alors que, même des structures syndicales et politiques ont renoncé à leurs activités pour observer le deuil national. Après cette violation abominable du deuil national, suite au drame de Chinagoder, pour une réunion politique, Bazoum Mohamed mérite-t-il encore de rester à la tête du ministère de l’intérieur ?
AS 
18 janvier 2020
Source : Le Courrier

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