Sommet de la Fondation de Brazzaville sur le trafic de faux médicaments à Lomé au Togo : Vers un renforcement des législations et la criminalisation du phénomène

La Fondation de Brazzaville a tenu son sommet, le 17 et 18 janvier dernier dans la capitale togolaise. Les travaux auxquels ont pris par les présidents Faure Gnassimbé du Togo, Macky Sall du Sénégal et Yoweri Museveni de l’Ouganda se sont déroulés à l’hôtel 2 février de Lomé, en présence d’une multitude d’acteurs concernés par les questions de trafic des médicaments. Le Chef de l’Etat du Niger a été représenté à ce forum par le ministre de la Santé publique Dr Idi Illiassou Maïnassara.

A l’ouverture des travaux, une minute de silence a été observée à la mémoire des soldats nigériens tombés sur le champ d’honneur. Après le discours d’ouverture prononcé le président togolais Faure Gnassimbé, le ministre de la Santé publique Dr Idi Illiassou Mainassara a livré à l’assistance, le message du Président Issoufou Mahamadou. Dans, ce message diti-il, le Chef de l’Etat a souligné l’attachement du Niger à cette initiative qui permet aux gouvernements africains, aux partenaires et aux acteurs pertinents du développement, de mener des réflexions et de faire de recommandations sur les meilleurs moyens d’adresser le défi que pose le trafic des médicaments et autres produits médicaux de qualité inférieure falsifiés.

Cette session est par conséquent «une occasion de mesurer les progrès accomplis au plan mondial et particulièrement en Afrique, et de continuer le plaidoyer pour la concrétisation des engagements pris pour la criminalisation du trafic de faux médicaments», a-t-il estimé avant d’évoquer les conséquences négatives du phénomène sur nos pays. En effet, l’utilisation de médicaments inefficaces et de mauvaise qualité peut engendrer entre autres, selon le Chef de l’Etat, un échec thérapeutique, une aggravation de la maladie, une résistance aux antimicrobiens, des incapacités, des traumatismes, voire la mort chez l’adulte et chez l’enfant. «Cela a pour conséquence une perte de confiance du public à l’égard des systèmes de santé, des professionnels de la santé, des fabricants et des distributeurs de produits pharmaceutiques», précise le message.

L’ampleur du trafic des médicaments contrefaits est plus qu’inquiétante en Afrique. En effet, plus de 40% des médicaments vendus sur le continent sont des faux, selon l’OM. Ces faux médicaments tuent plus de 100.000 Africains chaque année. D’où l’urgence de mener des actions pour freiner ce phénomène. En outre, dans le contexte d’insécurité que connaissent nos pays, le trafic de médicaments falsifiés pourrait alimenter financièrement la criminalité transnationale et le terrorisme.

Livrant le message du Chef de l’Etat, le ministre de la Santé publique a évoqué les mesures prises par le Niger pour assurer une meilleure disponibilité des médicaments essentiels génériques de qualité à des prix accessibles à la majorité de la population, et à assurer leur usage rationnel tout en améliorant les outils de production, ceci à travers le cadre institutionnel de la Politique Pharmaceutique Nationale en matière de médicament adoptée par le Gouvernement en 1995. «Dans le même élan, nous avons, depuis 2018, élaboré une stratégie nationale de chaîne unique d’approvisionnement, afin d’éliminer les circuits parallèles d’introduction des produits médicaux, en assurant une meilleure coordination de tous les acteurs impliqués», a-t-il précisé, avant de réaffirmer l’engagement du Niger dans cette initiative africaine pour lutter contre le trafic de médicaments et autres produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés.

«Incontestablement, cette initiative permet de comprendre et d’apporter des réponses à la crise de santé publique actuelle en Afrique», a-t-il estimé, soulignant «la nécessité de faire évoluer les législations nationales, de s’assurer de l’harmonisation des normes de contrôle et de mettre en place des mécanismes visant à assurer l’application rigoureuse des sanctions pénales». A travers son message le Chef de l’Etat a exhorté les gouvernements à adhérer au projet de Convention Medicrime et à la Convention des Nations Unies dite Convention de Palerme. Il faut noter qu’en plus du message livré en son nom par le ministre de la Santé publique, le Chef de l’Etat a intervenu par visioconférence pour réaffirmer son engagement à lutter contre les trafics de faux médicaments et à sanctionner ceux qui s’y adonnent.

Par ailleurs, le ministre Idi Illiassou Maïnassara a, au nom du Président Issoufou Mahamadou, signé la déclaration politique et l’accord-cadre légalement contraignant issus de ce sommet. D’après un communiqué de la Fondation de Brazzaville, cet accord engage les signataires à renforcer la législation pour criminaliser le trafic de faux médicaments. Le Niger est, avec le Congo, la Gambie, le Ghana, l’Ouganda, le Sénégal et le Togo, l’un des pays précurseurs de ce processus qui devra déboucher sur un programme plus large visant à assurer un accès à des médicaments sûrs et efficaces à tous.

Siradji Sanda(onep),
(Sources: MSP)

20 janvier 2020
Source : http://www.lesahel.org/

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