Interdiction des réunions des ressortissants de Tillabéri à Niamey : Le pied de nez du pouvoir à Seïni Oumarou

Interdiction des réunions des ressortissants de Tillabéri à Niamey : Le pied de nez du pouvoir à Seïni Oumarou Ce dimanche 02 février, une réunion des ressortissants de la région de Tillabéri n’a pu se tenir au Centre culturel Oumarou Ganda de Niamey. Et pour cause! Les portes de l’établissement été hermétiquement fermées, alors même que les organisateurs étaient assurés de la disponibilité des lieux. Il y a quelques jours, une réunion similaire avait été avortée au niveau de la Maison des jeunes et de la culture Diado Sékou. Là-bas, c’est la police qui a empêché l’accès du lieu aux dizaines de personnes venues assister à la rencontre. Selon ses initiateurs, la réunion des ressortissants de la région de Tillabéri n’a pour seul objectif que d’interpeller l’opinion nationale et internationale sur la dégradation de la situation sécuritaire dans leur région. C’est pourquoi, indiquent- ils, elle concerne tous les ressortissants de la région, sans distinction de leur appartenance sociale, politique et confessionnelle. Sur les images de la réunion avortée de la Maison des jeunes, diffusées par des chaînes de télévisions privées, on a effectivement aperçu de personnalités de la région de Tillabéri de tendances politiques parfois opposés, des acteurs de la société civile et des syndicalistes dont certains sont soupçonnés, à tort ou à raison, d’être même proches du pouvoir. Pourquoi donc ce même pouvoir empêche- t-il aux ressortissants de Tillabéri de se réunir?

En attendant une réponse à cette question, les observateurs estiment que s’il y a une personnalité qui doit se sentir très mal à l’aise face à ces interdictions de réunions dont sont l’objet les ressortissants de la région de Tillabéri, c’est bel et bien M. Seïni Oumarou, président du Mouvement national pour la société de développement (Mnsd-Nassara) et Haut Représentant du Président de la République. Originaire de la même région de Tillabéri, il y puise l’essentiel de son électorat. Même s’il n’a jamais été aperçu à l’une ou l’autre des réunions interdites, Seïni Oumarou ne peut pas ne pas partager les préoccupations qu’évoquent officiellement les initiateurs de ces réunions, à savoir les conséquences de l’insécurité dans la région de Tillabéri. Sur les images de la première réunion avortée, on a d’ailleurs aperçu l’ancien ministre Ousseïni Salatou et porte-parole de l’Alliance pour la paix et la République (APR) dont lui Seïni Oumarou est président. Selon certains analystes, rien qu’à cause de M. Seïni Oumarou, le pouvoir ne devrait pas empêcher la réunion des ressortissants de Tillabéri. Il pourra, tout au plus, obtenir de ce dernier, qu’aucun propos déplacé ou de nature à porter atteinte à la cohésion sociale et à la sécurité de l’État ne soit tenu au cours de la rencontre. En empêchant systématiquement la tenue de la réunion, le pouvoir fait ainsi un pied de nez au Haut Représentant de la République. Salifou Hamidou  

15 février 2020
Publié le 03 février 2020
Source : Le Canard En Furie

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