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mardi, 20 juillet 2010 19:51

SITE D’ORPAILLAGE DE KOMABANGOU : la vie humaine, animale et végétale menacée par le cyanure Spécial

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Les habitants de Komabangou, le célèbre site d'orpaillage du département de Téra, sont en danger de mort. Ce danger, c'est l'utilisation du cyanure pour la recherche de l'or par des ressortissants d'un pays voisin qui travaillent pour des Nigériens tapis dans l'ombre. L'usage de ce produit nocif pour la vie humaine, animale et végétale est strictement interdit dans l'orpaillage.

Selon Boubacar Gado, un membre du comité des orpailleurs de Komabangou, qui est descendu à Niamey en compagnie de deux autres orpailleurs le lundi 2 juillet dernier, en vue d'alerter les autorités sur cette grave menace à laquelle sont exposés les habitants de la cité, ''le poison a déjà tué un jeune employé dans l'orpaillage et des animaux''.

Mais la menace devient plus pressante avec l'installation d'un deuxième groupe de Burkinabè qui s'apprête à exploiter un site où les enfants du village jouent, à quelques mètres des habitations. Les nouveaux venus détiennent une autorisation en bonne et due forme délivrée par le ministère des Mines et de l'énergie.

''Nous les avons approchés pour leur signifier qu'ils ne peuvent pas faire ce travail à côté de nos maisons à cause des risques, mais ils n'ont rien voulu entendre. Pour eux, l'autorisation du ministère leur confrère le droit de chercher de l'or sur cet espace. Ils ont commencé à implanter les piquets pour délimiter le périmètre sur lequel ils veulent prospecter'', explique Issakou Hassan, un des compagnons de Gado. Devant cet entêtement, le comité des orpailleurs a décidé d'alerter les autorités coutumières et administratives locales mais aussi la gendarmerie. ''Nous nous sommes scindés en plusieurs groupes pour prévenir les autorités afin qu'elles interviennent pour interdire l'opération. Si nous n'avons pas satisfaction, nous allons nous-mêmes nous mobiliser pour les chasser'', avertit Gado, menaçant.

Pour Marou Adam, il est hors de question de les laisser prospecter à côté du village, à cause de la nocivité du cyanure qu'ils utilisent. ''Le premier groupe de Burkinabè opère à plusieurs km du village, mais quand ils font le traitement, les émanations du produit que le vent transporte provoquent de sensations d'étouffement et de malaise chez les habitants'', indique Adam. ''Une fois qu'ils récupèrent l'or, les résidus des roches qu'ils ont traitées sont déversés à même le sol, à la merci du vent et des intempéries. Avec l'hivernage, les eaux de ruissellement les transportent dans les mares et autres cours d'eaux où les hommes et les animaux s'abreuvent'', ajoute-t-il, soulignant le fait que la nocivité du produit déversé sur le sol reste intacte pendant plus de sept ans. Cela constitue assurément une grave menace pour la vie des habitants de la localité. Et quand c'est carrément devant leurs portes qu'on veut déverser aujourd'hui le cyanure, l'instinct de survie prend le dessus et à partir de ce moment le pire peut arriver.

''Nous, nous ne savons pas faire ce travail, et nous d'admettrons pas que des gens viennent s'installer pour s'y adonner et exposer à la mort nos vies et celles de nos animaux. Les Nigériens qui cherchent les autorisations pour les leur remettre doivent le savoir'', menace ouvertement Adam. ''Nous allons les chasser à coup de gourdins s'il le faut, si jamais les autorités compétentes n'interviennent pas pour arrêter l'opération'', renchérit Gado. Pour éviter d'en arriver à cette extrémité, une intervention urgente s'impose. Vaut mieux prévenir que guérir.

Seyni Issa 

20 juillet 2010
Publié le 02 juillet 2010
Source :  Rotab

Lu 2814 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15