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vendredi, 23 avril 2010 14:07

Invité : Ali Boukari, directeur général des Travaux Publics Spécial

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Monsieur le directeur général, pouvez-vous nous faire un état des lieux de l’ensemble du réseau routier de notre pays ? A la date au 31 décembre 2009, la longueur totale du réseau routier nigérien est de 18510 km dont 3781 Km de routes bitumées, 

« La modicité des ressources  ne nous permet pas de faire face à tous les besoins d’entretien du réseau routier dont une bonne partie a dépassé le seuil de l’entretien courant »

6407 Km de routes en terre et  8322 Km  de pistes sommaires. Le réseau pris en charge par les services de la Direction Générale des Travaux Publics est de 10189 km environ tous types de réseaux confondus, répartis comme suit: 3781 km de routes bitumées et 6.408 km de routes en terre. Le passage d’une catégorie à une autre nécessite la mise en place d’un investissement plus ou moins important qui est lié à l’avantage que l’on peut en tirer, aux coûts des usages dépendant du trafic et au rôle social de l’infrastructure. Dans son ensemble, l’état du réseau routier national est préoccupant et les dégradations caractéristiques de ce réseau sont les nids de poule, les désordres structurels appelés dégradations de fatigue, les dégâts sur les ouvrages hydrauliques et leurs protections consécutifs souvent à l’insuffisance ou au manque de système de drainage, l’insuffisance de la couche de roulement ou de la qualité de matériau la constituant, les points critiques (coupures, points d’ensablement…),  les déformations des chaussées, etc. Néanmoins, 2006 a marqué une évolution importante avec le démarrage de plusieurs chantiers de réhabilitation de tronçons revêtus. Cette évolution s’accentuera à partir de 2007 avec le démarrage des travaux d’entretien périodique sur financement du 9ème FED. De manière spécifique, on note que le réseau revêtu se trouve dans un état acceptable et l’évolution de cet état  se poursuivra au rythme des investissements consentis chaque année en vue de la sauvegarde de ce patrimoine. Toutefois, malgré les différents programmes de travaux de réhabilitation ou d’entretien périodique en cours, il reste environ 1000 Km du linéaire revêtu en mauvais état. Le réseau en terre à la charge de la DGTP connait quant à elle une dégradation très avancée, dont environ 1.400 km de routes, toutes catégories confondues, en très mauvais état. Cette situation est aggravée avec les difficultés de financement de l’entretien routier.

Bientôt, c’est la saison des pluies. Au-delà des communiqués attirant l’attention des usagers quant à la prudence, quelles sont concrètement les dispositions envisagées pour faciliter la circulation routière ?

La gestion de notre  réseau routier repose sur la stratégie d’entretien mise en œuvre depuis 2004. Cette stratégie qui consacre un entretien différencié du réseau propose des politiques d’entretien des éléments du réseau, en fonction des ressources budgétaires disponibles. Ces politiques comportent les opérations de routine, c’est-à-dire l’entretien courant dont les besoins annuels s’élèvent à plus de 10 milliards de FCFA, et l’entretien périodique et la réhabilitation des routes dont l’état de dégradation est assez avancé, pour un besoin annuel estimé à environ 25 milliards de nos francs. Les dispositions prises pour assurer la sécurité des usagers et la protection de notre réseau routier sont l’entretien courant du réseau routier pour un montant de 5,500 milliards de FCFA sur financement de la CAFER ; l’entretien périodique et la réhabilitation du réseau revêtu et en terre sur financement de l’IDA dans le cadre du PAPST, du FED, de la BOAD et de la BID ; le renforcement du système de surveillance et de protection du réseau routier ; les travaux de rétablissement des coupures et les travaux d’entretien courant du réseau ; le déploiement des missions d’appui au DRTP pour le suivi du réseau routier.

A l’heure actuelle, quels sont les grands projets routiers en chantier sur le budget de l’Etat ou dans le cadre de la coopération bilatérale ?

Au total, sur l’étendue du territoire national, 2160 km de routes et un ouvrage sont en chantier dans le cadre de la coopération  bilatérale et multilatérale, dont environ 1100 km de routes bitumées et 1060 km de routes en terre. Les travaux se composent de travaux de construction de routes neuves, de travaux d’entretien périodique et de travaux de réhabilitation. Il s’agit de  l’aménagement et du bitumage de la Route Niamey-Ouallam (94 km) ; l’aménagement et le bitumage de la Route  Tibiri-Dakoro (115 km) ;  la réhabilitation  de la Route Nationale N°7, tronçon  Bella II – Gaya – Frontière du Bénin (73,380 km) ; l’aménagement et le bitumage de la Route Madaoua–Bouza–RTA (170 km) ; la réhabilitation de la Route nationale N°1, tronçon Goudoumaria-Djajiri (39,3 km) ; la construction du 2ème Pont à Niamey sur le fleuve Niger ; l’aménagement et le bitumage des routes  Say Tapoa ( 92  km),   Téra – frontière du Burkina Faso (42.6 km) ; la réhabilitation de la route Niamey–Balléyara dans le 9ème et 10ème FED ; la construction d’un pont à Farié sur le Fleuve Niger (phase Etudes); l’aménagement et le bitumage de la route  Filingué-Tahoua (245 Km), (phase Etudes); la réhabilitation de la route nationale N°1, tronçon Djajiri-Diffa (phase Etudes) ; la réhabilitation et la construction de la route nationale N° 1, tronçon Diffa- N’Guigmi-frontière du Tchad ( 185 km) ; l’aménagement et le bitumage de la route Arlit – Assamaka (223 km) (phase Etudes). Il y également la réhabilitation des routes bitumées dans le cadre du 10ème FED, notamment Tsernaoua–Madaoua 71,20 km; Madaoua–Guidan Roumji 107,00 km ; Zinder–Magaria–Frontière Nigéria 111,40 km ; Zinder – Guidimouni – Guidiguir 107,00 km. Dans le cadre du projet de réhabilitation des routes en terre PAPST Phase I, nous avons Balléyara -Banibangou  (150 km) ; Dioundiou-Boureïmi  (659 km) ; RN1E PK535- Bangui  (25 km) ; Keïta-KDB PK87 (Kangui)  (87,50 km) ; KDB PK87 (Kangui)-Soly Tagriss (133,350 km) ; Soly Tagriss-Belbedji – Sabonkafi  (145,860 km). La Phase II de ce même projet concerne les tronçons Tessaoua–Gabaouri (+Korghom) (46 km) ; RN11N PK 7–Kellé– Gouré (155 km) ; Dogonkiriya–Bagaroua (70 km) ; Kollo – Kirtachi  (70 km) ; Tabla  - Loga (39 km) ; RN 25 PK 98,6- Tabla (8 km) ; Maradi-Madarounfa-Frontière Nigéria (61 km).

Dans le cadre de l’exécution de ces projets, peut-on avoir une idée de la contrepartie financière des partenaires au développement ?

Le montant total de la contribution des partenaires au développement dans le cadre des financements des projets routiers en cours ou en instance de démarrage s’élève à 65,768 milliards de FCFA. Ce montant concerne uniquement les projets à la charge de la DGTP.

Au regard de l’état de délabrement de certains tronçons routiers, on a l’impression que l’entretien du réseau routier par endroits est presque inexistant. Alors, qu’est-ce qui est préconisé pour le rendre permanent ?

Je tiens à préciser qu’aucune portion du réseau routier à la charge de la DGTP n’a été abandonnée. Cependant, la modicité des ressources  ne nous permet pas de faire face à tous les besoins d’entretien du réseau routier dont une bonne partie a largement dépassé le seuil de l’entretien courant.  En application de la stratégie de l’entretien routier, le réseau routier fait l’objet d’un entretien différencié avec un entretien optimal sur le réseau armature et un programme d’actions ponctuelles et de traitement de points critiques sur le réseau secondaire. Le programme d’actions pour l’exercice 2010 sera consacré pour l’essentiel à la poursuite des travaux du PA/PST (Projet d’Appui au Programme Sectoriel Transport) de la 1ère phase (610 km), jusqu’à la réception définitive;  aux travaux de la 2ème phase qui seront bientôt lancés soit 450 km de routes en terre. Il s’agit d’un programme de traitement de points critiques sur ces routes; à l’exécution du budget-programme d’entretien courant 2010 évalué à quelque 5 milliards 500 millions de francs /TTC, y compris le financement Gerta. Il y a également un programme de travaux sur la RTA sur ce financement GERTA.

Quel est l’apport de nos entreprises privées dans l’amélioration de l’ensemble du réseau routier de notre pays ?

Depuis 2000, suite à la privatisation de l’exécution des tâches de l’entretien routier, les PME nationales exécutent l’ensemble des travaux d’entretien routier. De plus en plus, elles participent aussi à l’exécution des travaux neufs. Ce qui a permis la création de centaines d’emplois et le développement d’un savoir-faire nigérien.  Il est clair que des efforts sont à fournir pour que nos entreprises soient compétitives. Des actions sont programmées dans le cadre du PAPST pour améliorer  la contribution des PME, dont des actions pour le renforcement des capacités de ces PME. Nous avons la ferme intention de créer avec elles un partenariat très dynamique pour accompagner le processus de développement d’une expertise nationale en BTP. Pour ce qui est des bureaux d’études, des réflexions sont en cours en vue  de la restructuration de la profession. Il est envisagé la mise en place de l’ordre des ingénieurs conseils. Concernant les entreprises, les réflexions sont en cours pour assainir le secteur. Il s’agit notamment d’être plus regardant dans les conditions de délivrance des agréments. Dans notre secteur, nous essaierons ainsi de nous inscrire dans la dynamique d’amélioration de la gouvernance engagée par le CSRD.

Réalisée par Dubois Touraoua
23 avril 2010
publié le 23
avril 2010
Source :
Sahel Dimanche
Lu 2616 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15