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dimanche, 04 septembre 2011 13:26

Invité : M. Kalla Ankouraou, ministre de l’Equipement Spécial

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Kalla_Ankouraou,Monsieur le ministre, les infrastructures routières constituent un des facteurs clés du développement. Notre pays ne semble pas en être suffisamment doté; quel est l’état de nos infrastructures à la date d’aujourd’hui ?
Merci de l’occasion que vous m’offrez pour parler d’un secteur aussi stratégique que les routes.

“Nous projetons de construire, dans les cinq prochaines années, presque autant de kilomètres de routes bitumées qu’on en a construit depuis 1960’’

Le réseau routier nigérien est actuellement composé d’environ 19.000 km répartis en 4000 km de routes bitumées, 7000 km de routes en terre et 8000 km de pistes sommaires. A la date d’aujourd’hui, 41% du réseau de routes bitumées est en bon état, 28% dans un état moyen et 31% dans un mauvais état, donc dégradé. Nous reconnaissons par ailleurs que les routes en terre souffrent cruellement d’un manque d’entretien. S’agissant des routes bitumées, les tronçons les plus dégradés actuellement sont la RN1 de Tsernaoua jusqu’à N’Guigmi (excepté le tronçon Guidan Roumji-Tchadoua), le tronçon Balleyara-Filingué, la Route Tahoua-Arlit dans sa totalité et la route Zinder-Agadez dans sa totalité également.

Quels sont, Monsieur le ministre, les grands projets dont nos concitoyens peuvent espérer la réalisation à court terme?

Nous allons démarrer, dans les jours à  venir, d’importants travaux d’infrastructures. Parmi les chantiers les plus significatifs, nous pouvons mentionner sans être, exhaustif, les tronçons suivants : Pour la réhabilitation, des routes bitumées, il s’agit du tronçon Tahoua-Arlit, la route nationale (RN°1) entre Tsernaoua et N’guigmi, la route Zinder-Magaria-frontière Nigéria et bien entendu la route Dosso-Gaya dont les travaux ont débuté depuis avril. S’agissant des routes en terre, nous allons démarrer très bientôt les travaux de réhabilitation des  tronçons Kollo-Kirtachi et Kellé-Gouré. En matière de construction de nouvelles routes bitumées, nous avons programmé pour le court terme la reprise des travaux de la route Agadez-Bilma-Toumo longue de 110 km, le lancement des appels d’offres pour le bitumage des tronçons Arlit-Assamaka, Moujia-Illéla-Badaguichiri, Maradi-Madarounfa-frontière du Nigéria, RTA-Kao-Tchintabraden, Filingué-Tahoua et Niamey-Tondibia. A moyen terme, et en tout cas en cours du mandat, nous avons programmé de réaliser d’autres tronçons parmi lesquels trois (3) importants projets structurants qui répondent à la fois aux préoccupations sécuritaires et de développement. Il s’agit de la boucle Agadez-Dabaga-Timia-Iférouane-Gougaram longue de 485 km, l’axe longitudinal Keita-Dakoro-Belbéji jusqu’à Guézaoua (Raffinerie de Zinder) long de 364 km et les 485 km de routes transversales qui relient la RN1 aux pays voisins (Bénin et Nigeria notamment).  Nous projetons de construire, dans les cinq prochaines années, presque autant de kilomètres de routes bitumées qu’on en a construit depuis 1960. Evidemment, tout cela reste à préciser dans le plan d’actions qui sera soumis à l’approbation des plus hautes autorités de notre pays. 

La circulation dans la ville de Niamey devient de plus en plus difficile du fait de l’engorgement des routes. Qu’est-ce que l’Etat est entrain faire pour décanter cette situation ?

En effet, l’accroissement et la densité du trafic dans la ville de Niamey est un constat évident. Cela a comme conséquence l’engorgement des artères de circulation avec des difficultés de passage entraînant très souvent des accidents, même si la densité du trafic ne constitue pas la seule raison des accidents. Pour remédier à cette situation, plusieurs mesures sont envisagées en concertation entre le gouvernement et la ville de Niamey. Les solutions, bien entendu, passent par une amélioration significative de la voirie et  l’introduction de nouveaux ouvrages tels que les échangeurs pour garantir une meilleure fluidité du trafic. Il est prévu donc l’aménagement et le bitumage des principaux axes structurants de la ville de Niamey pour un linéaire total de 42 km. D’autres interventions concourant aux mêmes objectifs sont prévues par le ministère en charge de l’Urbanisme et la ville de Niamey dans le cadre du projet Niamey Nyiala. 

Monsieur le ministre, les habitants de la capitale attendent vivement la construction de la route Rond-point Lako/ Rond-point Baré. Mais les travaux ne finissent pas depuis plus de quatre (4) ans. Qu’est-ce qui constitue le blocage et à quand la fin de ce statu quo ?

Le tronçon Rond-point Lako/Rond-point Baré était inscrit dans le cadre du programme de réhabilitation des voies urbaines pour les 5ème Jeux de la Francophonie qui se sont déroulés en décembre 2005 dans notre pays. Malheureusement, le financement mis en place ne pouvait couvrir que le tronçon rond point Baré/avenue du Zarmanganda, actuellement en voie d’achèvement. Néanmoins, nous sommes entrain de nous organiser pour faire quelque chose dans le cadre de l’entretien routier afin de soulager les usagers de cet important axe.

Le Chef de l’Etat a lancé les travaux de construction du premier échangeur dans la capitale sur fonds propres de l’Etat. Quels seront le délai d’exécution et les coûts de cette infrastructure ?

Effectivement, le 12 juillet 2011, le Président de la République a lancé les travaux de construction du premier échangeur dans la capitale financé sur fonds propres de l’Etat. Cet ouvrage coûtera onze milliards six cent six (11.606.000.000) de francs CFA, auxquels il faut ajouter l’enregistrement,  les coûts de contrôle et les indemnisations. Le projet sera exécuté dans un délai de 18 mois. Nous avons bon espoir que ce délai sera respecté. 

Vous avez récemment effectué  une visite à Cotonou au Bénin dans le cadre du prolongement du chemin de fer jusque dans notre pays. Pouvez–vous dire à nos concitoyens à quel niveau se situe ce projet ?

Vous nous donnez aussi l’occasion de parler d’un autre moyen de transport que nos concitoyens attendent beaucoup. Il s’agit du chemin de fer. Nous réaffirmons que la réalisation du rail fait partie de nos priorités. Plusieurs études sont en cours actuellement. Au niveau national, elles sont relatives au prolongement des deux (2) axes (Parakou-Dosso-Niamey et Kaya-Dori-Téra-Niamey). Et au niveau de l’UEMOA, de la CEDEAO et de l’Union Africaine, ces études s’inscrivent dans la perspective de l’intégration des réseaux ferroviaires en Afrique de l’Ouest. Toutes ces études seront terminées mi 2012 et nous pourrons alors organiser une table-ronde des bailleurs de fonds, le pari étant que le rail arrive dans notre pays dans le délai du mandat du Président de la République. Notre séjour à Cotonou, tout comme le prochain déplacement que  nous comptons effectuer au Burkina Faso, constituent des occasions que nous mettons à profit pour préciser nos intentions et harmoniser nos projets, y compris et surtout les mécanismes auxquels nous allons recourir pour le financement et la gestion commune des infrastructures à réaliser. Et je puis vous confirmer que de ce point de vue, notre visite au Bénin a été fructueuse et nous avons convenu de nous rencontrer assez souvent pour assurer un bon suivi de ce grand projet. D’ailleurs, nous avons fait de même lors du déplacement du Chef de l’Etat au Nigeria en ce qui concerne le prolongement des réseaux ferroviaires Zaria-Sokoto-Konni et Kano-Magaria-Zinder.

En cette saison des pluies, certains axes routiers deviennent très difficiles à pratiquer pour les usagers ; quelles dispositions avez-vous prises pour y faire face, en attendant la réhabilitation de ces routes?

Globalement, c’est un budget de cinq milliards huit cent cinq millions de francs (5 milliards 805 millions) qui a été programmé dans le cadre de l’entretien routier campagne 2011. Il est financé par la Caisse Autonome de Financement de l’Entretien Routier (CAFER). Dans ce budget, il a été déjà engagé un montant de cinq (5) milliards de FCFA en travaux programmés afin de maintenir le réseau dans un état acceptable. Il s’agit principalement des travaux préventifs en prélude à la saison des pluies afin d’éviter au maximum la coupure des routes pendant cette saison. De plus, un dispositif est mis en place pour remédier aux différentes coupures pendant cette saison. Il s’agit des contrats de travaux d’urgence qui permettent d’intervenir immédiatement après une coupure ou une simple menace pour rétablir la circulation. En somme, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires afin que le service public ne soit pas interrompu plus de 24 heures sur l’ensemble du territoire national, et incha Allah, nous allons y arriver.

Siradji Sanda
02 septembre
Publié le 02  septempbre
Source : Sahel Dimanche
Lu 1493 fois Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15