vendredi, 01 novembre 2013 10:06

Cérémonie de décoration à l’Ambassade de France au Niger : Pr. Mahamane Tidjani Alou, Officier dans l’ordre des palmes académiques L’Ambassadeur de France au Niger, SEM. Christophe Bouchard, a récompensé mercredi dernier, dans les locaux de la repr

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Mahaman Tidjani AlouL’Ambassadeur de France au Niger, SEM. Christophe Bouchard, a récompensé mercredi dernier, dans les locaux  de la représentation de la France  au Niger, le mérite du travail d’un digne fils du Niger, un universitaire chevronné de l’Université  Abdou Moumouni de Niamey. Cet homme, c’est  le professeur Mahamane Tidjani Alou, élevé au rang d’officier dans l’ordre des palmes académiques.

La cérémonie de la  distinction faite à l’égard de ce chercheur nigérien, doyen de la Faculté des Sciences Economiques et Juridiques, s’est déroulée en présence de  sa famille, ses parents, amis et connaissances, ainsi que de ses collègues universitaires venus pour la circonstance.

 

Concrètement, qu’est-ce que les palmes académiques? Ce terme peu connu est la plus ancienne des distinctions décernées à titre civil. Cette distinction a été créée en 1808 par Napoléon pour honorer les membres éminents de l’Université. Elle a été  rénovée sous sa forme actuelle en 1955 par Edgar Faure, un éminent agrégé. Les palmes sont ainsi, depuis deux siècles, le témoignage de satisfaction et de reconnaissance de la France pour excellence du travail universitaire et éducatif.

Dans une adresse mémorable, le diplomate français a indiqué que le gouvernement français n’a pas voulu se priver de pouvoir honorer à l’étranger, comme en France, des enseignants de premier rang qui se sont démarqués tant par leur enseignement entier, opiniâtre, dans les valeurs éducatives et pédagogiques, que dans une démarche conceptuelle qui renouvelle les disciplines. M. Christophe Bouchard avait auparavant évoqué les ambitions et efforts de la coopération franco-nigérienne dans le domaine universitaire, rappelant que les acteurs essentiels de cette coopération sont les enseignants eux-mêmes. Non pas le corps enseignant  dans son ensemble, non pas les institutions; le diplomate français faisait allusion aux individus solides, charismatiques qui ont à la fois une vision claire et tenace de l’intérêt  de leur discipline et de ses développements, et de l’intérêt ultime de leurs étudiants. Des enseignants qui savent donner parce qu’ils sont généreux et finissent par recevoir beaucoup en retour parce qu’ils donnent sans compter. Des enseignants qui incarnent et font vivre les échanges entre chercheurs qui favorisent les thèses en codirection et enrichissent ainsi mutuellement les universités du Nord et celles du Sud.

En s’adressant à l’heureux récipiendaire, M. Christophe Bouchard a rappelé de façon succincte le caractère de l’homme. ‘’Vous êtes de ces hommes qui connaissent intimement leur pays, parce qu’ils l’aiment authentiquement, de ces  hommes curieux, depuis leur plus jeune âge, d’autres environnements culturels et qui finissent par faire leur propre synthèse de ces espaces éloignés. Mahamane Tidjani Alou, vous représentez à la fois une passerelle et une ouverture. Une passerelle entre le Niger et la France, plus spécifiquement entre Bordeaux et Niamey, entre les Universités  africaines et européennes, une passerelle entre les savoirs (politiques publiques, sociologie des institutions de l’Etat, droit constitutionnel, administration, décentralisation, anthropologie du changement social et du développement, relations internationales…) et une ouverture vers l’Atlantique, sur le Sahel, sur le monde en développement sur les mutations à l’œuvre, a-t-il ajouté. Autant des mots qui mesurent la dimension de l’homme.

Le récipiendaire de cette distinction, très  ému, après les mots élogieux  tenus à son égard, s’est contenté simplement de dire qu’assez souvent on réalise des parcours dont on ne mesure pas tout ce qu’ils sous entendent. Ainsi, dans la vie d’un chercheur, il y a tout un ensemble de collaborations et de redevances.  ‘’Si j’ai pu faire ce parcours qu’on ne réalise pas toujours, il y a beaucoup d’hommes et de femmes, tout au long de ce trajet, qui ont permis que cela soit possible. Je pense tout d’abord à ma famille. Je ne suis pas sûr que le parcours que j’ai eu  est celui qu’ils ont prévu pour moi’’, a-t-il souligné. 

Rappelons que depuis l’âge de 27 ans, M. Mahamane Tidjani Alou a été fonctionnaire au Niger. Aussi, il a salué le Ministère des Affaires Etrangères qui a toujours accepté qu’il puisse donner libre cours à ses hobbies qui consistaient à enseigner et à faire de la recherche. En effet, la carrière universitaire a été pour lui un accident, mais voulu. Il  a quitté le Ministère des Affaires Etrangères en 1999 pour rejoindre l’Université de Niamey qui n’était pas son Université d’origine. Avant de terminer sa note pleine d’émotion, de rappel de souvenirs, le professeur  Mahamane Tidjani Alou s’est demandé encore les conditions dans lesquelles les sélections ont été faites. Des poignées de mains, des accolades avec sa famille et ses collègues universitaires, sont les derniers gestes qui ont sanctionné la fin cette cérémonie honorifique.

Hassane Daouda  

 

 

1er novembre 2013
Publié 1er novembre octobre 2013
Source : http://www.lesahel.org/

{module 583}

 

Dernière modification le mercredi, 06 novembre 2013 06:14