mardi, 30 août 2016 02:37

Plus de peur que de mal pour les deux journalistes abandonnés en plein désert entre Bilma et Agadez

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Abdoulaye Harouna Malick Abdourahmane MoussaLe journaliste Abdoulaye Harouna, correspondant de l’ANP et de l’ONEP, et Malick Abdourahmane Moussa, caméraman à l’ORTN d’Agadez, en mission dans le Kawar dans le cadre de la vulgarisation du Plan de Développement Régional d’Agadez, ont pu regagner Agadez sains et saufs après avoir été abandonnés par les autres membres de la mission en plein désert du Ténéré. Annoncés comme étant ‘’portés disparus’’ sur l’axe reliant Bilma et Agadez, les deux journalistes ont finalement regagné Agadez séparément vendredi nuit pour l’un et samedi dans la matinée pour l’autre.

Le calvaire pour les deux membres de l’équipe de la presse qui couvraient la mission dans le Kawar a commencé jeudi après-midi quand ils ont quitté la localité de Dirkou aux environs de 16 heures avec un chauffeur sexagénaire. Un chauffeur reconnu malade depuis Bilma par des chefs de mission qui n’ont, hélas, rien fait pour s’occuper de son état de santé afin de lui trouver un remède ou simplement en reportant le jour du départ jusqu’à son rétablissement dans les centres de santé de Dirkou.

Arrivés au puits d’Achegour, point de rencontre de tous ceux qui traversent le Ténéré pour Agadez, le premier réflexe des journalistes a été de savoir si une 4X4 Hilux n’était pas de passage. C’est là qu’ils apprirent que la mission ne s’est même pas arrêtée pour annoncer son passage, ce qui permettrait à l’équipe de prendre des dispositions qui s’imposaient. A plus de 70 kilomètres d’Achegour, une crevaison immobilise la Toyota 4x4 transportant les deux journalistes et un ex–militaire embarqué par coup de chance à Dirkou. Une lampe torche aidant, ils ont été dépanné par des revendeurs de véhicules et des passagers qui revenaient du site aurifère du Djado.

C’est après moult efforts qu’ils ont pu rejoindre le puits de « l’Espoir» vendredi aux environs de 1Heure 30 mn du matin ou curieusement, ils ont retrouvé les autres membres de la mission qui dormaient, les poings fermés. ‘’Nous avons pensé à un accident nous a lancé péremptoire le chef de mission qui ne s’est ni soucié de l’état de santé du chauffeur, ni du manque de pneu de secours pour continuer la grande traversée du désert de sable surtout dans cette partie infestée de bandits armés.

Au petit matin, Malick Abdourahmane Moussa OPV à l’ORTN d’Agadez change de véhicule. Apres avoir quitté aux environs de 7 heures, la Toyota 4x4 transportant l’ex –militaire et le

correspondant de l’ANP et de l’ONEP, abandonnée à nouveau par les chefs de la mission, vraisemblablement insouciants, s’enlise dans une succession de dunes mouvantes pour un nouveau calvaire qui a commencé de 9 heures pour s’achever vers 14 heures, par la grâce d’Allah. A quelque chose malheur est bon, car avant l’arrivée des infortunés solitaires, des bandits avaient tendu plusieurs embuscades dans la zone ou plusieurs véhicules ont été emportés. Aussi, l’ont-ils échappé de justesse.

Les miraculés ont pu faire la traversée sans avoir été secourus pour se retrouver d’abord au village de Kantana non loin des massifs de l’Aïr, puis Tourayat (70 km) d’Agadez pour une nuit. C’est seulement le samedi qu’ils ont pu regagner Agadez aux environs de 11 heures. Pour les rescapés, le comportement des chefs de la mission est simplement assimilable à ‘’une tentative de meurtre par préméditation’’.

Abdoulaye Harouna

ANP/ONEP Agadez

30 août 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mardi, 30 août 2016 03:21