samedi, 10 septembre 2016 03:31

Abondance notoire des moutons et rareté de la clientèle au marché à bétail du 5ème arrondissement

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Tabaski 2014 NigerA quelques jours de la célébration de la fête de l’Aid El Kébir, la fête de tabaski ou encore fête de mouton, dans la ville de Niamey rien ne semble annoncer un tel grand évènement. Et pour cause ! Aucun mouton ou presque n’est visible dans les rues de la capitale, contrairement aux années antérieures où les vendeurs ambulants arpentaient ces mêmes rues avec leurs animaux. Cette sorte de vente à la criée a désormais été interdite par les autorités administratives et communales. La vente d’animaux n’est autorisée que dans les marchés à bétail et les autres lieux de vente disséminés à cet effet dans les différents arrondissements communaux de la ville où les éventuels acquéreurs sont appelés à se rendre afin de se procurer le précieux animal.

Dans les marchés à bétail, communément connus sous le vocable local de ‘’Tourakou’’, les vendeurs de moutons affluent de toutes parts, espérant tirer leur épingle du jeu. Mais cette année, tout laisse croire que les animaux, notamment les moutons, coûtent moins cher que d’habitude en cette période de forte demande et de très grande spéculation. Le mouton, c’est ce qui ne manque pas dans ces marchés à bétail qui en sont bondés et ne cessent d’en recevoir chaque jour un peu plus, au grand bonheur des habitants de Niamey qui n’ont plus besoin de se déplacer dans les bourgades alentours pour s’en procurer à prix abordables.

Aussi, on trouve des moutons pour toutes les bourses, même les plus petites. Au marché de bétail du 5ème arrondissement, un marché jadis très bondé la veille de la grande fête de la Tabaski, l’abondance d’animaux contraste ostensiblement avec la rareté criarde de la clientèle. C’est, en effet, le constat triste que fassent les marchands d’animaux que nous avons rencontrés en ce mercredi 7 septembre, soit cinq jours avant le jour J de la Tabaski. Rien ne semble annoncer que la fête est proche. Le marché est très peu animé, aucune bousculade, ni engouement au point de se croire dans un simple enclos plutôt que dans un marché de bétail. On y rencontre des vendeurs scrutant désespérément l’horizon dans l’attente d’un éventuel client. En ce jour du mercredi, l’arrivée de tout éventuel client est presque célébrée par les vendeurs formant une sorte de comité d’accueil à l’entrée du marché, chacun vantant la qualité de son mouton et tentant d’attirer au mieux ‘’l’hôte de marque’’.

Mallam Mahamadou, un vendeur d’animaux bien connu des acheteurs dans ce marché depuis des années,   somnolait sous son hangar, tout en espérant que cette période de diète commerciale n’est que passagère. A la question de savoir comment se porte le marché du mouton en cette veille de la fête de Tabaski, Mallam Mahamadou ne cache pas son pessimisme. ‘’ Cette année, les clients viennent à compte-goutte. Et même ceux qui arrivent n’en achètent pas, prétextant que les moutons coûtent cher. Certains disent avoir appris, par ouï-dire, que ‘’les moutons sont abordables alors qu’il n’en est rien’’, tandis que d’autres prétendent qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. Dans tous les cas, le marché de mouton est au ralenti. Les gens viennent mais n’achètent pas grand-chose’’, répète-t-il.

Comparativement à l’année passée, Mallam Mahamadou soutient avec force que les moutons coûtent nettement moins cher, tout en gardant espoir que la situation va s’inverser d’ici la date de la Tabaski. Un peu plus loin, des jeunes ‘’chasseurs de clients’’ nous amènent voir leur patron, un certain Adamou dit Song. Il nous présente ses moutons dont certains venus d’un pays voisin. Ne tarissant pas d’éloges pour sa marchandise, Song avoue que les animaux sont abordables, très abordables même, comparativement à l’année dernière. Paradoxalement, les clients ne se bousculent pas, déplore-t-il. La vente de moutons est en baisse alors que, précise-t-il, d’habitude il y a une forte demande qui le poussait souvent à faire des aller-retour permanents entre Niamey et d’autres localités pour apporter des moutons afin de satisfaire cette demande de la clientèle, laissant à ses assistants le soin de s’occuper de ses moutons lors de ses voyages. Pour Ismael Adamou également, un autre vendeur de moutons, l’heure n’est plus à la fête. La journée tire à sa fin et il avoue n’avoir pas encore vendu le moindre agneau. Il se contente de faire manger le son et faire boire de l’eau à ses moutons pour les maintenir en forme, dans l’espoir que les clients afflueront. Le manque d’argent est la raison qu’avancent les rares clients qui daignent faire le déplacement du marché à bétail du 5ème arrondissement, affirme M. Ismael qui se dit confiant malgré tout, et qui espère que les affaires rebondiront au fur et à mesure que la date butoir de la fête approche.

Zabeirou Moussa(onep)


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Les ustensiles de cuisine pour la Tabaski

L’approche de la fête de Tabaski ou fête du mouton constitue pour les vendeurs d’ustensiles de cuisine une occasion pour écouler leurs produits et réaliser des bonnes affaires. Aussi, un peu partout dans la ville et dans les marchés, on voit, exposés devant les étals, ou transportés par des vendeurs ambulants dans des brouettes et des charrettes, des poêles, des grandes louches à essorer, des couteaux, des coupe-coupe et des haches, bref, tout un arsenal à même d’accommoder les carcasses de moutons après le sacrifice. La majorité de ces ustensiles sont de fabrication locale, soit ici à Niamey, ou à l’intérieur du pays.

Ainsi, un vendeur de couteaux aux alentours de l’ancien Petit Marché de Niamey affirme que ses couteaux qu’il vend à 1200 FCFA l’unité lui viennent de Dogondoutchi, tandis que Mourtala Chaïbou, un autre vendeur au marché Djamadjé, indique que certains de ses ustensiles sont fabriqués à Katako. Les poêles coutent entre 1500 et 9000 francs CFA, tout dépend de la dimension, de la provenance et de la qualité. Mourtala vend ses couteaux entre 1000 et 2000 FCFA, les louches à 750 F, et la hache à 1250F.

10 septembre 2016
Source : http://lesahel.org/