mercredi, 28 septembre 2016 23:25

Arrêt d’activites des professionnels de gaz : Le gaz domestique, une espèce en voie de disparition au Niger

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Gaz Niger 02Le Niger est-il devenu un pays d’énormes souffrances ? La question mérite bien d’être posée. Le Groupement des professionnels de gaz est en grève depuis bientôt un mois. Les conséquences de ce mouvement se font drastiquement sentir sur la vie quotidienne à Niamey. Les chefs de familles sont désemparés, les femmes dans un désarroi indescriptible. Les premiers parcours la ville dans tous les sens, la bouteille de gaz sur la moto ou dans la voiture, à la recherche du précieux gaz domestique, devenu rare, presque introuvable. Pourtant, la cause de ce problème ne date pas d’aujourd’hui. La difficulté qui a fait surface est latente depuis bientôt quatre ans.

Lorsque le Niger devenait producteur de pétrole avec la raffinerie de Zinder qui produit du gaz GPL, les prix fixés par l’Etat étaient jugés irréalistes par les professionnels en l’occurrence les compagnies de distribution. D’ailleurs, ces prix n’ont jamais été pratiqués par les détaillants qui augmentent 200 FCFA sur la bouteille de 6kg, vendue à 2 000f au lieu de 1 800f, et 4 000f celle de 12kg, cédée à 4 000f au lieu de 3 750f. Ainsi, les détaillants ont officieusement augmenté leur marge bénéficiaire. Chose que ne pouvaient faire les sociétés formelles du domaine. Mais face aux plaintes de ces dernières, le gouvernement s’était engagé à revoir les tarifs 6 mois après la fixation des prix. Quatre années plus tard, le gouvernement ne tient toujours pas sa promesse. Après plusieurs tentatives de dialogue initiées par le Groupement des professionnels du gaz (GPG), un comité Ad’ hoc a été mis en place par le gouvernement (voir Le Monde d’Aujourd’hui de lundi dernier). Malheureusement, les conclusions auxquelles ont abouti les travaux de ce comité sont restées lettre morte, classés dans les tiroirs des pouvoirs publics. Après un trimestre d’attente, le GPG décide de passer à l’action en cessant ses activités pour lutter contre la disparition programmée des compagnies de gaz. D’où la grève qui dure trois semaines déjà et qui a provoqué la disparition quasi-totale du gaz. Pour leur part, les détaillants sont réduits à croiser les bras devant les grilles vides. Les ménages prennent un sérieux coup dans leur subsistance, l’économie s’enfonce davantage et l’environnement se dégrade à cause du bois de chauffe redevenu « seigneur » des combustibles usités à Niamey.

Des solutions existent, elles ont même été ficelées dans un document intitulé « Rapport de synthèse des travaux du comité ad’ hoc chargé de réfléchir sur la commercialisation du gaz domestique GPL dont Le Monde d’Aujourd’hui s’est procuré copie. En dehors des propositions de sorties de crise, ce rapport dresse également un certain nombre de recommandations devant permettre de préserver et pérenniser le secteur du gaz domestique au Niger. Il ne manque donc plus que la volonté politique pour sortir de l’impasse et aller de l’avant. Et seul le gouvernement est capable de parvenir à cette fin. Il a intérêt à le faire pour le bien collectif qu’il a le devoir de protéger et garantir. Avec les douleurs ressenties et exprimées çà et là dans presque tous les secteurs de la vie nationale, notamment, l’éducation et l’économie avec l’opération de destruction massive des autorités de Niamey, évitons que ce problème de gaz perdure au risque de transformer le Niger en un pays de souffrance sous cette ère de « Renaissance »
Amadou BELLO

29 septembre 2016
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le vendredi, 30 septembre 2016 04:23