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vendredi, 11 novembre 2016 05:53

Attaque de Banibangou «Les poursuites contre les assaillants sont toujours en cours…»

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Banibangou Niger 01Les attaques terroristes deviennent de plus en plus fréquentes dans la zone nord Tillabéri, frontalière avec le septentrion malien. Après celle qui a visé la prison de haute sécurité de Koutoukalé, il y a de cela quelques semaines, c’est au tour de la localité de Banibangou, dans le département de Ouallam, d’être prise pour cible par des éléments armés non identifiés en provenance probablement du Mali, mardi 8 novembre, à l’aube. Selon le communiqué du ministre nigérien de l’Intérieur, de la sécurité publique, de la décentralisation et des affaires coutumières et religieuses, les assaillants lourdement armés, à bord de 2 véhicules et une dizaine de motos, sont venus vers 5 heures du matin pour attaquer la localité.

Mais contrairement à l’attaque de la prison de Koutoukalé où les agresseurs ont été repoussés sans qu’ils ne parviennent à faire des morts dans les rangs des forces de défense et de sécurité (FDS), à Banibangou le bilan est déplorable. Le communiqué du ministère de l’Intérieur a fait état de 5 morts et 4 blessés parmi les éléments de la Garde nationale et 2 morts dans les rangs des assaillants. En outre, il est mentionné l’arrestation de 26 personnes en possession d’armes et de munitions qui ont pu s’infiltrer dans la localité. C’est la version officielle des faits. Car selon Radio France Internationale (RFI), il y a aussi 4 soldats portés disparus, probablement capturés et emmenés avec eux par les assaillants. Quels constats peut-on en tirer ? Le premier enseignement, c’est bien évidemment la grande vulnérabilité des localités de la région de Tillabéri en dépit de sa proximité avec la capitale. En moins d’un mois, c’est la deuxième attaque armée perpétrée par des individus non identifiés dans la zone. Mais ce n’est pas cela qui surprend en somme les Nigériens, Tout le monde consent volontiers qu’elle est exposée à des menaces sécuritaires du fait notamment de la longue frontière qu’elle partage avec le septentrion malien totalement contrôlé par des factions rebelles touarègues et des groupes jihadistes et terroristes. Une présence physique effective de l’Etat malien est inexistante dans cette région ; ce sont ces factions et groupes qui tiennent les villes pour s’adonner en toute impunité à des actes criminels hautement répréhensibles comme les trafics de drogue et d’armes, les prises d’otages et les assassinats. Au regard de cette situation, nul ne peut être surpris d’attendre qu’une localité de la région de Tillabéri a reçu la visite d’assaillants armés. Tout comme il n’est plus surprenant d’apprendre l’agression d’une localité de Diffa par des éléments de la secte Boko Haram, à cause de la proximité des principaux fiefs de ladite secte avec la région. En revanche, ce qui est surprenant dans ces attaques armées dirigées contre la prison de Koutoukalé tout récemment et la commune de Banibangou mardi, c’est le mode opératoire des assaillants qui viennent à l’aube à motos pour une bonne partie d’entre eux, s’en prennent à des positions militaires pour livrer un combat frontal durable à l’issue duquel ils parviennent à faire des morts et des blessés dans les rangs des FDS et parvenir à s’échapper facilement et regagner leurs bases. Puisque c’est bien de cela qu’il s’agit. Comme lors de l’attaque de la prison de Koutoukalé, dans le communiqué du ministère de l’Intérieur, il est souligné que «le président de la République a donné des instructions fermes pour que les assaillants soient poursuivis et rattrapés. A cet effet les dispositions sont déjà prises ». Les assaillants qui ont attaqué Banibangou dans 2 véhicules et à motos ont-ils été interceptés et neutralisés avant de franchir la frontière et regagner le Mali ? Mystère et boule de gomme ! Or, de la même manière que l’annonce de l’attaque qui a endeuillé plusieurs familles nigériennes à été diffusée, de cette même manière il faut aussi notifier le résultat des poursuites engagées contre les assaillants. Mais cette doléance risque de ne jamais aboutir. Car aucun Nigérien lambda n’est au courant actuellement de la suite des poursuites engagées contre les ravisseurs du citoyen américain exerçant dans le domaine humanitaire enlevé à Abalak (Tahoua), au Nigérien lambda n’est au courant des mêmes poursuites engagées contre les assaillants armés qui avaient pour cible la prison de Haute sécurité de Koutoukalé. Les poursuites restent toujours en cours contre des assaillants à motos, qui ne disposent certainement pas d’une grande autonomie en carburant, pour parvenir échapper à des avions de guerre, des Toyota 4X4 Fokker et des drones qui peuvent facilement les intercepter et les neutraliser. Les poursuites se poursuivent. Il faut tout simplement s’en tenir à cette annonce officielle.

I.D 

11 novembre 2016
Source : Le Courrier

Dernière modification le vendredi, 11 novembre 2016 06:59