mardi, 22 novembre 2016 13:55

Naissance du Canard en furie : Du Canard déchaîné au Canard en furie : une question de conflit de générations !

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Canard Furie 2016La parution, la semaine dernière du Canard déchaîné est tombée comme un couperet sur l’ancienne équipe rédactionnelle. Contre toute attente, alors que la rédaction avait rendu public un communiqué dans lequel il est dit qu’à partir du N° 752 en date du 29 août 2016, Le Canard déchaîné sera absent des kiosques pour cause de départ en congé, le voilà qui réapparaît mais, tenez- vous bien, hors de son siège habituel ; avec une nouvelle équipe rédactionnelle et une nouvelle police d’écriture.

Cet organe historique qui a été de tous les combats pour l’instauration d’une véritable démocratie et l’avènement d’un Etat de Droit dans notre pays et auquel les lecteurs et lectrices ont apporté leur soutien indéfectible, vient ainsi de connaître une profonde et incompréhensible mutation. Le Canard déchaîné que vous connaissiez n’existe, donc, plus. Il a été excommunié pour faute morale grave et la communauté des canards n’admet pas certaines légèretés. Sur ses cendres, éparpillées aux quatre vents des prairies roses, est né le Canard en furie. Le Canard en furie ? Oui, car ce tout nouveau canard porte sur ses épaules, assez robustes, il faut le croire, la furie de toute une rédaction révoltée et décidée à perpétuer cette belle histoire d’amour qui a commencé un beau jour de 2001 et qui s’est consolidée au fil des ans, incrustée dans la liberté d’expression et de presse garantie par la Constitution du 25 novembre 2010. Un canard, c’est la liberté et la défense de certaines valeurs. Lorsqu’elle est corrompue, il n’y a plus de canard qui tienne.

Du Canard déchaîné au Canard en furie, c’est, donc, une question de conflit de générations : des générations de canards qui n’ont ni la même perception des problèmes du Niger, ni la même vision de la démocratie, de l’Etat de droit, de la justice, encore moins la même compréhension de la mission traditionnelle à laquelle tout canard, depuis la nuit des temps, s’est plié : informer librement.

Un véritable sacerdoce en ces temps qui courent où, dénoncer la malgouvernance, les dérives dictatoriales, les scandales de gestion, expose inéluctablement à la «diète noire publicitaire», c’est à dire se voir épinglé à la liste noire des journaux interdits de publicité de la part de toutes structures étatiques. C’est le moyen machiavélique que le système politique actuel a trouvé pour étouffer la presse libre et critique qui a choisi de ne pas taire les énormités du régime. C’est un choix librement consenti et le tout nouveau canard en furie l’assume pleinement.

Rendre les armes, dans le contexte social, politique et financier du Niger actuel où le peuple, angoissé et désemparé, scrute la moindre lueur d’espoir, c’est rajouter à sa perplexité et préférer miser sur le présent au détriment de l’avenir. L’avenir ! L’avenir qui est le refus catégorique de cette propension aux reniements, c’est-à-dire à la facilité et à l’asservissement, en somme la croyance en Dieu et en son infinie bonté.

Notre conviction est que le Niger a plus que jamais besoin de nous, de notre soutien et de notre concours. La démocratie a plus que jamais besoin de notre engagement et de notre détermination pour la défendre. La justice et l’Etat de droit ne s’affermiront qu’avec notre capacité à dénoncer les travers, les injustices et les passe-droits. Et que le Niger restera le Niger tant que ses enfants garderont en tête que l’argent corrompt, donc, altère, pourrit, dégrade et désagrège. En un mot, le Niger ne peut se construire dans cette logique pernicieuse de reniements.

Le Canard en furie, qui nous le savons par intuition, bénéficiera d’emblée de votre soutien massif se jette ainsi dans la bataille pour un Niger de paix et de concorde ; un Niger de liberté.

Chers lecteurs, nous savons que vous saurez faire la différence entre un canard boiteux et un canard majestueux. Le premier marche en clopinant parce qu’incertain dans sa démarche et dans son combat ; le second, qui vient pourtant de naître, a une fière allure, fort de ses convictions républicaines et démocratiques ; le premier est sourd-muet face aux misères actuelles du peuple nigérien tandis que le second garde toutes ses facultés et entend inscrire son nom au panthéon de l’Histoire qui est en train de s’écrire. Enfin, l’un est anachronique, travesti dans des habits usurpés alors que le second épouse vos préoccupations et votre soif de liberté !

22 novembre 2016
Source : Le Canard en Furie

Dernière modification le mardi, 22 novembre 2016 15:30