vendredi, 02 décembre 2016 23:46

11ème édition du ‘’Programme Edward R. Murrow’’ à New York, aux Etats Unis d’Amérique Ensemble, pour la résolution des défis communs

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Samira Sabou Programme Edward R. Murrow NigerC’est sous l’égide du Gouvernement des Etats Unis d’Amérique (USA), à travers le département d’Etat aux Affaires Pédagogiques et Culturelles, que les lampions de la 11ème édition du ‘’Programme Edward R. Murrow’’ se sont éteints le 18 novembre dernier, à New York. Ce programme tient son nom du journaliste américain Edward R. Murrow, né le 25 avril 1908, décédé le 27 avril 1965. Connu pour son honnêteté et son intégrité dans le travail, les historiens traditionnels le considèrent comme l’une des plus grandes figures du journalisme. Le programme a été entièrement financé grâce aux taxes du contribuable américain, des bénévoles ont donné de leur temps pour structurer les différentes étapes de ce voyage, et le ‘’Meridian International Center’’, qui est une institution à but non lucratif, a apporté son concours pour une mise en œuvre effective des différentes activités.

Cette 11ème édition a été inscrite dans un autre programme dénommé ‘’Leadership pour les Visiteurs Internationaux’’(IVLP). Et, depuis 75 ans, les USA invitent chaque année plus de 4500 participants du monde entier, venant de domaines de compétences variées. Cette année donc, ce sont 82 journalistes issus de 75 pays dont le Niger, qui ont eu l’occasion, pendant 18 jours, de découvrir le pays de l’oncle Sam à travers ses organes de presse, ses compétences en matière journalistique, et sa culture.

Tout au long de leur séjour, les participants ont bénéficié de plusieurs séances de formation et d’échanges sur les pratiques journalistiques. Le sujet des médias nouveaux et traditionnels à l’ère du numérique a été au centre des différents panels, mais il y avait également à l’ordre du jour des sujets aussi variés que la présence de l’Armée Américaine sur la scène internationale. En outre, les aspects pré et post électoraux ont été aussi abordées tout au long de cette assemblée.  

De prime abord, les échanges devaient permettre aux participants de collaborer en vue de la résolution des défis communs. Les différentes interventions ont particulièrement permis aux confrères journalistes, venus de plusieurs contrées du monde, et aux Américains, de se faire une idée sur les pays représentés. Ainsi, les participants ont été scindés en 7 groupes: L’Afrique anglophone, l’Afrique francophone, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, l’Asie de l’Est et du Pacific, l’Amérique du sud, et l’Europe.

En ce qui concerne le groupe de l’Afrique Francophone où notre pays a été classé, il a été question de découvrir les Etats de Washington, du Nevada, de la Floride et de New York. Trois interprètes étaient mis à la disposition de chaque groupe.

Washington

La première étape de ce groupe a été à Washington. Le secrétaire d’Etat américain, M. John Kerry, a lancé un message fort à l’endroit de la presse et des personnalités influentes du monde entier.

En effet, en tant que principal conseiller du Président américain en matière de politique étrangère, et étant le principal responsable de la représentation des États Unis à l’étranger, M. Kerry a de prime abord soutenu que son pays est engagé dans une dynamique permettant de façonner un monde plus libre, plus sûr, et plus prospère, tout en formulant, en représentant, et en mettant en œuvre la politique étrangère du Président Obama. ‘’Le Bureau des Affaires Pédagogiques et Culturelles favorise la compréhension mutuelle entre les États Unis et d’autres pays par le biais d’échanges internationaux’’, a précisé le secrétaire d’Etat américain.

Abordant l’exercice du métier journalistique à travers le monde, M. John Kerry a relevé que plus qu’en toute autre époque, le monde d’aujourd’hui a besoin de la vérité, et il revient à tous de savoir comment la gérer. Selon lui, dans certains pays, il est actuellement dangereux et tabou de faire un travail de presse qui relate des faits véridiques ou qui dérangent: ‘’On dit même que certains pays ne sont pas prêts à la démocratie. Pourtant, aucun pays n’est prêt à la dictature’’, explique le secrétaire d’Etat américain, tout en ajoutant que la bonne gouvernance ne consiste pas à extirper les richesses d’un pays pour les loger dans des paradis fiscaux, au détriment du développement du pays.

C’est ainsi qu’il a rappelé qu’aux Etats–Unis, les journalistes sont respectés et sont libres de mener leur enquête et leur travail sans qu’aucune censure ou menace d’emprisonnement ne pèse sur la qualité de leur fonction. Parlant de la politique étrangère de son pays, il a relevé que les USA sont blâmés pour bien des choses. Néanmoins, M. John Kerry est revenu sur des réalisations humanitaires faites par son pays, et qui ont joué un rôle déterminant dans la marche du monde.

‘’Lors de la crise d’Ebola en Afrique, le Président Barack Obama a déployé quelque 3000 soldats pour pallier cette crise sanitaire qui aurait, sans notre intervention, emporté des millions d’individus. Toujours en Afrique, nous avons mené de vastes politiques pour endiguer une large propagation du virus du Sida. Ce sont aussi les Etats Unis qui ont décrété le Plan Marchal qui a contribué à la reconstruction de l’Europe après la 2ème guerre mondiale, a affirmé le secrétaire d’Etat américain qui pense qu’il n’y a pas un autre pays qui a fait autant d’efforts pour un monde plus libre.

Dans le Nevada

Du 03 au 09 novembre, la délégation de l’Afrique francophone a séjourné dans l’Etat du Nevada et plus particulièrement dans la ville de Reno. C’était l’occasion de se familiariser avec les opportunités offertes par l’Université de Journalisme de Reno. ‘’Nous offrons des bourses limitées qui donnent la possibilité aux étudiants nationaux et étrangers de faire des recherches sous la supervision d’un professeur. Cette formule est une occasion d’étudier gratuitement pendant trois semestres dans une quelconque matière’’, a expliqué le recteur de ladite université, M. Dean Al Stavitsky, qui a par ailleurs mis ses collaborateurs et ses étudiants à contribution pour nous faire visiter l’université. A cette occasion, nous avons été conviés à prendre part au cours de journalisme sur la race, le genre et les médias, dispensé par la professeure Isabelle Farve.

Une visite guidée s’en est suivie au niveau du campus universitaire et de la radio KUNR, qui a un démembrement sur ce terrain. A ce niveau, il a été question de nous initier aux méthodologies à suivre pour faire fonctionner une radio sans avoir recours à de la publicité, et aux façons d’effectuer un sondage.

Pour avoir séjourné dans la ville de Reno durant la nuit électorale, il s’est avéré pertinent de suivre le processus électoral. De ce fait, nous nous sommes entretenus avec les responsables de la commune de Washoe qui sont mandatés pour l’enregistrement des électeurs. ‘’Comme vous pouvez le constater, certains individus ont commencé à voter avant la date officielle du 8 novembre, nous appelons cela le vote par anticipation. Néanmoins, le dépouillement se fera le même jour pour l’ensemble des votants du pays. En outre, les dispositions de notre code électoral permettent de voter par la poste,’’ nous informe une dame.

Le jour du vote officiel, nous nous sommes rendus à l’école secondaire de Reno, où un bureau de vote est installé. Tout le processus est informatisé. La file n’était pas longue, l’ambiance était calme et détendue. Aucun incident ou anomalie n’a été décelé par les quelques observateurs présents. Plusieurs médias américains étaient aussi sur les lieux.

En Floride

L’Etat de la Floride, et plus précisément la ville de Tampa, a été la troisième étape de notre programme. Du 09 au 15 novembre, l’ensemble des 82 journalistes se sont retrouvés après avoir été dispersés dans 7 états différents pour suivre les élections. A Tampa, il y a eu des rencontres avec le président et la vice-présidente du ‘’Poynter News University’’. En outre, le directeur général du journal ‘’Tampa Bay Times’’ a tenu à marquer de sa présence les différentes rencontres.

Des notions et des techniques ont été fournies aux participants sur journalisme d’investigation en 2016. A ce niveau, un diner avec Mr Dan Rather, éminent journaliste et ami d’Edward R. Murrow, a permis de cerner les limites qu’il faut s’imposer quand il s’agit de faire du journalisme d’investigation.

La révolution du ‘’Big Data’’, soit ‘’comment on peut apprendre sur son audience au niveau des réseaux sociaux’’, le pouvoir de la photographie dans un monde digital, le leadership féminin, sont autant de domaines sur lesquels nous avons acquis de plus amples connaissances.

Par ailleurs, un catalogue de nouveaux ‘’Tools Digital’’ a été mis à la disposition de l’équipe, ce, pour un nouveau et un meilleur journalisme. Il s’agit de : Vidéolicious, StorymapJS, TimelineJS , JuxtaposeJS , SoundCite , Datawrapper, Infogr.am, Canva, Kinemaster, et Hyperlapse.

Ce sont autant d’outils qu’on peut télécharger sur internet, et qui peuvent nous aider à améliorer nos reportages vidéos et articles. A titre d’exemple, JuxtaposeJS nous offre la possibilité de disposer nos images et nos textes de façon professionnelle, afin de démontrer ce qu’était une situation avant et ce qu’elle est devenue après. Quant à StorymapJS, il donne l’opportunité de rapporter une histoire de façon dynamique sur une carte. Tandis qu’Infogr.am permet de soutenir l’information sous forme de diagramme dynamique.

Toujours à Tampa, et sur un tout autre plan, une visite a été effectué au ‘’MacDill Air Force Base’’, où les activités de cette base nous ont été présentées par le Général Joseph L. Votel. C’est ainsi que nous avons pris connaissance des opérations de l’Armée Américaine qui sont actuellement concentrées dans la zone du Moyen Orient. Il a également été question des structures des différents services spéciaux de l’Armée Américaine et de leurs modes d’intervention dans le monde.

A l’étape du ‘’Pinellas Technical College’’, des panélistes ont intervenu pour nous édifier sur le processus d’éligibilité, d’accueil et d’assimilation des réfugiés.

A New York

Les journalistes participant à la 11ème édition du ‘’Programme

Edward R. Murrow’’ ont eu droit à plusieurs panels élaborés par des ambassadeurs, des responsables de la télévision ‘’FOX News’’, le chef de la direction des analyses au ‘’New York Times’’, le correspondant spécial de ‘’VanityFair’’.

Dans ces panels, rien n’a été laissé au hasard en ce qui concerne les contours du journalisme et des médias nouveaux et traditionnels à l’ère du numérique. Le rôle des médias lors de la campagne électorale a largement été analysé, d’autant plus que dans l’ensemble, ils ont été trompés par les sondages. Ils reconnaissent que les frasques de Donald Trump ont permis, pour certains, d’augmenter leur côte d’écoute, et certains reconnaissent à priori n’avoir pas mis l’accent sur Hillary. Et cette situation a posé le débat sur la déontologie en période électorale. Pour ce qui est des médias et de l’activisme, là aussi les participants ont bénéficié de l’expertise de plusieurs panélistes.

Sous l’égide du directeur des Couvertures des Marchés Emergeants à Bloomberg, M. Nikolaj Gammeltof, et de l’éditrice de la rubrique des actualités, Mme Sarah Kopit, il a été question de s’entretenir avec les groupes de l’Afrique francophone et anglophone sur les couvertures médiatiques en matière de marchés financiers.  

En outre, nous a été édifiés sur un nouveau type de journalisme, dénommé ‘’ Journalisme de Solution’’. C’est au niveau du siège de cette Organisation à but non lucratif qu’on nous a inculqué les notions relatives à ce nouveau concept. ‘’L’Afrique de l’Ouest est à présent un de nos centres d’intérêt. Nous offrons des possibilités de formation à vos responsables d’organes de presse’’, explique la directrice de programme, Mme Carolyn Robison, qui est largement revenu sur le concept du ‘’Journalisme de Solution’’.

Activités culturelles et système de transport

De Washington au Nevada, en passant par la Floride et New York, les organisateurs de ce programme nous ont offert tout ce qu’ils ont de beau et de savoir-faire en matière culturelle. A titre d’exemple, en ce qui concerne les musées, on peut retenir l’histoire des Afro-américains, du journalisme, de ‘’Pyramid Lake Tribul Museum’’, et de ‘’Salvador Dali Museum’’.

D’un point de vue naturel, les participants ont donné de leur temps, à travers une activité communautaire de plantation à la plage de ‘’Fort De Soto’’, visant à protéger les berges. L’immensité du pays a exigé, lors de nos déplacements d’un Etat à un autre, de faire recours à un transport adapté et rapide. En effet, chaque Etat américain dispose d’au moins un aéroport international. Les coûts moyens des billets varient de 69$ à 200$, mais fluctuent aussi selon les périodes de l’année et des sièges choisies à bord de l’avion.

La diaspora Nigérienne et les élections présidentielles Américaines

A quelques heures du décompte final, la diaspora nigérienne nous évoquait ses impressions. Pour la représentante de la Mission du Niger auprès de l’Organisation des Nations Unies, à New York, Mme Leila Tino, les États-Unis d’Amérique jouent un rôle important en termes de promotion du développement en Afrique dans de nombreux domaines comme l’éducation, la santé, l’économie, la technologie et le renforcement des relations avec les pays du Continent. Elle a espéré que le nouveau président des États-Unis d’Amérique continuera à soutenir le Niger, et que les relations diplomatiques entre les deux pays seront davantage renforcées, notamment dans les domaines de la sécurité, du développement et du libre marché, afin de promouvoir la croissance et l’investissement du secteur privé nigérien.

Samira Sabou

Envoyée Spéciale

03 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

 

Dernière modification le samedi, 03 décembre 2016 00:51