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vendredi, 16 décembre 2016 01:17

Le Sultanat de l’Aïr, de 1405 à nos jours : Du sultan Younous à Oumarou Ibrahim Oumarou

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Une tradition orale solidement établie rattache le sultanat de l’Aïr à Istamboul, d’où le nom d’’’Istamboulawa’’ terme haoussa qui signifie ‘’gens d’Istamboul’’, donné aux titulaires de cette chefferie. Le 1er sultan de l’Aïr fut Younous. Il régna de 1405 à 1425 et a été remplacé par Ag Assane qui régna pendant 6 ans avant d’être évincé par son frère cadet Ilissawan dit Al Faki.

Les premiers sultans n’avaient pas de résidence permanente, mais menaient une existence nomade à Assodé, non loin d’Iférouane, puis dans la région de Tadeliza (30km au nord d’Agadez) où d’ailleurs furent enterrés plusieurs ancêtres des sultans de l’Aïr, qu’ils abandonnèrent pour s’établir de façon permanente à Tin’Chamane.

Avec Ilissawan, le Sultanat s’établit définitivement à Agadez où les tribus touarègues lui construisirent un palais qui matérialise l’implantation de la dynastie et manifeste sa puissance.

La ville d’Agadez, qui prospérait au XVIème siècle, était une cité commerçante et caravanière. Véritable Amenokal (chef suprême), le sultan présidait chaque année une grande réunion des grandes tribus pour régler les différends, organiser les caravanes vers le kawar ainsi que son système de protection.

Le sultan avait un ministre des Affaires Etrangères, le Tourawa, qui participait à toutes les caravanes pour défendre les intérêts des Touaregs, mais surtout exiger l’application des conventions y afférentes ou signées avec les chefs du Kawar. Cette institution date du début de l’installation des Illissawan à Agadez.

Les privilèges dont jouissait le sultan vont susciter des rivalités des mêmes membres de la famille régnante de l’époque des Ilissawan dont les successeurs ont eu des règnes plus ou moins courts. Amani, le frère d’Illissawan, fut assassiné après 4 ans de règne par les descendants de Tassanete.

En 1453, Ibrahim Ben Halazi devint sultan de l’Aïr, mais a été vite renversé en 1462   par Youssouf ben Aïchata, qui fut détrôné en 1478 d’un règne de 16 ans, par Mohamed El Kébir, lui-même chassé en 1487 par son frère Ibrahim Mohamed Sataf.

Tantôt évincés ou assassinés par des membres de leurs propres familles, les règnes des sultans n’ont pas connu de stabilité. C’est sous le règne du sultan Ibrahim-ed-Dasouqy, intronisé le 1er août 1907, que des manuscrits très anciens, les textes et les chroniques, ont été recopiés en 70 pages et mis à jour pour l’histoire.

Par Abdoulaye Harouna, ANP-ONEP/Agadez

16 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/