vendredi, 16 décembre 2016 01:25

Agadez SOKNI : Sous le signe de l’art et de la culture touaregs

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Les festivités et réjouissances qui se tiennent à Agadez dans le cadre de la célébration de la commémoration de la fête de la République se révèlent comme une grande opportunité de la découverte ou la redécouverte de l’art et la culture touarègues dans toutes leurs richesses et leurs diversités.

Depuis le lancement des activités le 12 décembre 2016 à travers foires, colloques, expositions littéraires et art plastique, cérémonie d’intronisation du Sultan d’Agadez, compétitions artistiques et musicales nocturnes, cérémonies d’éducation au patrimoine sur des sites de l’ancienne ville, l’art et la culture touaregs et nomades dans toutes leurs dimensions sont abondamment illustrés, chantés, exhibés et glorifiés.

Des centaines d’invités nationaux que ces manifestations ont drainé à Agadez, dont des invités et touristes européens venus par vols charters, vivent et savourent, dans la capitale de l’Aïr, des moments intenses de joie, de découverte, de détente et de partage. Les activités de célébration sont de jour en jour plus alléchantes à travers des endroits et sites comme la Maison de la Culture, le Stade Régional et ses terrains annexes, la devanture du Palais du Sultan, l’enceinte de l’Alliance française, l’Arène des jeux traditionnels, l’Hippodrome, etc. Ce que la culture touarègue offre de plus populaire et qui a une grande valeur marchande, c’est son artisanat.

A ce sujet, Agadez est une grande vitrine, un haut lieu de création artisanale. La bijouterie touarègue, notamment la fameuse Croix d’Agadez, les bijoux torsadés, la maroquinerie, la sculpture sur support bois ou métal, les vêtements traditionnels et autres objets tissés et même des produits culinaires et des productions maraichères des oasis, sont abondamment exposés à la foire qui se tient dans l’Alliance française d’Agadez. Chaque jour, des centaines de visiteurs se succèdent devant les stands pour admirer la diversité et la beauté des produits des artisans locaux et de ceux venus des autres régions du Niger.

Rarement, groupe social ou ethnolinguistique au sud du Sahara a fait objet ou offert autant de sujets d’ouvrages littéraires que les Touaregs. C’est l’inventaire de cette richesse et de cette diversité d’écrits que l’exposition littéraire et d’art plastique, qui se tient à la Maison de la Culture d’Agadez, a essayé de faire et de faire découvrir au public.

Ethnologues, historiens, géographes, archéologues, auteurs d’essais politiques et même des journalistes, ont produit une abondante et riche bibliographie sur la Société touarègue. On peut citer des ouvrages et des auteurs comme ‘’Touaregs nigériens’’ de Edmond Bernus ; ‘’Agadez et sa région : contribution à l’étude du Sahel et du Sahara’’ du Pr Adamou Aboubacar ; ‘’Agadez, porte du désert’’ de Abdoussalam Mahadi; ‘’Musique touarègue, du symbolisme politique à une singularisation esthétique’’ de Anouck Genthon ; ‘’les médecines touarègues traditionnelles, approche ethnologique’’ de Jaques Hureiki; ‘’Lexique illustré du Tamajaq-français’’; ‘’Contes, proverbes et devinettes touarègues’’; ‘’Ccontes et légendes touarègues du Niger’’ de Laurence Rivaillé et Pierre Marie ; ‘’Le Sultanat Touareg de l’Aïr au Carrefour du Soudan et de la Berberie’’ de Djibo Hamani ; ‘’Ma Caravane de sel’’ de Aghali Abdou ; ‘’Je suis né avec du sable dans les yeux’’ de Mano Dayak ; ‘’Dahomey, Niger, Touaregs, récits de voyage’’ de Georges Joseph Toutet ; ‘’Sahara vision atomique’’ ; ‘’Rebellion touarègue : qui a tué Mano Dayak’’ de Seidik Abba ; ‘’ Niger 1995, révolte touarègue, du cessez-le-feu à la paix définitive’’; ‘’Inzad ou le destin de Ghaisha’’ de notre confrère Ibrahim Manzo Diallo.

Il y a aussi des auteurs comme Jean Pierre Gourmelon: ‘’Chronique Touareg’’; Mohamed Barka ; ‘’Les touaregs Oullimindens’’ de Kélétégui Mariko ; ‘’les touaregs face aux sécheresses et aux famines’’ de Gerd Spittler ; ‘’Les Kel aways’’, ‘’Touaregs du 21ème siècle’’ de Issouf ag Maga. Il y a aussi des auteurs comme Mohamed Agali Zodi ; Ramadan Elghamis ; Abba Annour ; Almoustapha Tambo, etc.

Mais la compréhension d’une société humaine, c’est aussi le rapport avec son environnement physique et son milieu naturel. A ce sujet, l’Aïr et le Ténéré recèlent et offrent non seulement des paysages pittoresques mais aussi des sites particuliers recelant des gravures rupestres, témoignages de ce qu’a été le Sahara le long des âges et des siècles, ainsi que des sites d’une grande richesse archéologique comme le cimetière des dinosaures de Gadafaoua, mais aussi des sites historiques comme Assodé ou la ville même d’Agadez classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Aussi, la célébration d’Agadez Sokni a inscrit des thèmes d’éducation et de vulgarisation à ce sujet. L’Exposition littéraire de la Maison de la Culture, elle, consacre un aspect à la question de ce patrimoine que sont les gravures rupestres et autres trésors archéologiques, en mettant en exergue les actions de certaines ONG comme Anigourane dans la protection et la valorisation de l’art rupestre du Niger.

Anigourane poursuit l’objectif non seulement de recenser l’ensemble des gravures rupestres de la région d’Agadez, mais aussi de créer les conditions pour que cet art devienne un levier économique pour les habitants des zones qui les recèlent.

L’exposition rend également hommage au Dr Boubé Gado pour ses recherches sur l’archéologie et les arts rupestres au Niger. Les découvertes de la culture des populations de l’Aïr, c’est aussi musical, poésie et spectacles qui ont été abondamment démontrées aux cérémonies de lancement de chaque activité du programme d’Agadez Sokni, mais aussi durant la cérémonie d’intronisation du sultan d’Agadez.

Tasco, Oyiwone, Albichir et bien d’autres formations musicales traditionnelles et modernes d’Agadez et de l’Aïr ne font qu’agrémenter la fête Agadez Sokni des fruits de leurs riches répertoires. Nuit et jour, des airs mélodieux et poétiques, accompagnés aux sons de Tendé, de l’Inzad et d’autres instruments à percussion, à vent ou à cordes, bercent la ville d’Agadez dans une ambiance de fête, de brassage et de fraternité. Le clou des spectacles et de cette fête sera le défilé civil et militaire, et la grande fantasia qui mettra en valeur des chameliers, des cavaliers, des âniers et leurs montures harnachées le jour du 18 décembre 2016.

Mahaman Bako, envoyé spécial(onep)

16 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/