jeudi, 12 janvier 2017 10:52

Dossier des mille et une malversations d'Assane Seïdou à la ville de Niamey : Quand les intérêts partisans priment sur ceux de l'État

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Assane Seidou Ville Niamey 01En début novembre 2016, lorsque 22 des 45 conseillers de ville que compte la Ville de Niamey ont déposé une motion de défiance contre Assane Seïdou, le président du Conseil, la majorité écrasante des Nigériens pensaient que ce prédateur hors du commun serait, pour une fois, définitivement expédié derrière les barreaux. Il y avait de quoi. Véritable brigand sans scrupule ni vergogne qui agit à visage découvert, Assane Seïdou fait partie de cette race détestable de compatriotes qui mettraient les deux mains dans une lave volcanique en ébullition pour y tirer le moindre petit billet de banque. L'homme n'a qu'une motivation: l'argent ! L'argent et toujours l'argent !

Il ne s'indigne même pas qu'on l'accuse de détournement de deniers et biens publics, de chantages et de raquettes sur les prestataires et les fournisseurs de la ville de Niamey. Assane Seïdou est pourtant toujours là, avec désormais un permis à tout faire. Pour le plus grand malheur des agents de la municipalité qui attendent toujours le moindre salaire depuis sept longs mois. Une calamité aussi pour le Niger dont les intérêts sont ainsi passés à la trappe au détriment de rentes partisanes. Avec sept mois d'arriérés de salaires impayés à ce jour, l'homme ne traîne pas que son incapacité à assumer correctement ses missions. Il a fait la preuve qu'il reste un prédateur hors du commun, spoliant la ville de Niamey de moyens financiers colossaux à travers un vaste réseau d'entreprises derrière lesquelles il se trouve. Assane Seïdou a ainsi mis en place une sorte de toile qui capte tout ce qui rapporte de l'argent. Il est au début et à la fin de tous les processus liés à des prestations et fournitures. Et lorsqu'il arrive que le travail attendu est hors des cordes de ses "entreprises", le bénéficiaire du marché le trouvera nécessairement sur son chemin. Qui que tu sois, tu ne peux éviter son pourcentage, qu'il perçoit lui-même directement, sans intermédiaire et en espèces sonnantes et trébuchantes. De toute façon, il garde par devers lui, en lieu et place du Trésor à qui il les a repris, les ordres de virement bancaire. Les conseillers signataires de la motion de déviance avortée sous la pression du pouvoir central de Niamey ont évoqué, entre autres raisons, les quatre mois d'arriérés de salaires des agents ainsi qu'une gestion mafieuse qui a saigné les finances de la ville. Les personnels accusent aujourd'hui sept mois, soit trois autres accumulés par Assane Seïdou depuis qu'il a échappé à la déchéance. Mais ce n'est sans doute que partie remise, les malversations commises par Assane Seïdou ne pouvant produire, en fin de compte, qu'un long séjour derrière les barreaux. Les griefs retenus contre lui sont nombreux : retards monumentaux dans la fourniture de carburants pour le fonctionnement des services (depuis janvier 2016) ; assurances de véhicules et engins bloquées depuis octobre 2016 pour faute de paiement du montant y afférent (29 millions) ; léthargie générale dans tous les arrondissements communaux pour incapacité de la ville de Niamey à mettre à disposition la dotation globale de fonctionnement, une dépense pourtant obligatoire ; gel forcé des sessions ordinaires du Conseil de ville de Niamey et ceux des arrondissements communaux, en violation du Code général des collectivités territoriales, le chapelet des manquements graves opposés au prédateur de la ville de Niamey est long à égrener. " Pendant ce temps, écrivent les conseillers signataires de la motion de défiance, les maigres ressources de la ville sont accaparées au profit d'un cercle restreint de prestataires de services dont leur proximité avec Assane Seïdou est trop troublante ".Et pour illustrer leurs accusations, ils évoquent quelques cas. C'est notamment l'affaire de l'établissement SOUKA, un établissement qui est apparu subitement à la ville de Niamey à titre de prestataire avec l'avènement d'Assane Seïdou. A son compte, cet établissement affiche, pour la seule année 2016, et sur des recettes globales de 4 681 397 705 FCFA, un compteur époustouflant : 626 823 698 FCFA grappillées sur les recettes de la ville parvenues au Trésor public au 31 octobre 2016, soit 13% des recettes passées par le Trésor national. C'est sans compter tout l'argent que SOUKA a directement perçu au niveau de la caisse centrale du receveur de la ville.

Assane Seïdou n'a rien à foutre si les agents de la ville ne sont pas payés. L'essentiel pour lui, c'est de se remplir les poches et il le réussit bien.

Le 11 août 2016, date à laquelle les personnels de la ville ont touché leur dernier salaire, le compte de la ville était créditeur de 671 312 686 FCFA. Sur cette somme, SOUKA a perçu 14%, soit 97 805 960 FCFA tandis que le montant restant est distribué aux autres membres du réseau d'Assane Seïdou. Aucune conscience professionnelle ! Pas un copeck n'a été destiné au carburant qui manque de façon chronique, plombant le fonctionnement des services, au règlement des assurances des véhicules et engins qui étaient en souffrance à la Leyma [Ndlr : maison d'assurance], encore moins au paiement des salaires qui peuvent s'accumuler autant que possible. Pendant que toutes les saisons sont des printemps pour lui et ses réseaux mafieux, un hiver draconien s'abat sur la ville. À la date du 31 octobre, soit une semaine avant le dépôt de la motion de défiance, les comptes de la ville au Trésor public étaient dans le rouge. Il était débiteur de 160 043 752 FCFA. En vérité, Assane Seïdou est une calamité pour la ville de Niamey. C'est ce que les conseillers ont tenu à souligner en précisant qu'en lieu et place des services du Trésor public et/ou de la recette municipale de la ville, c'est Assane Seïdou en personne qui détient les ordres de virement bancaire des fournisseurs qu'il a repris du Trésor.

Les taxis iraniens et les 1822 parcelles : une manne financière énorme pour le prédateur de la ville de Niamey

Bénéficiaire d'un don de 100 taxis de la part de l'Iran, la ville de Niamey n'a jamais encaissé le moindre franc de ces taxis dont elle aurait mieux fait de se débarrasser, car synonyme de concurrence déloyale vis-à-vis des privés. Une société de gestion, City transport, est créée. À ce jour, personne n'est capable de vous dire ce que la mise en circulation de ces taxis a généré comme produits à la ville. Même une audition du directeur général de City transport n'aura pas permis d'y voir clair. En juillet 2016, le conseil avait bien décidé, au regard des contours flous de l'affaire, de l'inscrire à l'ordre du jour d'une session extraordinaire à convoquer avant la fin d'août de la même année. Mais peine perdue. Assane Seïdou, qui sait probablement ce qu'il y a sous ce voile noir, a fait du dilatoire pour ne jamais convoquer la session attendue. Cela paraît extraordinaire, mais c'est exact : même les conseillers ne connaissent même pas les membres du conseil d'administration, à plus forte raison les actionnaires éventuels et leurs parts dans la constitution du capital social.

Les 1822 parcelles de Moussa Kimba ou l'escroquerie du siècle

Autre affaire scabreuse qui a défrayé la chronique et dans laquelle le prédateur de la ville de Niamey a sévi, 1822 parcelles ont été généreusement octroyées - c'est le mot utilisé par les conseillers de ville - à un certain Moussa Kimba dit Dada, en l'absence de tout support juridique valable et/ou d'une contrepartie financière. Une question qui aurait dû aussi être discutée lors de la session extraordinaire demandée par les conseillers de ville pour fin août 2016. Selon des informations dignes de foi, Assane Seïdou aurait fait main basse sur plus de la moitié des parcelles concernées dans ce dossier et qu'une bonne partie des fruits de cette escroquerie gigantesque aurait largement profité à son parti pour se maintenir au perchoir du conseil de ville. Suite du dossier dans notre prochaine livraison.

Laboukoye

12 janvier 2017
Source : Le Courrier

Dernière modification le jeudi, 12 janvier 2017 23:12