dimanche, 15 janvier 2017 20:56

Rétrospectives de l’année 2016 : Les faits marquants dans le domaine de la promotion de la femme nigérienne

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Femmes Niger 2017 01L’année 2016 a été riche en événements. Il est question des marches, des revendications, des déclarations, des opérations de salubrité, de la journée nationale de la femme et de la représentativité des femmes dans les prises de décision.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de la Renaissance Acte II du Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou, le gouvernement a pris l’engagement qu’une politique soutenue en matière de population sera menée selon nos us et coutumes. Cette politique a été renforcée par la promotion des actions équitables en faveur des femmes et des hommes.

Le Ministère de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant a mis en œuvre des plans d’actions nationaux pour le renforcement des capacités en leadership féminin et en droits humains. Des actions qui contribuent largement à assurer l’intégration effective du genre en tant que variable dans toutes les études et recherches sur les conditions socio-économiques des populations et à renforcer les capacités des femmes en matière de leadership et leur participation aux instances de prise de décisions à tous les niveaux.

Parler des faits marquants de l’année 2016, c’est aussi évoquer les célébrations des journées dédiées aux femmes. Au Niger, les femmes ont fêté le 8 mars «Journée Internationale de la Femme » et le 13 mai « Journée Nationale de la Femme Nigérienne ». Même si la première journée est célébrée au plan mondial, il n’en demeure pas moins que la seconde d’envergure nationale, mobilise plus d’adhérentes ici au Niger. Toutes les femmes sortent ce jour-là pour célébrer cette journée souvent avec faste. Cette célébration est l’occasion pour elles de s’affirmer en uniforme, elles prennent d’assaut les salles et autres locaux de rencontre pour écouter des messages, échanger sur des thèmes     relatifs aux conditions de la femme. Mieux, elles manifestent leur solidarité à l’endroit de leurs sœurs qui sont dans le besoin. Elles se retrouvent généralement après la fête dans les centres hospitaliers pour remettre des dons divers.

Le choix du thème de ce 25èmeanniversaire de la Journée Nationale de la Femme « autonomisation de la femme » n’est pas fortuit. Il est plein de bon sens pour la promotion de la femme. En effet, on est au terme des Objectifs du Millénaire pour le Développement, et en octobre 2015, les Nations Unies ont adopté un nouveau programme mondial décliné en 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) dont le 5èmeest ‘’Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles’’.Outre l’Objectif 5, onze des 17 ODD comportent des cibles sur l’égalité des sexes. Il est donc tout à fait normal que ce thème soit choisi pour une large sensibilisation et une mobilisation sociale, pour que notre pays, le Niger, soit au rendez-vous de l’agenda 2030 avec des résultats très satisfaisants. Dans son adresse lors de cette commémoration, la ministre de la Promotion de la Femme de l’époque a déclaré « La fête du 13 Mai ne doit pas se limiter à faire le bilan des progrès réalisés ; elle doit être l’occasion pour réfléchir sur les nombreux défis et les obstacles qui persistent sur des domaines stratégiques liés à l’autonomisation de la femme nigérienne ». Le Niger a élaboré une stratégie nationale d’autonomisation des femmes axée sur quatre composantes notamment l’allègement des tâches domestiques des femmes ; l’appui aux productions agricoles et pastorales en allouant des terres aux femmes dans le cadre de l’Initiative 3N pour entreprendre l’agriculture pluviale ou irriguée; le micro- crédit aux femmes; les actions d’accompagnement à travers les centres d’éducation et de promotion féminine (foyers   féminins).

A propos de la situation sur l’application de la Loi sur le quota

Des mesures institutionnelles sont également prises par les autorités pour une autonomisation de la femme et un accroissement de leur participation à la vie socio politique et économique du pays. En effet, le gouvernement a révisé la loi sur le quota en rehaussant le pourcentage des femmes aux postes électifs de 10% à 15%, et 25% aux postes nominatifs, afin d’améliorer la représentativité des femmes dans les instances décisionnelles. Pour un meilleur suivi de l’application de la loi sur le quota et l’équité du genre dans les   politiques et programmes, un Observatoire National pour la Promotion du Genre a été créé et son opérationnalisation doit donner plus de visibilité à toutes les entreprises que mènera le ministère.

Au lendemain de la mise en place du dernier Gouvernement, plusieurs femmes militantes des associations féminines ont entrepris des actions pour amener les autorités nigériennes à nommer plus de femmes dans le Gouvernement et à des hauts postes de responsabilité. Ainsi, après une sortie fracassante sanctionnée par une déclaration ; elles s’étaient rendues au cabinet du Premier Ministre pour faire entendre leurs voix. Elles ont marché jusqu’au ministère en charge de la Promotion de la femme pour remettre un mémorandum à la ministre. Ces revendications n’ont pas reçu des échos favorables, les huit femmes ministres sont maintenues, néanmoins ; elles ont réussi à avoir trois (3) femmes Préfets, des Directrices de Cabinet dans des ministères, des postes de Secrétaire Générale de Gouvernorat des régions etc.,.

Bien que la loi sur le quota a permis d’enregistrer des progrès dans la participation politique des femmes, beaucoup reste à faire alors que dans certains pays, il est question de parité. Beaucoup de facteurs peuvent expliquer cette faible représentation des femmes, notamment leur faible niveau de scolarisation, l’analphabétisme, les préjugés sociaux, la répartition sociale des tâches, leur faible pouvoir économique etc…

Dans le monde politique, les femmes peuvent s’enorgueillir de jouer un rôle de premier plan car elles étaient sorties massivement accomplir leur droit civique lors des scrutins et le Président de la République leur a fort heureusement reconnu cela au moment de sa réélection et leur a rendu un hommage mérité.

La Femme au cœur de la Renaissance Culturelle

La contribution des femmes est plus qu’essentielle pour parvenir à un changement de comportement. Pour cela, le Ministère en charge de la   Renaissance Culturelle a initié la mise en œuvre d’un processus sur ‘’Genre et Islam’’ qui vise à ressortir la position authentique de l’Islam par rapport au genre, par l’organisation d’un ‘’Forum international sur genre et Islam’’, l’élaboration de six (6) modules thématiques ‘’Genre et Islam’’, et la formation de vingt-neuf (29) oulémas prêcheurs (femmes et hommes) venus de toutes les régions du pays. Il a été également procédé à l’intégration du genre dans les Plans de Développement Communaux (PDC) des communes des régions de Zinder, Maradi, Dosso, Tahoua et Agadez.L’accent a été aussi mis sur la mise à disposition du matériel d’allègement des tâches domestiques et les moyens de production au profit des groupements féminins pour leur permettre de se libérer des travaux pénibles et leur permettre de libérer leurs filles pour aller à l’école.

La création de la, ‘’Maison de la femme’’ dans les chefs-lieux des régions participe au renforcement des capacités techniques et organisationnelles des femmes et à la promotion de leur participation sociale, économique et politique. La dynamisation des centres de formation et de promotion des femmes et la mise en œuvre du nouveau programme de formation a permis de renforcer la formation axée sur les compétences des jeunes filles déscolarisées ou non scolarisées et d’accroitre leur autonomisation. Avec les communautés, le Ministère a pu aider les femmes à s’organiser et les a formées sur des thématiques nombreuses et variées. Autres actions salvatrices, les femmes des régions du Niger ont organisé des opérations de salubrité et particulièrement à Agadez en prélude à la fête tournante du 18 décembre ‘’Agadez Sokni’’.

A Niamey, plusieurs actions de salubrité ont été initiées sous la présidence des membres du Gouvernement et des épouses du Président de la République.

 

Les deux Premières Dames Hadjia Aissata Issoufou et Dr Malika Issoufou ont accompagné, à travers des actions plusieurs femmes du pays par d’importantes donations en vivres, en matériels de travail, en produits pharmaceutiques, etc. Toutes ces actions ont permis aux femmes de développer l’estime de soi, de prendre conscience de leur rôle dans la société et de s’investir dans leur auto-promotion.La femme nigérienne commence à comprendre que son poids numérique ne doit plus constituer un fardeau, mais un potentiel pour le développement.

La stratégie nationale d’autonomisation des femmes au Niger a pris en compte l’ensemble des préoccupations des femmes. Comme programmes, le Ministère a procédé à la révision de la Politique Nationale Genre qui prendra en compte les droits humains et le changement climatique, l’élaboration d’une stratégie de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) et la mise en œuvre du projet régional autonomisation des femmes et dividende démographique qui a une grande composante dédiée à l’autonomisation des femmes et des filles.

Des projets et programmes de développement pour la femme rurale.

Le milieu rural regorge plus de femmes analphabètes. Pour inverser la tendance, le Ministère a mené des activités de sensibilisation envers les femmes, les familles et les communautés, pour que les filles soient inscrites à l’école, et une fois qu’elles y sont, qu’elles y soient maintenues le plus longtemps possible. Il a mis en place un vaste programme d’acquisition de matériels d’allègement des tâches domestiques, constitués de moulins, de décortiqueuses, et de motopompes pour alléger les travaux domestiques. Les groupements féminins ont bénéficié de moulins et décortiqueuses; de plateformes multifonctionnelles; de machines à coudre; de motopompes; des charrettes asines et bovines; et des unités de matériels divers pour les activités de maraîchage.

Des activités de sensibilisation, de formation notamment en vie associative, en leadership et en gestion sont régulièrement organisées en leur faveur. Des ‘’Maisons de la Femme’’, structures de renforcement des capacités techniques et organisationnelles des femmes et de promotion de leur participation sociale, économique et politique, sont créées au niveau des régions. Avec plusieurs partenaires, le Ministère a mis en œuvre, au profit de ces groupements     féminins, des programmes de promotion du leadership féminin tel que le mouvement ‘’Mata Masu Dubara’’ dont la pertinence et l’impact ne sont plus à démontrer dans notre pays.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)
16 janvier 2017
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le dimanche, 15 janvier 2017 22:41