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samedi, 01 avril 2006 21:40

23-12-2003 Les hommes se font beaux , les femmes disposent

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ImageChez les Wodaabé, tribu peul du nord du Niger, ce sont les hommes qui se maquillent, se couvrent de costumes colorés et de bijoux, dansent et chantent pour séduire les femmes. A chaque saison des pluies, lors de cette cérémonie du Géréwol (culte de la beauté), chacune des juges désigne ainsi le plus beau... et l'épouse. «Je voulais tellement être choisi, mon coeur tremblait», raconte Efad Dadi, un vacher de 24 ans qui a participé la veille au concours à In Gall, non loin d'Agadez, dans le sud du Sahara.
Epée au flanc, miroir de poche prêt à être dégainé, ce nomade d'1,80m figurait parmi les 15 jeunes gens souriants coiffés de plumes d'autruche qui ont montré leurs talents de danseur et de chanteur aux juges:

 deux ou trois des plus jolies femmes de leur tribu. La récompense pour les gagnants? La main des belles. Efad Dadi a particulièrement soigné son visage: le lait d'une vache blanche pour le teint, du khôl noir pour souligner les yeux, la poudre des os d'une aigrette blanche pour assombrir les lèvres -et faire ressortir la blancheur des dents.

Pour les Wodaabé, 125.000 nomades qui voyagent d'oasis en oasis, la beauté -surtout masculine- est primordiale. «Etre laid, c'est ne pas être pardonné», dit un proverbe wodaabé.

«C'est notre héritage. Même nos ancêtres sont beaux. Nos femmes sont très belles et les bébés qu'elles font sont les plus beaux», affirme Derre Chafou, un ancien gagnant de Géréwol, fils d'un homme encore plus réputé pour sa beauté. «Si je suis l'homme le plus joli, beaucoup de femmes vont venir pour m'épouser (...) Si elles sont corpulentes, si elles ne sont pas belles, elles ne s'approchent pas».

Peu après leur naissance, les garçons reçoivent un petit miroir. Les femmes de la familles leur apprennent à l'utiliser, à vérifier qu'ils n'ont pas de saleté sur le visage ni de restes de repas coincés entre les dents. Mères et soeurs tirent sur les membres des garçons, dès leur plus jeune âge, pour qu'ils aient des jambes et des bras longs et minces. Les nez ne sont pas épargnés.

Si ces efforts portent leurs fruits, une fois adultes, les hommes se présentent au Géréwol.

«S'ils sont gros, ils ne viennent pas au concours», note Barka Gorsa, qui va sur ses 30 ans et aimerait gagner pour se marier. «Ils vont se cacher dans le désert». «L'homme qui a un gros ventre ne peut pas gagner le concours», confirme Efad Dadi.

Les familles des concurrents préparent parfois pendant un an le costume du jeune homme, les chargeant de broderies. Les candidats au mariage peuvent voyager plusieurs jours pour trouver une montagne donnant l'argile de la bonne couleur pour leur maquillage rouge et jaune. Le jour du concours, ils portent des boucles d'oreille et des rangées de colliers.

Mais ils font surtout confiance à leurs charmes. Ils utilisent amulettes et autres procédés magiques pour capter l'attention des juges.

Les trois vainqueurs sont désignés par un hochement de tête ou une tape sur l'épaule. Les perdants partent discrètement ou recourent à une autre méthode pour trouver l'âme soeur: un cadeau en têtes de bétail.

                                                                                                 NOUVEL OBS
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15