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Maradi - Quartier Zaria : après la pluie, le calvaire

Un préjugé tenace de chez nous, veut que le beau succède toujours à la pluie. Mais pour les habitants du quartier Zaria de Maradi, ce n’est certainement pas une pluie, mais tout l’hivernage 2017 qui restera à jamais gravé dans la mémoire collective. En effet, les fortes précipitations enregistrées cette année ont occasionné des dégâts énormes aussi bien sur les habitations que le réseau routier.

Des routes sur lesquelles la nature a triomphé

Déjà très peu développé, le réseau routier semble avoir payé le plus lourd tribut des eaux de ruissellement consécutives aux pluies torrentielles. Ainsi, les quelques routes latéritiques ont été les premières victimes. L’eau a littéralement emporté toute la latérite et creusé par endroit des cratères géants qui rendent pénible la circulation routière. Ce sont pratiquement des lambeaux de route que.se disputent les usagers. A certains endroits, les dégâts sont tellement énormes que quand 2 motards se croisent, l’un est obligé de laisser passer l’autre. Aux heures de pointe comme le matin lorsque les enfants vont à l’école, le spectacle est tout simplement désolant : gamins et engins se disputent les morceaux de route restants. Souvent des drames peuvent se produire. Ainsi des enfants innocents se font renverser par des conducteurs imprudents ou impatients. La voie menant au nouveau siège de la commune1 de Maradi est la parfaite illustration de cette pagaille urbaine, de se laisser aller total dont certains individus tentent de tirer profit.

Kiosques et garages en pleine route : l‘enfer de la cohue

La nature ayant horreur du vide, ce que d’aucuns considèrent comme une démission de la municipalité sera capitalisé par certaines personnes qui n’hésitent pas à installer des kiosques anarchiquement, souvent en mettant leur propre vie en péril. C’est le cas de ce vendeur de gaz dont la baraque est juste au bord du ravin. A d’autres endroits, ce sont des ateliers, des garages pour gros porteurs qui envahissent le morceau restant de route. Les voisins de ces garages vivent un vrai calvaire. Ni eux ni leurs enfants ne peuvent fermer l’œil de la journée, souvent jusqu’à des heures reculées de la nuit lorsque les mécaniciens auront cessé d’assener des coups de marteaux stridents aux carrosseries des camions. Imaginez un locataire qui, par la faute de son voisin, ne peut même pas se reposer dans sa propre maison. Imaginez des nourrissons, dans leur berceau, sursautant à chaque coup de marteau. Ici, la question que se posent nombre d’observateurs est de savoir comment la municipalité a pu autoriser l’installation de garages gros porteurs jusque sur la voie publique, sachant que plus l’affluence au garage augmente, plus le peu de route restant sert au stationnement des camions, d’où la difficulté pour les usagers de la route de se frayer un chemin dans cette cohue indescriptible. La situation est telle aujourd’hui que beaucoup se demandent si la municipalité est même au courant de ce qui se passe au fronton de l’institut pastoral des assemblées de Dieu. Enfin est-ce que le droit de chercher son pain quotidien doit systématiquement passer la violation du droit élémentaire des autres à la sérénité, au calme, à la simple tranquillité, au repos?

Une saleté endémique

A Zaria, les fortes précipitations n’ont pas seulement eu pour conséquence de réduire à néant le maigre réseau routier. Les eaux de ruissellement ont également drainé des tonnes de déchets plastiques jusqu’aux portes des habitations. Ainsi, ce se sont de véritables mares de déchets plastiques que les eaux de ruissellement ont formées à plusieurs endroits, notamment derrière le mur de la SONIDEP ou la façade ouest du mur de l’aéroport de Maradi. En dehors de ces deux endroits très visibles, il existe de nombreuses autres poches de saleté çà et là au quartier Zaria, l’un des plus grands de la ville de Maradi. Et cette saleté endémique n’est pas sans conséquence sur la santé de la population. Le risque de développer certaines pathologies est aujourd’hui très pour les riverains de ces musées de déchets plastiques, musée que personne ne paie pour voir, pas même les responsables municipaux.

Garba Boureyma

1er novembre 2017
Source : La Nation

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