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Célébration et rituels religieux des naissances à Niamey : entre respect de la Sounah et pratiques ostentatoires

rituels religieux des naissances Niger

Il est environ huit heures au quartier Sonuci (Kouara Kano Nord) de Niamey. A la devanture d’une maison, quelques chaises en plastique de couleurs différentes sont éparpillées par­ci par­là. Mais pas âme qui vive. Aussitôt, trois femmes visiblement pressées, rentrent dans la maison et se dirigent directement vers une petite cour. C’est la concession d’une femme qui a accouché il y a sept jours. Ce mercredi est le jour du baptême de l’enfant, mais la Fatiha a été dite à la mosquée après la prière de l’aube.

A peine rentrées dans la cour de la maison, les femmes ressortent quelques minutes après avec chacune un sachet de friandises (pop corn,…) entre les mains. En rejoignant la porte de sortie, deux d’entre elles chuchotent comme si ce n’est pas connu que la fatiha a été dite à l’aube. « Voilà qui explique pourquoi, la devanture de la maison est déserte », rétorque une autre, qui manifeste ainsi son désaccord pour une telle pratique. L’une d’entre elle affirme aussitôt que c’est plus économique pour le couple. Et c’est parti pour une interminable discussion au sujet de la fatiha à l’aube sur tout leur parcours.

Dans la concession de la femme qui a accouché, seules quelques femmes sont assises sur une natte déroulée à la devanture. Toutes calmes, elles n’expriment apparemment aucun signe de joie. Echangeant rarement entre elles, elles donnent l’impression de prendre part à une cérémonie funèbre.

Dans un coin de la maison, d’autres femmes préparent à manger dans le calme aussi. Un peu avant midi, les invités hommes et femmes ont commencé à faire leur entrée pour le repas de walima ou déjeuner préparé pour la circonstance. Pour ou contre ?, Difficile de le dire à ce stade. Conviés ou pas les visiteurs sont venus nombreux. Déserte le matin, la maison est à l’heure du déjeuner pleine comme un œuf. En un rien de temps, les assiettes ont été vidées avec beaucoup d’appétit. Beaucoup ont invoqué pour le bébé avant de retourner à la maison non sans commentaire sur cette pratique religieuse qui a aussi ses adeptes.

Souci d’économie

C’est le cas de Elhadj Dan Maradi qui a commencé à célébrer le baptême de ses enfants dans les mosquées au moment de salat fadjr, depuis plus d’une vingtaine d’années. « Avant, j’étais adepte des cérémonies de baptême matinaux où on rassemblait tout le monde. Mais au cours de ces dernières années, il y a une vague d’un islam fondamental qui était entrée au Niger avec ce que certains qualifient de Izala. Ils ont fait une grande ouverture d’esprit aux gens. Ils ont fait des prêches et dans ces prêches, il est apparu que l’Islam est une religion de juste milieux, faire la bid’a n’est pas bien. Et moi, j’ai suivi les recommandations de ces marabouts. Et sincèrement, je les remercie de m’avoir guidé ». Pour El Hadj, l’islam est une religion du juste milieu. «Donc l’exagération, les dépenses ostentatoires, les m’as­tu vu, ne sont pas islamiques. En tant que musulman, et croyant, moi j’ai suivi cette voie. La seconde raison, c’est que ça simplifie la vie au père de famille. Un père de famille, c’est trop de dépenses. Or, organiser une céré­ monie de baptême le matin, ça exige énormément de moyens : acheter la cola, acheter les dattes, louer les chaises, les bâches, mobiliser les gens alors que certains sont dans des quartiers éloignés, vous les contraignez à venir chez vous pour célébrer le baptême et surtout, ça évite les profiteurs, les faux marabouts qui ne sont là que pour aller de cérémonie à céré­ monie et les griots ». Dan Maradi clame haut et fort que c’est économique, parce que si tu fais la cérémonie à la mosquée, tu évites plus de 50% des dépenses.

Parlant de l’avis de l’épouse, il a affirmé que sa femme est musulmane comme lui. « Certes, c’est seul que j’ai pris la décision, mais on en a un peu discuté et elle a accueilli ça sans aucun problème. Surtout qu’après la cérémonie à la mosquée, les femmes ont un temps pour se retrouver », dit il. Mais qu’en est­il des proches ? « Là, ça été difficile ; certains ont dit que la fatiha est un moment de retrouvailles entre familles, un moment de sceller l’unité, l’amitié. C’est pourquoi ils ont boudé en m’indexant comme nouveau adepte de Izala, … ça n’a vraiment pas été facile », reconnait il. Mais par la suite, les plus virulents ont eux mêmes adopté cette attitude en célébrant le baptême de leurs enfants de bonne heure à la mosquée, précise El Hadj qui pense qu’à travers cette pratique, il ne rompt pas avec la tradition. « Non, ici en Afrique, certains pensent que toutes les traditions païennes que nous avons héritées sont bonnes à intégrer dans l’islam. Nous sommes un pays musulman. Les traditions, quand elles concordent avec l’islam, on les valorise ».

Des dépenses, beaucoup de dépenses

Certes, mais pour beaucoup, un baptême doit être organisé avec faste. C’était le cas dans le même quartier, il y a quelques jours. Ce jour là, les habitants dudit quartier ont vécu la journée la plus bruyante de leur vie lors du baptême du bébé d’un des voisins. Le ton a été donné dès la veille pour les préparatifs du petit déjeuner et du déjeuner pour les convives. Pour cela, tous les parents, les amies, les connaissances et des voisines du quartier se sont donné rendez­vous chez la femme qui a accouché. Il le fallait… pour pré­ parer les pintades du petit déjeuner et le bœuf égorgé dès la veille pour le déjeuner. Il fallait voir la devanture de la maison le jour du baptême. Beaucoup de véhicules stationnés n’importe comment donnant du fil à retordre aux voisins et aux passants. Deux grandes bâches se dressent somptueusement devant la maison et une à l’intérieur. Les sons des tam­tams se font entendre à plusieurs mètres. Hommes, femmes et enfants vêtus de leurs plus beaux habits défilent dans la maison. En cette matinée dominicale, l’une des bâches est pleine d’hommes de tous les âges. Assis confortablement, ils attendent tranquillement un événement : qu’une fatiha soit dite au nom du bébé qui a vu le jour, il y a une semaine. En attendant l’arrivée du marabout, ils causent, discutent et rient à belles dents. C’est vraiment entre parents, amis et connaissances, une belle occasion pour échanger, donner des nouvelles, en recevoir et surtout parler politique, un sujet toujours d’actualité. C’est aussi une belle occasion pour les griots de faire les louanges, beaucoup de louanges aux invités afin de leur soutirer des espèces sonnantes et trébuchantes. Cette stratégie semble bien marcher du côté des femmes qui rivalisent dans ce sens. L’ambiance est tellement grande que certains n’ont même pas su que le marabout est arrivé et qu’il a déjà dit la Fatiha. C’est en voyant les plateaux remplis de noix de cola et de dattes qu’ils ou elles se rendent à l’évidence que la Fatiha a été dite. On entend alors dans la foule certaines personnes demander à voix basse le prénom du bébé et se mettre à faire des invocations, le temps que d’autres plateaux remplis de couscous traditionnel (dambou) et de la viande préparée la veille, commencent aussi à circuler. Ce moment qui est aussi très attendu participe pour beaucoup à l’ambiance lors de la cérémonie. Il faut en effet offrir un petit déjeuner copieux aux invités ayant fait le déplacement pour la Fatiha. Le petit déjeuner n’est que la première partie de la fête. Elle sera suivie du déjeuner plus copieux, de la distribution de jus et de l’interminable de séance de brochettes.

Le baptême d’un enfant, surtout si c’est le premier, mérite bien cela, affirme un jeune fonctionnaire qui a voulu garder l’anonymat : « lors du baptême de mon fils ainé il y a près de trois mois, j’ai fait la même chose. Allah m’a donné les moyens et j’ai invité mes parents et mes amis pour faire la fête. Ils étaient contents de se retrouver chez moi ce jour là. J’ai fait ce que j’ai trouvé nos parents faire ».

Divergence d’opinions, de pratiques…ainsi sont celébrées les cérémonies de baptême à Niamey.

Idé Fatouma

 


Lire aussi  :  Le baptême musulman, un acte religieux

Le mot baptême en islam n’est pas le terme approprié. En effet, ce dernier est un sacrement inventé et pratiqué dans la religion chrétienne. A la différence de la religion catholique, en islam, il est de coutume à chaque naissance de pratiquer plusieurs rites très précis qui s’apparentent à un baptême. La naissance d’un enfant musulman ne se célèbre pas à la mosquée. Selon les Oulémas, elle n’est pas non plus célébrée par un imam ou chef religieux musulman, mais par le père de famille. Néanmoins, le « baptême musulman » est un acte religieux, qui symbolise fortement la volonté des parents de faire entrer leur nouveau ­né dans leur communauté religieuse en organisant des cérémonies grandioses selon les moyens de ces derniers. Le sacrifice est un acte surérogatoire pratiqué au lever du soleil (al Duha) comme ça se fait à la fête de Tabaski.

Le déroulement du baptême

Le baptême est fondé sur une recommandation ferme. Mais celui qui l’abandonne ne commet aucun péché. Selon Cheikh Moussa, à ce propos, Amr ibn Shouayb a rapporté d’après son père qui le tenait de son grand père selon lequel le prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : ‘’Si un enfant est né pour l’un de vous et qu’il aime (marquer l’événement par un sacrifice), qu’il égorge deux moutons de même valeur pour le garçon et un pour la fille’’. Ce hadith est déclaré « beau » par alAlbani dans son Sahihou Abi Dawoud. « Ici le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) fait dépendre l’acte de la volonté de son auteur. Ce qui signifie qu’il s’agit d’une recommandation non obligatoire. Voir Touhfat al­wadoud, p. 157.

Cependant, le musulman ne doit pas le minimiser parce que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : ‘’tout garçon né est l’objet d’une gage qui consiste à sacrifier un mouton au 7ème jour de sa naissance, à lui raser la tête et à lui donner un nom » (rapporté par an­Nassaï (4220) par Abu Dawoud (2838) par at­Tirmidhi, 1522 et par Ibn Madja (3165) et déclaré authentique par al­Albani dans Sahihou Abi Dawoud », a-­t-­il notifié.

En effet, chez les musulmans, le baptême du nourrisson doit impérativement se dé­ rouler au 7ème jour après sa venue au monde. Ce jour est très important, car plusieurs actes vont être accomplis en cette journée précieuse. Ils ont pour but de remercier le prophète (Paix et Salut sur Lui), de purifier l’enfant, et de respecter toutes les règles pour que ce dernier puisse grandir pieusement. Mais bien avant, le jour du baptême, la Sounna qui contient les paroles et œuvres qui étaient celles du Prophète constitue le dogme et les pratiques musulmanes. Il est dit dans la croyance que « le Prophète Mohamad (Paix et bé­nédiction soit sur lui) nous a dit que ‘’Satan touche tout nouveau ­né’’, à l'exception de Marie et de son fils Jésus. Pourquoi Il l’a dit ? Parce que sa mère a demandé à Allah de le protéger. Elle dit en ses termes : Seigneur, je le place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable le banni », a expliqué Cheikh Hachim Harouna, avant de dire qu’il est d’une importance primordiale dans l’islam, dès la naissance de l’enfant, d’appliquer certaines règles de la Sounna pour protéger son enfant du mal auquel il s’expose dès son apparition.

Les rites et actes

Dès sa sortie du ventre de sa maman, l’appel à la prière doit être prononcé dans l’oreille droite du nourrisson. Ensuite, selon la coutume, le deuxième appel à la prière, nommé « l’iqâmah » sera prononcé dans l’oreille gauche du bébé. Ces appels à la prière peuvent être prononcés par la mère, le père, un membre de la famille ou bien tout proche de confession musulmane. Il est également recommandé ensuite de prémâcher (aujourd’hui pas avec la bouche) une datte, puis d’en déposer un petit peu sur son doigt et de frotter le palais du bébé. Cette Sounna s’appelle « al­Tahnik », et rappelle un épisode de l’histoire de la religion musulmane.

Si tout cela est fait, les parents procèdent au choix de la nomination du nouveau né ; elle peut être faite le jour de sa naissance, ou bien le jour de son baptême. En effet, selon Cheikh Moussa, les parents sont responsables de ce choix. S’il a déjà été convenu du prénom avant la naissance, alors ce dernier lui sera donné le premier jour. Dans le cas contraire, c’est lors du jour de son baptême que le prénom sera choisi. « Certaines règles sont à respecter lors du choix du prénom, peu importe si ce dernier est d’origine arabe, musulmane ou non : entre autres, il ne doit pas porter pré­ judice à l’enfant, doit désigner quelque chose de beau, d’agréable, doit avoir une bonne signification », a­-t­i-l conseillé.

En ce qui concerne l’annonce publique du prénom de l’enfant, elle est très importante en ce jour de baptême. La Sounna indique à la famille qu’il se doit lors du 7ème jour après la naissance de l’enfant de faire le al’Aqîka.

Le sacrifice (Aqîka), le rasage des cheveux du nouveau né

L’immolation consiste à sacrifier un animal (mouton, chèvre, bélier…). La pratique doit être réalisée par le père de l’enfant, pouvant se faire aider par d’autres hommes de la famille ou amis. Le Aqîka, est un acte de piété en faveur du nouveau né effectué le 7ème jour où on coupe ses cheveux. A l'unanimité, les savants considèrent qu'il est souhaitable d'accomplir les deux premiers points le septième jour à savoir le Aqîka, le rasage des cheveux, l’attribution du nom et la circoncision.

Selon les oulémas, le Aqîka et la fête de l’Aïd El kébir (la grande fête islamique) sont des adorations qui ont été liées à la prière comme on le constate dans ce verset: «En vérité, ma Salât, mes actes de dé­ votion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. A Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre.» (Sourate 6: verset 162­ 163). Dans le verset suivant ou Allah dit: "Accomplis la Salât pour ton Seigneur et sacrifie." (Sourate 108: verset2). Selon Cheik Hachimi, les savants musulmans ont affirmé que le Aqîka est une obligation religieuse et qu’elle peut être accomplie au moyen de toute bête licite si on ne peut disposer d’une brebis ou d’un mouton. Ils précisent qu’il est préférable d’immoler cette bête et d’inviter les (ou de donner aux) gens à manger que de faire l’aumône par l’équivalent de son prix ou même avec une valeur supérieure. Il est conseillé de nourrir en cette occasion les plus démunis. C’est aussi un excellent moment pour réunir les membres de la famille et partager ce moment de plaisir avec les frères en religion. Les musulmans présents à cette fête sont invités à faire des invocations en espérant qu’Allah, à Lui toute la puissance et la majesté, fera vivre et grandir cet enfant dans l’Islam afin d’être un serviteur pieux et vertueux et une source de bonheur pour ses parents. Tout en rappelant aux parents qu’ils doivent remercier leur Seigneur pour ce don. « Si jamais il s’avère impossible de faire le Aqîka le septième jour après la naissance du nouveau
né, on doit la faire le quatorzième ou le vingt et unième jour. Sinon, tout autre jour. Vous pouvez vérifier dans (kitab Ibn AlQayim: Tohfatou Al­Wadoud Bi Ahkam AlMawloud, page 80) », a­-t­-il martelé.

En ce qui concerne le rasage des cheveux, la pratique prophétique consiste à raser les cheveux du bébé garçon, afin de le purifier, puis de peser ses cheveux pour pouvoir par la suite donner en aumône l’équivalent de leur poids en or ou en monnaie. Pour résumer, en islam "baptiser" consiste à raser la tête du bébé. En effet, les cheveux du bébé sont considérés comme impurs par l'islam. Le non rasage peut l'exposer à des troubles pouvant aller jusqu'à la cécité, la surdité et même la folie, faire des prières appropriées pour ce bébé ; rendre public le prénom (musulman) qu'on lui a choisi dès le ou les premiers jours suivant sa naissance et sacrifier un mouton, qui répond aux mêmes critères d'éligibilité que pour la Tabaski.

Quant à la circoncision, elle est une pratique courante. Elle est réalisée par un spécialiste, et peut se faire en ce jour de baptême ou à une autre date, le plus tôt étant préférable puis s’en suit une grande fête réunissant la famille et les amis proches autour d’un bon repas festif, afin de célébrer la venue de l’enfant et son entrée dans la religion.

Historique du baptême en Islam
Dans le temps, certains musulmans suivent des traditions héritées de leurs ancê­tres ou reçues de la société dans laquelle ils vivent. On les voit alors fêter l’arrivée au monde de l’enfant par des actes non conformes aux enseignements de l’Islam, par exemple ils fêtent ce jour avec des bougies, l’exagération dans les achats pour la fête «isrâf», ce qui cause, par la suite, des problèmes financiers à la famille, ou prive d’autres musulmans nécessiteux! Tous ces comportements n’ont aucun fondement en Islam.

Selon Cheik Tidjani, le premier musulman né parmi les ANSARS (les habitants de Médine qui ont accueilli le Prophète, (bé­nédiction et salut soient sur lui) s'appelait Nohman Ibn Bachir. Le premier bébé à naî­tre parmi les Mouhadjiriines (les mecquois et compagnons du Prophète qui ont émigré avec lui à Médine) s'appelle : Abdoulaahi Ibn Zoubeir. Il est né à Khouba, à Médine. Après sont nés Ibrahiim Ibn Abi Moussa, Abdoulaahi Ibn Abi Talhata et Ibrahiim Ibn Mouhammad, fils du Prophète (PSL). Tous les cinq cités ont été "baptisés" le jour même de leur naissance et aucune bête n'a été "sacrifiée". « Le premier bébé à être "baptisé" le 7ème jour, c'est Hassane puis Housseini, les fils de Ali Ibn Abiitaalib et Fatimata Zahra Bintou Rassoulou Laahi. Un mouton a été sacrifié. C'est cette sunna qui a prévalu sur la première attitude. (Source: Fatehoul Baari, Tome 1, page 586)», a­-t-­il confié.

Seini Seydou Zakaria


 Lire aussi : Eviter les dépenses inutiles lors des baptêmes

La célébration des cérémonies de baptêmes est dans notre communauté un fait ou une tradition ancrée dans nos habitudes. Elle se pratique couramment vers 8h du matin mais aujourd’hui, compte tenu de la compréhension progressive des textes islamiques, cette tradition est en train de perdre cet engouement qu’elle avait auparavant. C’est ainsi que certains de nos concitoyens, compte tenu de leur compréhension de ces textes religieux, préfèrent l’observer dès l’aube, c’est à dire juste après la prière de Soubh tandis que d’autres attendent le levé du soleil jusqu’à vers 8h du matin.

Pour ceux qui sont favorables à cette Fatia après le levé du soleil, il est tout à fait normal que les choses se passent ainsi car c’est ce que nos prédécesseurs nous ont laissé comme héritage. C’est du moins l’avis de M. Souleymane Idi, un habitant de Niamey rencontré lors d’une cérémonie de baptême à Harobanda. « Nous faisons cette Fatia le matin, moment au cours duquel on espère que tout le monde s’est réveillé pour pouvoir se rendre à ce rendez-vous de réjouissance, de communion et de partage », a­-t-­il expliqué. Selon notre interlocuteur, cette action est aussi fédératrice, de retrouvailles entre les amis et les proches car tout le monde est convié. Toutefois, il a reconnu que dans d’autres communautés, cette pratique n’a pas beaucoup d’importance, surtout au sujet du regroupement. Raison pour laquelle, si certains d’entre eux viennent chez nous, ils sont émerveillés voire surpris. Pour un autre habitant de Niamey du nom de Youssouf soutenant cette logique de faire la fathia vers 8h du matin, l’homme est souvent ré­fractaire au changement voire imprévisible. Pour Youssouf, dans tous les cas de figure, l’essentiel ou l’objectif, c’est d’honorer le nouveau-né et sa famille par cette grâce que Allah vient d’offrir à la communauté qui est le nouveau-né.

Mieux, dans l’un comme dans l’autre cas, la famille est libre de faire la Fatia à l’heure qui lui convient, selon son programme, ses moyens, la sensibilité de ses proches ou sa compréhension des choses. Tout en notifiant que souvent, ces célébrations sont aussi sources de dépenses et ruinent le peu qu’on a économisé. A ce sujet, M. Inoussa Sani, soutient l’importance d’éviter certaines dé­ penses inutiles ou ostentatoires voire de gaspillage. Une pratique que notre religion nous recommande de nous en éloigner car elles sont œuvres du diable. Mais, il affirme que la Fatia matinale est une option qui permettra aux invités de prendre tout leur temps pour se préparer, d’aller même au boulot avant de venir vers midi ou 13 h pour partager avec les autres amis le repas de Walima ou Foyandi.

Mamane Abdoulaye


 Lire aussi : « Les douas de plusieurs personnes dépassent la fatiha d’une ou de deux personnes », selon Oustaz Moustapha Ahoumadou

La venue au monde d’un enfant est sacrée, tout comme le baptême. Cette cérémonie se pratique dans la plupart des communautés religieuses du monde. Elle est majestueusement célé­brée communément si les moyens le permettent car elle permet de faire entrer un enfant dans la communauté à laquelle appartiennent les parents. Chez les chré­ tiens, selon toutes les obédiences, les baptêmes se ressemblent beaucoup, mais chez les musulmans, elles se distinguent par les gestes symboliques très différents qui les accompagnent.

La religion musulmane a ses traditions propres qui permettent d’accueillir un enfant dans une religion. Il est rapporté qu’un appel à la prière est prononcé près de l’oreille d’un bébé à sa naissance ; celui­ci reçoit ensuite son prénom et ce, 7 jours après sa venue au monde ; le crâne du bébé est rasé, symbole de purification, et dans certains cas la circoncision est pratiquée. Très souvent, une fête est organisée pour souhaiter la bienvenue à l’enfant dans sa famille et dans sa religion.

Selon le Secrétaire Général de l’Association Islamique Faouziyan, Oustaz Moustapha Ahoumadou, dès la naissance d’un bébé musulman, on se penche à son oreille droite et on prononce l’Adhan (ou appel à la prière), dans l’oreille gauche ; on récite ensuite l’Iqamah, qui annonce le début de l’office religieux. Puis le 7ème jour qui correspond au jour du baptême, il faut organiser des prières appropriées pour le bébé, rendre public le prénom (musulman), qu’on lui a choisi dès les premiers jours suivant sa naissance. Le prénom est choisi dans la liste de ceux de la famille du prophète. Immoler un mouton, si possible faire des mets succulents, tout faire pour la célébrer avec faste.

Pour les garçons, chez certains, un autre rituel est ajouté à ceux-­là : la circoncision. Celle-ci, sans être obligatoire le jour j, est néanmoins pratiquée chez les musulmans, souvent avant l’âge de cinq ans. C’est une fête comme une autre, les parents invitent la famille, les amis, puis les invités apportent des cadeaux ou de l’argent pour l’enfant.

Pour ce qui est de la fatiha, Oustaz Ahoumoudou explique que « Allah (SWT) a dit : quand tu gagnes, donne l’information pour la Fatiha et invite les gens à partager le repas. C’est cela l’idéal. Quand tu as un baptême, tu peux, si tu ne connais pas le rituel, aller vers les imams, t’adresser à eux, leur demander de te faire fatiha à la mosquée quand les gens viendront pour la prière de ‘’soubhi’’.Tout ce qu’il faut savoir, c’est que les douas de plusieurs personnes dépassent la Fatiha d’une ou de deux personnes. Rassembler les gens, notamment les voisins, les amis, les frères pour la Fatiha n’est pas obligatoire, mais partager ta joie en organisant un cérémonial est important. En islam, le faire part est important si toutefois ces gens ont le temps de venir. Avoir la Djama’a est plus signifiante en ce qui concerne la Fatiha »

Aïssa Abdoulaye Alfary

12 janvier 2018
Source : http://lesahel.org/

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