Contre les dépenses ostentatoires lors des cérémonies : Les communauteés s'organisent

Image d'illustration Image d'illustration La Renaissance culturelle appelée de tous ses vœux par le Président de la République est vraisemblablement en marche. Des nouvelles attitudes sont en train de se créer pour faire face aux situations du moment. Cela est illustré par la décision récente prise par le Sultan de l’Aïr réglementant les cérémonies de mariage et de baptême.

Le 3 mars 2018, le Sultanat de l’Aïr a rendu publique un communiqué dans lequel sont contenues plusieurs mesures règlementant désormais l’organisation des mariages et des baptêmes sur son territoire. Ces mesures sont les suivantes : interdiction de l’uniforme à l’occasion des événements sociaux notamment les baptêmes et mariages ; interdiction de cortèges de mariage ; interdiction d’organiser des tamtams à l’occasion de mariage ou de baptême dans des lieux autres que ceux conçus pour abriter les manifestations culturelles (Arènes, Maison de la Culture, etc.). Signé par son Altesse, le Sultan de l’Aïr, ce dernier n’a pas manqué d’instruire les chefs de quartiers et autres autorités coutumières relevant de ses compétences à veiller à l’application des mesures ci- dessus énumérées.

Au sein du Sultanat de l’Aïr, cette décision est accueillie avec bonheur par la population.

« Avec la crise économique que nous traversons, ces mesures sont la bienvenue et vont permettre de réduire certaines dépenses non indispensables effectuées lors des cérémonies de mariage et de baptême » ; réaction d’un ressortissant de la région d’Agadez. Sur les réseaux sociaux où il est largement relayé, le communiqué du Sultan de l’Aïr ne manque pas de soutien. « Je valide » ; « C’est une bonne chose » ; « Les autres chefs coutumiers et leaders religieux doivent lui (le Sultan de l’Aïr) emboiter le pas » ; tels sont les commentaires qu’on peut lire en bas du précieux communiqué publié sur Facebook. Ce n’est pas la première fois qu’on voit une règlementation pareille émanant des pouvoirs locaux et des communautés. A Niamey plus précisément à Goudel et dans quelques cantons du département de Kollo, des mesures allant dans le sens de la réduction des dépenses ostentatoires lors des mariages avaient été prises et appliquées avant qu’elles ne tombent dans l’oubli. Récemment, ce sont les chefs de quartiers et autres sages de la ville de Dogondoutchi qui sont allés dans le sens de la règlementation des dépenses liées aux mariages ; toute chose également saluée par la population de la capitale de l’AREWA qui espère voir le taux de mariage boosté. Ces mesures visant la règlementation des dépenses et cérémonies de mariage dans l’Aïr et l’AREWA interviennent non seulement dans un contexte de crise économique généralisée mais également au moment où on parle de dépravation de mœurs liée au fait que les filles trouvent difficilement époux à cause de la cherté du mariage.

Aujourd’hui, le sentiment le plus répandu au sein de l’opinion sur la question du mariage est qu’il faut aller à la réduction des dépenses qui y sont liées, mais dans un mouvement d’ensemble pour rendre les mesures uniformes et très efficaces. Autrement dit, il faut aller dans le sens de la décision du régime d’exception de Kountché qui avait fixé la dot de la jeune fille jamais marié à 50 000 FCFA sur l’ensemble du territoire national. Ancien temps, ancienne mesure ! Dira l’autre. Ceci pour dire qu’il faut murement réfléchir la question pour trouver une réponse adéquate par ce temps d’Etat de droit.

Oumarou Kané

09 mars 2018
Source : La Nation

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