Conférence sur « Islam et modernisation sociale / expérience de l’Emirat de Kano : Son Altesse Muhammad Sanusi II entretient l’assistance sur le thème »

Conférence sur « Islam et modernisation sociale / expérience de l’Emirat de Kano : Son Altesse Muhammad Sanusi II entretient l’assistance sur le thème »C’est l’Emir de Kano, son Altesse Muhammad Sanusi II qui a animée la grande conférence organisée par le ministère de la Renaissance culturelle, des Arts et de la Modernisation sociale placée sous le haut patronage du Président de la République, Chef de l’Etat SE Issoufou Mahamadou.

L’importance de cette conférence à laquelle avaient pris part de nombreuses personnalités dont les chefs traditionnels et les leaders religieux de notre pays n’est pas à démontrer. En témoigne la mobilisation massive des Nigériens au palais des congrès de Niamey pour écouter le message de l’Emir de Kano qui, on se rappelle, a engagé un programme ambitieux voire audacieux de réformes sociales dans son émirat depuis son arrivée en 2014 au trône. L’Emir a axé sa conférence sur les questions relatives à la vie en communauté mais aussi et surtout sur les relations familiales comme la vie du couple en Islam, les droits et devoirs des époux, la maltraitance des femmes, l’âge idéal du mariage mais aussi les conditions idoines pour un mariage réussi. L’Emir s’est aussi appesanti sur certains sujets comme l’espacement des naissances, la mendicité, l’alphabétisme ou la recherche du savoir religieux ou moderne chez les femmes et les enfants.

L’Emir de Kano a évoqué tous ses aspects sous l’angle de l’Islam, s’inspirant des versets du Saint Coran donc la Parole de Dieu et des Hadiths ou la tradition du Prophète telle que rapportée par les compagnons du Messager de Dieux et ceux qui leur ont succédé, mais aussi de la Fatwa ou jurisprudence des grands ulémas passés ou actuels. Parlant du mariage, notamment l’âge requis pour donner une fille en mariage, l’Emir de Kano a édifié l’assistance sur le fait que la tradition de l’Islam ne fixe pas un âge précis. Toutefois, il est clairement ressorti dans divers écrits authentiques dont il a cité quelques-uns que l’âge idéal se situerait entre 17 et 18 voire 21 ans. Parlant de la maltraitance dont sont victimes beaucoup de femmes, le conférencier a clairement indiqué que l’Islam considère la femme comme une bénédiction. A ce titre, la religion musulmane n’accepte aucune violence ni physique ni morale contre la femme.

Toutefois, la vie d’un couple étant faite de certains aléas, il reconnait néanmoins que certains ulémas soutiennent qu’un mari pourrait « frapper » son épouse avec un tissu, c’est-à-dire la manche d’un boubou juste pour lui montrer qu’il est fâché. Mais, il serait encore mieux de s’en abstenir même dans le cas d’un coup de colère ou d’amertume car, a-t-il expliqué «même si c’est avec une feuille de papier qu’un mari tente de frapper sa femme, si celle-ci prend peur, tombe et se blesse, l’Islam lui fait obligation de payer pour le dommage subi ». Soulignant que cela existe dans les écrits, Son Altesse Muhammad Sanusi II s’est insurgé contre la manière trop facile, irresponsable et irréfléchie dont certains hommes divorcent d’avec leurs femmes, les abandonnant parfois avec les enfants sans se soucier de leur sort et au mépris de toute règle islamique.

L’Emir de Kano a évoqué également la question de la polygamie, qui est tout à fait acceptée en Islam mais qui doit obéir à certaines règles comme la séparation des lieux de résidence afin que chacune se sente épanouie avec ses enfants. Parlant des droits des époux, Son Altesse Muhammad Sanusi II a précisé que les femmes comme les hommes ont des droits les uns vis-à-vis des autres. Pour lui cela implique que l’homme doit agir dans le respect des droits de sa femme et vice-versa. Relativement aux conditions de mariage, il a rappelé leur importance en Islam tout en expliquant qu’il est souhaitable que l’homme dispose du minimum avant de se marier, cela pour assurer la satisfaction des besoins et la jouissance des droits de son épouse conformément à son devoir de chef de famille. Au cas contraire, a expliqué l’Emir de Kano, l’Islam conseille la patience jusqu’au jour où les conditions minimales soient réunies.

Zabeirou Moussa(onep)

10 avril 2018
Source : http://lesahel.org/

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