Assainissement des mœurs : Son Altesse Altesse Ali Zaki prend des mesures pour réduire les dépenses liées aux mariages

Mariage Après les sultanats de l’Aïr et du Damagaram, c’est au tour du sultanat du Katsina Maradi de se pencher sur la nécessité de rendre moins onéreuses les dépenses liées à certains évènements sociaux comme le mariage ou le baptême. C’est grâce à un travail d’enquête et d’études rondement mené sur le terrain que Madallah, une ONG de la place, a pu compiler des données objectives sur les impacts négatifs de ces évènements sociaux, notamment le mariage et le baptême dont le budget connait une croissance vertigineuse d’année en année. Les principaux acteurs, notamment les femmes, rivalisent d’ardeur pour greffer des dépenses toujours nouvelles et totalement ostentatoires sur le budget. A chaque occasion, une innovation complètement superflue vient s’ajouter au menu des dépenses.

Finalement, le mariage et le baptême ont perdu leur vraie essence pour se réduire à n’être que des occasions pour se montrer aux yeux des autres. Et chemin faisant, l’annonce de ces évènements pousse les familles dans des réflexions au termes desquelles beaucoup se voient obligés de s’endetter pour organiser un baptême ou mariage. En effet, de l’officialisation des fiançailles à la naissance du premier enfant, la famille de la fille n’a aucun répit. Chaque jour, elle doit consentir une dépense, ce qui est très embêtant.

Dépositaire de la tradition et gardien des bonnes mœurs, le sultan de Maradi, Son Altesse Marémawa Ali Zaki a été sensible à la souffrance de sa population. Ainsi, a-t-il réuni, le samedi 28 avril 2018, au Palais Royal Dankassawa de Maradi les autorités administratives et coutumières en vue de leur annoncer les mesures qu’il a édictées pour soulager les familles.

Ainsi, ces mesures concernent tout ce qui est folklorique lors des évènements sociaux et toutes les pratiques déloyales qui les entourent. C’est le cas du « Gara », qui consiste pour une délégation ayant amené la dot à se faire remettre souvent plus de la moitié de la somme versée. Pour les familles pauvres ou à revenus modestes, l’impossibilité de donner des sommes importantes à cette occasion est vécue comme une grande frustration. Et dans de nombreux cas, certains contractent des dettes pour y faire face.

D’autres pratiques sont également visées à travers ces mesures. Il s’agit par exemple des pique-niques accompagnés d’orchestres et qui sont des occasions pour s’adonner à l’exhibitionnisme les plus obscènes. De même, le « koumshi » et le « Damou » sont également bannis en ce sens qu’ils représentent des occasions de rencontre entre jeunes filles et garçons.

Le Sultan de Maradi, après avoir expliqué l’importance des valeurs morales et religieuses dans une société comme la nôtre, a invité les autorités administratives à apporter leur soutien dans le cadre du respect de ces mesures. En attendant de formaliser ces mesures par l’adoption d’un régime de sanctions et peut-être la promulgation d’une charte dite des bonnes mœurs à Maradi, les différents acteurs se sont prononcés sur l’opportunité de ces mesures. Leaders religieux, acteurs de la société civile, opérateurs économiques, organisations féminines, organisations de la jeunesse, bref toutes les composantes de la société ont salué à l’unanimité l’adoption de ces mesures en donnant l’assurance de contribuer à leur respect effectif pour le plus grand bien de tous !

A noter enfin que ces mesures n’ont pas touché le régime de la dot dont le montant a été fixé par la religion. Mais le montant préconisé doit être supérieur ou égal à 33.000. Cependant, ce montant n’est pas obligatoirement le même pour tous. Celui qui est en mesure de donner une somme importante est libre de le faire. Et celui qui n’a pas les moyens n’y est pas non plus obligé.

Garba Boureyma

30 avril 2018
Source : La Nation

Imprimer