Cérémonie de lancement des activités de la Journée Nationale de la femme Nigérienne : Plaidoyer tous azimuts sur la nécessité d'appuyer davantage les femmes et les filles

Journee Nationale femme 2018Hier Dimanche, 13 mai, le Niger a célébré la 27ème édition de la Journée Nationale de la femme Nigérienne. Une occasion pour célébrer la Femme, de réfléchir et progresser vers l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les filles et les femmes. La célébration de la journée est placée cette année sous le thème : « Autonomisation des femmes et des filles en milieu rural ». C’est le Premier ministre, Chef du gouvernement, SE Brigi Rafini qui a procédé au lancement des activités de cette journée. Cette célébration qui a eu une adhésion massive des femmes de la Région de Niamey a eu lieu dans la grande salle du Palais des Congrès de Niamey en présence des députés nationaux, des membres du Gouvernement, des représentants du corps diplomatique, des représentants des Ong et associations et de beaucoup d’autres invités.

Des allocutions très riches qui magnifient les femmes, des chants d’animation par les troupes culturelles Chawa et Sogha de Niamey, des poèmes dédiés à la femme par M. Moussa Ag Elekou Juriste de formationen service au Cabinet du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC), la remise d’un témoignage de satisfaction à l’écrivain Salissou Ado, auteur de l’Hymne de la femme Nigérienne et la remise du mémorandum au Premier Ministre par la Présidente de la Coordination Nationale des Groupements et associations Féminines du Niger (CONGAFEN) ont été les faits marquants de cette cérémonie.

Avec des femmes venues des quatre coins de la capitale et de ses environs, la cérémonie a connu une mobilisation jamais égalée. La grande salle du palais des Congrès était pleine à craquer. Les femmes vêtues majoritairement des pagnes du 13 mai ont fait montre d’une mobilisation exceptionnelle pour se célébrer et exprimer ainsi leur patriotisme, leur attachement à la mère patrie, le Niger.

Au titre des interventions, tous ceux qui se sont succédé à la tribune ont salué la pertinence du thème de cette 27ème Journée nationale de la Femme Nigérienne. Pour le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, SE Brigi Rafini, cette commémoration se veut un cadre de réflexion et d’attention particulière sur les difficultés que traverse la gent féminine. SE. Brigi Rafini a rappelé que cette journée a été instituée à l’issue de nombreuses luttes menées par des femmes pour défendre leurs droits notamment le droit sur tous les plans: politiques, économique et social et de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Il a rassuré les femmes que le Gouvernement s’engage à revaloriser la femme. En somme a-t-il dit, « c’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, culturelles, économiques ou politiques ». Le Premier ministre s’est ensuite attardé sur la scolarisation de la jeune fille, qui est une des visions phares qui figure en bonne place dans le PDES. D’après le Premier Ministre, en dépit des efforts consentis par l’Etat, l’exclusion sociale des femmes demeure une réalité dans notre pays. C’est pourquoi, il a invité la population surtout les femmes elles-mêmes, à l’occasion de cette journée, à être des acteurs de lutte contre cette pratique, et à tout ce qui s’y attache comme les mariages et grossesses précoces. L’objectif est de contribuer à l’amélioration des indicateurs de l’éducation notamment ceux relatifs à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle des femmes et des jeunes filles.

Même son de cloche pour la Coordinatrice du Système des Nations Unies, Mme Binta Djibo qui estime que le 13 mai est une occasion pour avoir des pistes de réflexion pour une émancipation et une autonomisation véritable de la femme, se traduisant par la promotion du genre dans tous les aspects de la sphère économique, politique et sociale. Cette reconnaissance du travail et des efforts de la femme ne doit pas perdre de vue la problématique de l’exclusion sociale des femmes. La Coordinatrice du Système des Nations Unies a précisé que cette journée intervient dans un contexte international marqué par des objectifs du Développement Durable. Et elle a réaffirmé l’engagement des Etats membres à ne laisser personne pour compte et a mis l’accent sur la promotion des droits humains, qui sont aussi des droits des femmes. «L’agenda 2030 se veut une approche systémique qui'intègre des nouvelles préoccupations tels que les changements climatiques, la paix et la justice entre autres ; des objectifs qui sont extrêmement liés les uns des autres ».

La question de l’égalité des sexes, l’autonomisation économique de la femme, la scolarisation de la jeune fille est une priorité des priorités au Niger, a souligné Mme Binta Djibo. A cet effet, elle a loué le travail abattu par le Gouvernement qui s’est résolument engagé à rehausser le statut de la femme nigérienne par l’adoption des lois, des politiques et des stratégies.

Pour sa part la ministre de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant, Mme Elback Zeinabou Tari Bako a commencé par rendre un hommage au Président de la République et au Premier Ministre pour leur engagement à garantir l'épanouissement de la femme nigérienne. Pour la Ministre Zeinabou Tari Bako, le choix du thème de cette année, « Autonomisation des femmes et des filles en milieu rural » se justifie par la situation socio-économique de la femme qui montre en général l'existence d'un déséquilibre entre les hommes et les femmes dans le partage des ressources, mais également dans la participation effective à la gestion publique. Et pourtant, a-t-elle dit, nul ne peut nier le rôle incontournable et la contribution des femmes particulièrement celles du milieu rural dans l'économie de notre pays. De plus, les femmes rurales sont en première ligne pour assurer des fonctions vitales comme l'éducation des enfants, la prise en charge sociale des couches vulnérables issues des membres de leur famille.

« Malgré tous les efforts du Gouvernement et de ses partenaires, la participation des femmes aux activités économiques reste encore faible, car elles sont exposées au phénomène de la pauvreté et aux pesanteurs socioculturelles défavorables. Ceci se traduit par leur accès limité notamment aux facteurs de production (terre, crédits, intrants) ; aux équipements et à la formation technique » a déploré la ministre avant d’énumérer les mesures ambitieuses prises par les pouvoirs publics ces dernières années en vue d’améliorer les conditions de vie des femmes rurales. Il s’agit notamment de la révision et l'adoption de la Politique Nationale de Genre pour prendre en compte les thèmes émergents tels que la paix, le changement climatique   et le dividende démographique ; l'adoption du Décret portant protection, soutien et accompagnement de la jeune fille en cours de scolarité ; l'Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens » ; la Stratégie Nationale d'Autonomisation Economique des Femmes et la Stratégie Nationale de lutte contre les Violences Basées sur le Genre.

Parlant des femmes vivant en milieu rural, la ministre de la promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant a souligné que lorsque les femmes rurales accèdent aux ressources productives, elles renforcent non seulement leur autonomisation mais contribuent également à la lutte contre la pauvreté au Niger. C'est pourquoi, elle a saisi cette occasion pour lancer un appel à toutes et à tous sur la nécessité d'appuyer davantage les femmes et les filles en particulier celles vivant en milieu rural à travers la formation et l'éducation en vue d'un développement harmonieux et durable.

Des actions de plaidoyer en faveur de la femme auprès des pouvoirs publics. C’est ainsi que la Présidente de la CONGAFEN a lu un mémorandum qu’elle a ensuite remis au Premier Ministre. Une occasion pour la Présidente de la CONGAFEN, Mme Kako Fatouma de faire la genèse de la lutte des femmes et les réalisations en cours. Elle a aussi dressé un tableau peu reluisant du respect du quota et, a surtout, demandé aux leaders politiques de préparer l’avenir au potentiel encore inexploité et les opportunités qui attendent les générations futures de femmes.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

14 mai 2018
Source : http://lesahel.org/

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