Corruption : Un fléau qui gangrène tous les compartiments de l’Etat

Corruption : Un fléau qui gangrène tous les compartiments de l’EtatCombattre la corruption dans ce contexte semble utopique, au regard des manifestations multiformes expresses et sournoises de ce fléau dans tous les secteurs de la vie. Car, dans le Niger de Mahamadou Issoufou, aucun secteur n’est épargné par la corruption.

Et, c’est dans cette ambiance, que les autorités nigériennes disent s’adonner à combattre la corruption. A ne s’en tenir qu’à cette profession de foi de politiciens, le combat s’avère noble, le défi certes de taille mais, la victoire à portée de mains au prix de quelques efforts. Seulement, la réalité est toute autre sur le terrain. La corruption a envahi tous les services publics et privés, et même, paradoxalement, tous les maillons de la chaine de répression. Pourtant, ce n’est pas l’arsenal juridique qui manque pour dissuader corrupteurs et corrompus. Du serment confessionnel constitutionnel aux différentes lois et règlements relatifs à la transparence dans la gestion des affaires publiques, en passant par le code pénal, il n’y a théoriquement aucun espoir de résistance pour cette corruption. Le code pénal à lui seul, prévoit et punit tant, la concussion, le trafic d’influence, le détournement des deniers publics, l’enrichissement illicite que le favoritisme. Autant dire que, les législateurs ont été assez vigilants pour prévoir et condamner tant, la corruption mais aussi et surtout, toutes les infractions assimilées. A ce corpus juridique interne, se greffent ; la convention sur la criminalité transnationale organisée adoptée par le Niger le 15 novembre 2000 et entrée en vigueur le 29 septembre 2003 ; la convention sur la lute contre la corruption adoptée le 31 octobre 2003 entrée en vigueur le 14 décembre 2005, et le protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption.

Et, à cette législation sur la corruption, s’ajoutent quelques travaux de recherches. Le document de synthèse de l’évaluation du Système National d’Intégrité (SNI Janvier 2011) a dénombré comme recherches sur la corruption, quelques sept mémoires d’étudiants de maitrise en droit; une communication de Abdou Hassane et Wasalké Boukary en 1999; une étude réalisée par Dan Dah Mahamane Laouli en 2000 pour le compte de la coopération canadienne; trois recherches effectuées par Tidjani Mahamane Alou en 2002; Ismael Yenikoye en 2007 et; l’Association Nigérienne de lutte contre la Corruption pour le compte de l’ambassade des Etat Unis au Niger en 2008.

Et, de toutes ces études, il ressort que selon la majorité des populations enquêtées, les principales causes de la corruption résident dans l’impunité instaurée à la faveur de la démocratie, la cupidité, la recherche du gain facile, et la pauvreté. L’éducation, les services des douanes, de la police et de la justice sont montrés du doigt comme les secteurs les plus corrompus. A ces secteurs s’ajoutent l’administration publique, les services de la santé, des finances, de la gendarmerie, des eaux et forets, bref, il n’y a pas à l’heure actuelle, un service ou une institution, religieuse soitelle, où ils ne se manifestent quelques formes de corruption. Les conséquences sont évidemment connues d’avance et de tous : une baisse de productivité et de rendement, un retard du développement du pays, une rupture d’égalité et une mauvaise image du pays, décourageant du coup les investisseurs. Pour autant, au regard de tout ce qui précède, le combat semble mal engagé pour plusieurs raisons. En effet, la lutte contre la corruption s’annonce sans merci dans un contexte de démocratie pluraliste dont le propre est la restriction du cadre politique. Une restriction de cadre, du fait que c’est une coalition de partis politiques qui gouverne le pays. Ce qui du coup amène le pouvoir, de couvrir certaines forfaitures ou aménager certains délinquants pour maintenir l’alliance en l’état.
A cela s’ajoute, le fait que l’impunité instaurée à la faveur de la démocratie a substitué au civisme et à l’intégrité, d’autres tares comme le détournement de deniers publics impunis, le trafic d’influence, le passe droit devenus aujourd’hui un model de gestion . Dans l’administration publique, aujourd’hui rare sont ceux qui ne se reprochent rien. Et, c’est dans ce lot de personnalités qui, le plus souvent, ont rejoint la fonction publique par des biais sombres, que sont pris les moralisateurs de la société.
La logique aurait commandé que des sages en fassent la moralisation, et non ceux qui baignent dans l’impunité.
Malheureusement, ces sages sont rarissimes avec la renaissance au pouvoir.

OM  
13 juin 2018
Source : Le Courrier

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