Affaire dite des « lesbiennes » de Maradi : Le procureur de la république remet les pendules à l’heure

Hima Illiassou MaradiDepuis plusieurs jours déjà, Maradi est au centre de l’actualité sur les réseaux sociaux non pas pour le dynamisme de son économie, pour la richesse de ses traditions ou de son cheptel symbolisé par la très réputée chèvre rousse, encore moins pour le balai de hautes personnalités qui y ont séjourné il y a peu de temps. Non, rien de tout de cela. Si le nom de Maradi nourrit les débats et fait enfler les polémiques aujourd’hui, c’est essentiellement à cause de cette affaire dite de recherche de paternité. Des versions plus incroyables les unes que les autres circulent sur la toile, photos à l’appui, autour de cette affaire qui choque les consciences et suscite une vague d’émotion et d’indignation.

Pour couper court à toutes ces rumeurs totalement infondées, le Procureur de la République, Près le Tribunal de Grande Instance de Maradi, M.Hima Illiassou, a animé le jeudi 12 juillet 2018 un point de presse dans lequel il a apporté toute la lumière sur cette affaire.

D’entrée de jeu, le Procureur de la République a rappelé certaines des versions les plus développées par les internautes. Ainsi, beaucoup résument l’affaire en disant qu’il s’agit de femmes en union libre, dont l’une revendique la paternité de l’enfant de l’autre. Au cas où on ne lui donnerait pas l’enfant, elle aurait demandé à être remboursée à hauteur des dépenses engagées pendant la grossesse de la première femme, soit un million deux cent mille francs CFA. D’aucuns disent que l’affaire est au centre d’un procès à rebondissements au tribunal de grande instance de Maradi. D’autres affirment enfin que l’affaire a été jugée et que les deux femmes ont écopé une peine de 5 ans d’emprisonnement.
Pour le procureur, il n’en est rien, car la vérité dans cette histoire est toute autre.


En effet, la première femme mise en cause dans cette affaire a été déférée sur plainte de sa propre grande sœur à qui elle soutirait frauduleusement de l’argent. Quant à la seconde, elle est accusée de recèles, car elle recevait l’argent volé des mains de la première femme. Cette manœuvre a duré environ trois ans au cours desquels la seconde femme recevait de l’argent de la première qui lui empêchait d’avoir d’autre fréquentation. Les deux étaient liées d’amitié depuis trois ans maintenant, période au cours de laquelle, environ trois millions de nos francs se sont évadés au profit de la seconde femme qui était couverte de cadeaux.
« En réalité, les deux femmes ont été déférées par la police pour une affaire de vol et de recel. L’une est mise en cause pour vol portant sur trois millions de francs et l’autre pour recel. Et ce sont ces femmes- là qui sont amies et que les gens ont considéré comme des lesbiennes », a précisé le procureur Hima Illiassou.
Le vol que l’une des présumées lesbiennes commettait, c’est au préjudice de sa grande sœur, et ce vol était échelonné sur une période de 3 ans pendant lesquels l’argent volé servait à entretenir son amie qu’elle couvrait de cadeaux divers.

Par conséquent, les nombreuses publications sur les réseaux à propos d’une recherche de paternité d’enfant sont totalement mensongères. Les deux femmes ont été du reste interrogées sur cette supposée recherche de paternité distillée sur la toile. Toutes ont nié en bloc ces allégations. Nulle part dans la procédure, il n’a été fait mention d’une telle recherche de paternité. Les deux femmes ont été en fait inculpées pour vol et recel et placées sous mandat dépôt depuis plus de deux semaines maintenant. Dans leur dossier, ce problème n’est même posé. D’ailleurs la question de la recherche de paternité a été soulevée pour la première fois par certaines personnes venues au tribunal le jour de leur audition. Et ces femmes n’ont pas non plus un autre dossier en recherche de paternité, a affirmé le procureur Hima Illiasssou.

Enfin, « le tribunal de Maradi n’a jamais été saisi d’une action en recherche de paternité d’une femme contre une autre. Et j’ajoute que ces femmes-là sont toutes mariées actuellement. Chacune a un mari ; et elles étaient en relation d’amitié, selon elles, depuis près de 4 ans », a conclu le procureur Hima Illiassou.
Garba Boureyma (Maradi)

17 juillet 2018
Source : La Nation

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