Insécurité urbaine à Niamey : La ceinture verte, en passe de devenir un refuge pour les malfrats

images/Ceinture-Verte-Niamey-Agonie.jpgLe constat est amer. La ceinture verte de Niamey devient de plus en plus infréquentable pour les citoyens de la capitale. Pour être plus exact, il faut dire que depuis quelque temps, cette immense étendue verte de Niamey est redevenue dangereuse. Du moins dans sa partie frontalière avec les quartiers Bassora, et Niamey 2000. En effet, des attaques à main armée contre de paisibles citoyens sont régulièrement enregistrées dans cet espace vert transformé par les malfrats en un véritable refuge de voyous de tout acabit.

Vendredi dernier, un jeune habitant du quartier Niamey 2000, qui se déplaçait tranquillement sur sa moto, a été violemment pris à partie par une bande d’agresseurs armés. Après l’avoir mortellement blessé à la machette, ils se sont évanouis dans la nature avec sa moto qu’ils ont lâchement emportée comme un butin de guerre. Le meurtre de ce jeune homme vient rappeler celui d’un jeune enseignant tué sur les mêmes lieux et dans les mêmes circonstances alors qu’il était à quelques heures seulement de convoler en justes noces. Un crime odieux qui a plongé la ville de Niamey dans un profond émoi. Et là aussi le seul mobile apparent était la moto sur laquelle il roulait.

Usant du même modus operandi, les assassins ont emporté la moto du jeune homme après l’avoir froidement défenestré. Le décompte macabre en ces lieux est loin d’être exhaustif. Car selon plusieurs témoignages des riverains de la ceinture verte, des citoyens à moto ou même en voiture font souvent l’objet d’agression des bandits. Cette cascade d’agressions armées est surtout perceptible pendant la saison des pluies. On se rappelle qu’il ya quelques années de cela, au temps fort de l’insécurité dans la zone, il a été intimé l’ordre aux propriétaires terriens de s’abstenir de semer du mil dans la ceinture verte pour éviter qu’elle ne devienne un repère de malfaiteurs.

Cette consigne a été suivie en partie, et une accalmie s’y est installée. Mais cette année, on observe une reprise totale des attaques à main armée et des crimes qui en découlent, dans la ceinture verte. Le nombre de personnes tuées ces trois derniers mois en ces lieux, illustre à suffisance la gravité de la situation : il règne un climat de grande insécurité dans la ceinture verte. Une insécurité qui endeuillent des familles et qui crée un sentiment de peur au sein de la population de ces quartiers environnants. Cela rappelle d’ailleurs la sombre période du quartier Golf de Niamey. Blotti dans la ceinture verte, le quartier Golf s’est révélé être un véritable gite pour voyous opérant dans la capitale. En effet, il ne se passait pas de jour où on n’enregistre pas des forfaits allant de la simple agression physique, au vol de moto, ou de véhicule, ou au crime crapuleux.

Une situation qui a emmené les autorités municipales de l’époque à procéder au démantèlement de ce quartier et à la destruction de ces « maisons » de fortune, obligeant du coup les voleurs, les malfrats et autres criminels, à vider les lieux. A cela s’y sont ajoutées les descentes fréquentes de la Police Nationale et même des éléments du «camp Bassora » de la Garde Nationale, qui ont contribué à rétablir la sécurité au sein de la ceinture verte. Mais les attaques enregistrées ce dernier temps, ainsi que le nombre de personnes tuées, relancent le débat sur la montée de l’insécurité dans la ceinture verte. La Police Nationale, responsable de la sécurité des citoyens dans la capitale est interpellée au premier chef. Elle se doit de multiplier les initiatives dans ces zones dangereuses. Mais pour que la Police Nationale puisse jouer efficacement son rôle, il faut que tous les citoyens lui prêtent main forte en coopérant avec ses services pour débusquer les malfrats et les assassins terrés dans les quartiers. Le retour de la quiétude est à ce prix.

Oumarou Moussa(onep)


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Le phénomène de la criminalité prend de plus en plus de l’ampleur à Niamey. Ces derniers temps, les actes criminels sont monnaie courantes dans notre capitale. En effet, nombreux sont les paisibles citoyens qui ont été dépossédés de leurs biens ; certains blessés et évacués d’urgence aux services sanitaires, tandis que d’autres perdent carrément leur vie. Les actes criminels qui se succèdent se passent malheureusement dans la ceinture verte de Niamey, devenue le coin le moins sécurisé de la ville. Face à la gravité de ces actes, les populations expriment leur raz-bol en appelant l’Etat à une intensification des patrouilles de jour comme de nuit dans cette zone de prédilection pour les criminels.

Certains citoyens ont été rackettés, d’autres blessés ou assassinés, plongeant des familles dans le deuil. Malgré les arrestations et la mise hors d’état de nuire de plusieurs réseaux de malfrats et groupes des gangs (voleurs et criminels) par la Police en étroite collaboration avec les autres forces et la population, le phénomène est loin d’être éradiqué. « Pourquoi les Forces de défense et de sécurité n’arrivent pas au bout de ce phénomène ? » se demandent tous les citoyens interrogés sur la criminalité à Niamey. Une source policière rétorque en ces termes « la Police fait un travail formidable. Tous les efforts et les résultats obtenus par la police témoignent de sa ferme détermination et sa volonté à sécuriser les personnes et leurs biens conformément à la mission qui est la sienne ». Pour cette même source, le problème de l’insécurité autour de la ceinture s’explique par les squatters et autres formes habitations qui s’y trouvent.

« Il faut chasser tous ces gens. Il est inconcevable de croiser les bras et laisser continuer ces genres de pratiques dans une capitale. Nous avons à plusieurs reprises pourchassé lors de nos patrouilles des gens qui finissent par trouver refuge dans ces habitations inappropriées. Avec la complicité de leurs parents qui ne les dénoncent pas, il est difficile de mettre la main sur ces individus sans foi ni loi. Ils sont là comme des mendiants, mais en réalité ils ne le sont pas. Les autorités doivent donner l’ordre de déguerpir ces gens sinon le problème va continuer», a averti un policier qui a préféré garder l’anonymat. Le même agent de police ajoute que suite à l’assassinat d’un jeune homme, une opération coup de poing a été menée. A l’issue de cette opération, plus de 600 personnes ont été interpelées.


Pour leur part, les chefs de quartiers de Tallagué et de Bassora, les deux quartiers les plus touchés par ce phénomène, ont exprimé indignation.  Pour  Hassane Soumana, chef de quartier de Tallagué, la situation qui prévaut ces derniers temps est extrêmement préoccupante. « Nous ne pouvons continuer à accepter cela. C’est pourquoi nous préconisons à l’Etat de prendre des mesures nécessaires pour sécuriser la ceinture verte en construisant un mur de clôture. Sinon, nous irons même plus loin en demandant de faire disparaitre la ceinture verte devenue le lieu des crimes abominables. Si on ne peut pas assurer la sécurité des populations environnantes dans cette zone ; il vaut mieux la lotir et permettre à ceux qui veulent construire d’occuper cet espace », a proposé le Chef de quartier de Tallagué. Toutefois, M. Hassane Soumana devait saluer les efforts des Forces de défense et de sécurité avec qui il collabore dans la gestion de la sécurité de cette zone.

Il a par ailleurs souligné que plusieurs initiatives ont été entreprises en vue d’appuyer les FDS dans leur mission. « La population apporte sa contribution en dénonçant tous cas suspects aux FDS tout en leur demandant de renforcer la vigilance » ajoute ce chef de quartier. Selon une victime de ces agressions dans la ceinture verte, il faut éviter cette zone. « C’est un endroit où  tout le monde sait qu’il y a de l’insécurité. Donc la population doit être vigilante. Il y a plus de 4 ans, j’ai été victime d’attaque dans cette zone. Mais depuis cette date, j’ai cessé de traverser la ceinture verte. Pour moi c’est la population elle-même qui s’expose au danger au lieu de l’éviter », a témoigné la victime, un habitant de Tallagué.

D’après M. Hima Hamani, chef de quartier de Bassora, les criminels changent d’endroit aussitôt qu’ils accomplissent leur acte abominable. Il ajoute que les individus qui commettent ces actes sont généralement dissimilés dans plusieurs quartiers de Niamey, notamment, Tallagué, Aéroport, Koira Tégui, Lazaret, Bassora et Gamkallé. Ils appartiennent en général à un même réseau. M. Hima Hamani dit avoir saisi à plusieurs reprises le commissariat de Saga Gorou et de Sari Koubou pour leur indiquer les endroits où se cachent ces individus et là où ils achètent à manger. « Nous avons dit et répété que ces gens sont dans les cases et les squattes de la ceinture verte. Il suffit tous simplement de les surprendre pendant les heures de repos » préconise-t-il.

Ali Maman(onep)

 28 août 2018
Source : http://lesahel.org/

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